<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Amérique du Sud archivos - Defending Peasants&#039; Rights</title>
	<atom:link href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/region/amerique-du-sud/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/region/amerique-du-sud/</link>
	<description>Platform of rural struggles in action!</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Mar 2026 22:01:14 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2022/12/cropped-dpr-logo-32x32.png</url>
	<title>Amérique du Sud archivos - Defending Peasants&#039; Rights</title>
	<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/region/amerique-du-sud/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>De la Colombie au monde : un podcast rendant la recherche sur les droits des paysan.ne.s accessible</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/de-la-colombie-au-monde-un-podcast-rendant-la-recherche-sur-les-droits-des-paysan-ne-s-accessible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 22:01:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Documents]]></category>
		<category><![CDATA[Formation]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=25208</guid>

					<description><![CDATA[<p>Illustration : Juan David Botero Une nouvelle initiative de communication a été lancée récemment en Colombie dans le but de rapprocher le savoir académique du grand public. Il s’agit d’une série de podcasts portée par l’Institut d’Études Interculturelles et la spécialisation en Juridiction Agraire de l’Université Javeriana de Cali, en partenariat avec l’Observatoire des Terres...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/de-la-colombie-au-monde-un-podcast-rendant-la-recherche-sur-les-droits-des-paysan-ne-s-accessible/">De la Colombie au monde : un podcast rendant la recherche sur les droits des paysan.ne.s accessible</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-size:10px">Illustration : Juan David Botero</p>



<p>Une nouvelle initiative de communication a été lancée récemment en Colombie dans le but de rapprocher le savoir académique du grand public. Il s’agit d’une série de podcasts portée par <a href="https://www.javerianacali.edu.co/intercultural" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Institut d’Études Interculturelles</a> et la spécialisation en Juridiction Agraire de l’Université Javeriana de Cali, en partenariat avec <a href="https://www.observatoriodetierras.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Observatoire des Terres Rurales</a>. Cette initiative vise à transformer des recherches récentes en contenus accessibles et attrayants, élargissant ainsi la portée des débats clés sur les droits des populations rurales.</p>



<p>En ligne depuis environ un mois, le projet mise sur un langage clair et des formats multimédias pour dialoguer avec les organisations paysannes, les personnes travaillant en milieu rural, les peuples autochtones, les éleveur·e·s et les pêcheur·e·s. L’initiative publie environ deux contenus par mois, combinant audio et texte, ce qui facilite l’accès à l’information spécialisée pour des publics variés.</p>



<p>Les thématiques abordées prennent leur source dans le contexte colombien, mais dépassent les frontières nationales. Les épisodes comprennent des réflexions pertinentes pour l’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que des analyses à portée mondiale, telles que la concentration des terres et ses implications sociales, économiques et politiques. Ainsi, le podcast se consolide comme un espace de diffusion de connaissances critiques sur les problématiques agraires contemporaines.</p>



<p>Les lecteurs et personnes intéressées de différentes régions sont invités à découvrir et suivre cette initiative. Les épisodes, disponibles en espagnol et en anglais, peuvent être écoutés sur <a href="https://soundcloud.com/carlos-duarte-44" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://soundcloud.com/carlos-duarte-44</a> et <a href="https://www.observatoriodetierras.org/podcast/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.observatoriodetierras.org/podcast/</a>, tandis que les publications écrites sont disponibles sur <a href="https://www.observatoriodetierras.org/publicaciones/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.observatoriodetierras.org/publicaciones/</a>. Il s’agit d’une opportunité précieuse pour accéder à des débats actuels dans des formats plus inclusifs et compréhensibles.</p>



<p>Nous soulignons particulièrement le dernier épisode publié, qui analyse l’état actuel des discussions sur la gouvernance, l’accès et les inégalités d’accès à la terre à l’échelle mondiale, ventilé par régions analytiques. Disponible en <a href="https://soundcloud.com/carlos-duarte-44/quie" target="_blank" rel="noreferrer noopener">espagnol</a> et en <a href="https://soundcloud.com/carlos-duarte-44/who_really_owns_the_world_s_fa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">anglais</a>.</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/de-la-colombie-au-monde-un-podcast-rendant-la-recherche-sur-les-droits-des-paysan-ne-s-accessible/">De la Colombie au monde : un podcast rendant la recherche sur les droits des paysan.ne.s accessible</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Observatoire des droits paysans : un outil essentiel pour la mise en œuvre de l&#8217;UNDROP en Amérique Latine</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/lobservatoire-des-droits-paysans-un-outil-essentiel-pour-la-mise-en-oeuvre-de-lundrop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 13:34:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[Régional]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=24668</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Diego Monton, Mouvement national paysan indigène (MNCI)-Somos Tierra d&#8217;Argentine et CLOC–Vía Campesina Dans un contexte régional marqué par une crise multidimensionnelle – caractérisée par l&#8217;avancée de l&#8217;agro-industrie, la criminalisation des luttes populaires et l&#8217;affaiblissement des droits collectifs – les paysan.ne.s restent l&#8217;un des groupes les plus vulnérables et, en même temps, l&#8217;un des...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/lobservatoire-des-droits-paysans-un-outil-essentiel-pour-la-mise-en-oeuvre-de-lundrop/">L&rsquo;Observatoire des droits paysans : un outil essentiel pour la mise en œuvre de l&rsquo;UNDROP en Amérique Latine</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Entretien avec Diego Monton, Mouvement national paysan indigène (MNCI)-Somos Tierra d&rsquo;Argentine et CLOC–Vía Campesina</em></p>



<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background"><strong>Dans un contexte régional marqué par une crise multidimensionnelle – caractérisée par l&rsquo;avancée de l&rsquo;agro-industrie, la criminalisation des luttes populaires et l&rsquo;affaiblissement des droits collectifs – les paysan.ne.s restent l&rsquo;un des groupes les plus vulnérables et, en même temps, l&rsquo;un des plus stratégiques pour la souveraineté alimentaire, la défense des territoires et la justice sociale. Dans ce contexte, la mise en œuvre effective de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) devient une tâche urgente et profondément politique.</strong><br><br><strong>Afin de renforcer ce processus, la CLOC-Via Campesina a encouragé la création d&rsquo;un <a href="https://www.observatorioderechoscampesinos.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Observatoire des droits paysans</a>, une initiative conçue comme un outil de coordination, de suivi, de visibilité et de soutien aux luttes rurales en Amérique latine et dans les Caraïbes.</strong><br><br><strong>Dans cette interview, Diego Monton, dirigeant et référence du Mouvement national paysan indigène (MNCI)-Somos Tierra d&rsquo;Argentine et de la CLOC-Via Campesina, approfondit les objectifs, la portée et les défis de ce nouvel instrument collectif, ainsi que son potentiel pour soutenir les luttes paysannes, influencer les politiques publiques et renforcer l&rsquo;organisation populaire.</strong></p>



<p></p>



<p><strong>Quels sont les principaux objectifs de ce nouvel Observatoire ? Et comment espérez-vous qu&rsquo;il puisse renforcer les luttes populaires dans les zones rurales et influencer les politiques publiques en matière de droits paysans en Amérique latine et dans les Caraïbes ?</strong></p>



<p>L’Observatoire est une initiative qui vise à être avant tout un instrument de la CLOC et de La Via Campesina en Amérique latine, mais aussi d’autres organisations alliées. En outre, nous souhaitons qu’il constitue également un apport pour le Groupe de travail d’experts de l’ONU sur l’UNDROP, dans la mesure où il met à disposition des informations pertinentes sur l’évolution de la situation dans chacun des pays.</p>



<p>L’objectif central est donc, d’une part, de rendre visibles les situations de violation des droits des paysan.ne.s dans les pays et dans la région, mais aussi de mettre en évidence les expériences positives, à deux niveaux. D’une part, celles liées aux législations et aux politiques publiques fondées sur l’UNDROP, qui transforment progressivement les droits énoncés en actions concrètes des États. D’autre part, en rendant visibles les initiatives propres des organisations rurales, en tant qu’actions concrètes permettant de garantir les droits de la paysannerie.</p>



<p>L’Observatoire entend également offrir un outil de consultation pour les organisations : un espace dans lequel seront mis à disposition, du point de vue même de la Déclaration, divers études et rapports. Nous souhaitons produire de l’information et fournir des analyses et des connaissances rapidement accessibles, servant de base à l’élaboration de politiques publiques et de législations. À travers la construction de liens entre les organisations, le collectif des droits paysans de la CLOC et le Groupe d’experts de l’ONU lui-même, l’Observatoire contribuera à assurer un suivi systématisé du processus de promotion et de mise en œuvre de l’UNDROP.</p>



<p><strong>Dans un contexte de crise systémique multidimensionnelle, marqué par une offensive frontale des élites dominantes qui profitent de la montée du néofascisme, la situation dans les zones rurales est de plus en plus conflictuelle : comment l&rsquo;Observatoire contribuera-t-il à rendre visibles et à défendre les droits des paysan.ne.s face aux pratiques prédatrices de l&rsquo;agro-industrie (accaparement des terres, OGM ou criminalisation des protestations) ?</strong></p>



<p>L&rsquo;Observatoire doit pouvoir dialoguer avec les luttes paysannes et contribuer à les renforcer. En effet, dans ces contextes de crise, la stratégie de certains États ou du capital financier de l&rsquo;agro-industrie lui-même consiste à stigmatiser la vie et le travail paysans.</p>



<p>L&rsquo;UNDROP permet de légitimer le rôle des paysan.ne.s, non seulement en consacrant leurs droits, mais aussi en reconnaissant le rôle qu&rsquo;ils jouent en faveur de la souveraineté alimentaire, contre le changement climatique et le phénomène de la migration.</p>



<p>Plus de droits pour les paysan.ne.s signifie également plus de droits pour les travailleurs et travailleuses de tous les pays, et nous nous proposons d&rsquo;y contribuer par la communication et l&rsquo;accès à l&rsquo;information, afin de renforcer les espaces de négociation des organisations. Nous sommes convaincus que le principal instrument dont disposent les paysan.ne.s en Amérique latine est la mobilisation, la lutte et l&rsquo;organisation active. L&rsquo;Observatoire vise précisément à accompagner ces processus, mais aussi à accompagner les institutions publiques qui ont de bonnes intentions et qui pourront trouver, outre des informations spécifiques, des expériences concrètes sur lesquelles créer ou développer de nouvelles initiatives.</p>



<p>De plus, nous allons avoir des cercles universitaires qui contribueront à l&rsquo;Observatoire et s&rsquo;en inspireront. Et comme je l&rsquo;ai déjà dit, le groupe de travail d&rsquo;experts de l&rsquo;ONU sur l&rsquo;UNDROP s&rsquo;est engagé à fournir des rapports et des articles à l&rsquo;Observatoire, et à utiliser ses rapports pour alimenter le plaidoyer au niveau international.</p>



<p><strong>Quelle est la structure et quels sont les outils et méthodologies utilisés par l&rsquo;Observatoire pour assurer le suivi et la documentation ? Et aussi, quels types de données ou d&rsquo;indicateurs considérerez-vous comme essentiels pour votre évaluation ?</strong></p>



<p>Dans cette première étape, la structure est très simple, avec une équipe réduite en ce qui concerne la coordination de l’Observatoire et quelques personnes chargées de la systématisation. Le travail se fait en articulation avec la CLOC, à partir de différentes expériences de recherche participative, en lien avec l’Alliance pour la biodiversité, des organisations de défense des droits humains de la région et d’autres réseaux.</p>



<p>L’enjeu est d’en faire un travail coopératif en réseau, permettant d’additionner les efforts et de rendre visibles de nombreuses initiatives qui sont menées et publiées dans divers espaces.</p>



<p>Il existe des agences et des médias d’information sur la situation du monde rural dans différents pays, qui réalisent déjà leur travail, et nous cherchons à pouvoir systématiser et centraliser, de manière complémentaire, l’ensemble de ce travail mené en parallèle.</p>



<p>Nous travaillons également au renforcement de la dimension financière de l’Observatoire, afin de pouvoir constituer un groupe de recherche propre, capable d’identifier les principales expériences dont nous nous nourrissons, d’approfondir le niveau de recherche et de disposer ensuite d’un solide manuel de politiques publiques associées à l’UNDROP. Cela doit permettre que, chaque fois que des avancées institutionnelles se produisent, des idées et des protocoles d’action puissent être rapidement mobilisés pour faire progresser la mise en œuvre institutionnelle de l’UNDROP, ainsi que pour le travail parlementaire dans tous les pays qui doivent encore approfondir et adapter leur législation en ce sens.</p>



<p><strong>Comment les organisations rurales et leurs alliés, tels que le site web <em>Défendre les droits des paysan.ne.s</em>, peuvent-ils collaborer avec ce nouvel observatoire ?</strong></p>



<p>Il existe une adresse électronique, <em><strong>observatorioderechoscampesinos@gmail.com</strong></em>, à laquelle il est possible de contacter la coordination de l&rsquo;observatoire et d&rsquo;envoyer des rapports, des articles et des propositions.</p>



<p>En outre, en Amérique latine, au sein du collectif des droits paysans, un réseau s&rsquo;est constitué afin que les attachés des différents pays travaillent à la mise en ligne de l&rsquo;Observatoire. La structure même de la CLOC est donc également un mécanisme.</p>



<p>Nous espérons également pouvoir établir une collaboration fructueuse avec le site web <em>Defendiendo los Derechos Campesinos, </em>afin de nous renforcer mutuellement et d&rsquo;avancer vers la réalisation des droits fondamentaux des populations rurales.</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/lobservatoire-des-droits-paysans-un-outil-essentiel-pour-la-mise-en-oeuvre-de-lundrop/">L&rsquo;Observatoire des droits paysans : un outil essentiel pour la mise en œuvre de l&rsquo;UNDROP en Amérique Latine</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Femmes rurales en tant que titulaires de droits : l’UNDROP du point de vue de celles qui préservent la vie</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/femmes-rurales-en-tant-que-titulaires-de-droits-lundrop-du-point-de-vue-de-celles-qui-preservent-la-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Red de Mujeres Rurales del Ecuador]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 13:44:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Briefings / Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[National]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=24600</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette publication, produite à l’origine par le Réseau des Femmes Rurales de l’Équateur et FIAN Équateur, est republiée par Défendre les Droits des Paysan.ne.s. Le Réseau des Femmes Rurales de l’Équateur s’est donné pour objectif d’analyser les réalités affectant la vie dans leurs territoires à la lumière de la Déclaration des Nations Unies sur les...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/femmes-rurales-en-tant-que-titulaires-de-droits-lundrop-du-point-de-vue-de-celles-qui-preservent-la-vie/">Femmes rurales en tant que titulaires de droits : l’UNDROP du point de vue de celles qui préservent la vie</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background">Cette publication, produite à l’origine par le <a href="https://fianecuador.org.ec/mujeres_rurales_sujetas_derechos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Réseau des Femmes Rurales de l’Équateur et FIAN Équateur</a>, est republiée par <em>Défendre les Droits des Paysan.ne.s</em>.</p>



<p>Le Réseau des Femmes Rurales de l’Équateur s’est donné pour objectif d’analyser les réalités affectant la vie dans leurs territoires à la lumière de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysannes, des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Cette déclaration constitue un outil substantiel pour les femmes rurales, puisqu’elle garantit des droits fondamentaux permettant de créer des conditions adéquates pour mener une vie digne dans les territoires où elles prennent soin et font perdurer la vie. Disposer de cet instrument est particulièrement indispensable dans le contexte actuel difficile que traverse le pays.</p>



<p>Les travaux rémunérés et non rémunérés réalisés par les femmes rurales créent les conditions nécessaires pour que la vie humaine, la nature et la capacité organisationnelle continuent de se reproduire. Par conséquent, lorsque ces femmes exercent pleinement les droits reconnus dans l’UNDROP et dans la Constitution de la République de l’Équateur (CRE), et disposent des conditions de dignité requises, cette dignité se propage également aux espaces dans lesquels elles interviennent au quotidien. Les femmes rurales sont des pionnières ; par leur travail « labourant la terre », elles rendent possible, de multiples manières, le maintien et l’épanouissement de la vie dans leurs environnements, même au milieu d’adversités structurelles et conjoncturelles. Pour cette raison, il est impératif qu’elles soient reconnues comme des sujets de protection spéciale : les femmes rurales doivent être pleinement reconnues comme titulaires de droits.</p>



<p>Ce rapport a été élaboré par le Réseau des Femmes Rurales de l’Équateur à travers un processus collectif et participatif, dans le but de rendre visibles et de dénoncer les violations qu’elles subissent. Il s’agit d’un exercice visant à nommer, dénoncer et amplifier des violences souvent réduites au silence, ainsi qu’à créer des espaces de renforcement, de réflexion et d’unité organisationnelle. À partir de leurs voix, connaissances et expériences, les femmes rurales ont priorisé l’analyse de quatre droits consacrés dans l’UNDROP, qui sont gravement affectés et compromettent leur capacité de subsistance : 1) la terre et le territoire ; 2) l’alimentation et la nutrition adéquates ; 3) la non-discrimination ; et 4) l’environnement et l’eau.</p>



<p>Le document est structuré en quatre sections : premièrement, une brève analyse du contexte ; deuxièmement, un argumentaire sur le caractère contraignant de l’UNDROP dans le cadre de la CRE ; troisièmement, l’examen des quatre droits priorisés, comprenant une contextualisation de leur situation et une analyse du cadre juridique applicable dans l’UNDROP et dans la CRE ; et enfin, un ensemble de recommandations adressées à l’État équatorien.</p>



<p>À l’élaboration de ce rapport ont participé des organisations du Réseau des Femmes Rurales de l’Équateur, avec le soutien de FIAN Équateur pour la facilitation et la systématisation du processus.</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p></p>



<p>Rapport complet (en espagnol uniquement) :</p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/02/undrop-mujeres30112025-1.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué undrop-mujeres30112025."></object><a id="wp-block-file--media-8c54f46c-98af-47f5-9be8-cf28ef835618" href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/02/undrop-mujeres30112025-1.pdf">undrop-mujeres30112025</a><a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/02/undrop-mujeres30112025-1.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-8c54f46c-98af-47f5-9be8-cf28ef835618">Download</a></div>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/femmes-rurales-en-tant-que-titulaires-de-droits-lundrop-du-point-de-vue-de-celles-qui-preservent-la-vie/">Femmes rurales en tant que titulaires de droits : l’UNDROP du point de vue de celles qui préservent la vie</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Brésil : le Conseil national des droits de l’homme adopte un cadre normatif majeur pour faire progresser la mise en œuvre de l’UNDROP</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/bresil-le-conseil-national-des-droits-de-lhomme-adopte-un-cadre-normatif-majeur-pour-faire-progresser-la-mise-en-oeuvre-de-lundrop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lara Estevão Lourenço, Letícia Souza]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 15:09:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit et politique]]></category>
		<category><![CDATA[Lois et politiques nationales]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[National]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=24368</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lara Estevão Lourenço: Conseillère nationale des droits de l&#8217;homme, avocate populaire de la Commission pastorale de la terre (CPT &#8211; Via Campesina Brasil)Letícia Souza: Conseillère nationale des droits de l&#8217;homme, avocate populaire du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST &#8211; Via Campesina Brasil) Le 5 juin 2025, le Conseil national des droits de l&#8217;homme...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/bresil-le-conseil-national-des-droits-de-lhomme-adopte-un-cadre-normatif-majeur-pour-faire-progresser-la-mise-en-oeuvre-de-lundrop/">Brésil : le Conseil national des droits de l’homme adopte un cadre normatif majeur pour faire progresser la mise en œuvre de l’UNDROP</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background"><em><strong>Lara Estevão Lourenço:</strong> Conseillère nationale des droits de l&rsquo;homme, avocate populaire de la Commission pastorale de la terre</em> <em>(CPT &#8211; Via Campesina Brasil)<br><strong>Letícia Souza:</strong> Conseillère nationale des droits de l&rsquo;homme, avocate populaire du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre</em> <em>(MST &#8211; Via Campesina Brasil)</em></p>



<p>Le 5 juin 2025, le Conseil national des droits de l&rsquo;homme (CNDH), à la demande des organisations paysannes brésiliennes de Via Campesina, a publié la <a href="https://bibliotecadigital.mdh.gov.br/jspui/bitstream/192/15261/1/sei-4948744-recomendacao-cndh-1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Recommandation n° 5/2025</a>, qui « recommande l&rsquo;adoption des mesures nécessaires pour que l&rsquo;État brésilien respecte, diffuse et applique la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans ». Ce document constitue un jalon normatif et politique extrêmement important pour la mise en œuvre des droits des paysan.ne.s au Brésil, dans la mesure où il reconnaît explicitement le caractère central de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, des paysannes et des personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) comme paramètre indispensable à l&rsquo;action de l&rsquo;État brésilien. Cette avancée normative constitue également une bonne pratique dans la promotion et la mise en œuvre de l&rsquo;UNDROP au niveau national, pouvant — et devant — inspirer les organisations paysannes et les autorités publiques d&rsquo;autres pays.</p>



<p>Pour comprendre la pertinence de cette recommandation, il est important de rappeler le contexte dans lequel la Déclaration a été approuvée en 2018, alors que le Brésil était gouverné par l&rsquo;extrême droite et que, en raison de sa politique étrangère et intérieure, il s&rsquo;était abstenu de voter en faveur du texte. Les conséquences de cette position ont entraîné l&rsquo;absence d&rsquo;inclusion de la Déclaration dans les politiques internes de l&rsquo;État brésilien, ce qui a rendu sa mise en œuvre difficile.</p>



<p>À cet égard, le CNDH, en tant qu&rsquo;institution autonome ayant l&rsquo;obligation légale d&rsquo;agir pour la promotion et la défense des droits humains au Brésil, et par l&rsquo;intermédiaire de sa commission permanente « des droits des peuples autochtones, des quilombolas, des peuples et communautés traditionnels, des populations touchées par les grands projets et des travailleurs et travailleuses ruraux impliqués dans des conflits fonciers », a recommandé une série de mesures à prendre par l&rsquo;État brésilien, dans ses trois instances de pouvoir, afin de combler cette lacune et de mettre en œuvre des politiques de protection des droits des communautés paysannes et des autres travailleurs ruraux, conformément à la Déclaration. Parmi ces mesures, il a été recommandé au ministère des Affaires étrangères du Brésil de manifester au Secrétaire général des Nations unies le soutien du Brésil à l&rsquo;UNDROP.</p>



<p>En publiant cette recommandation, la CNDH s&rsquo;est appuyée sur le contexte politique des droits humains au Brésil et sur les plaintes constantes reçues qui révèlent un historique d&rsquo;invisibilisation et de vulnérabilité des populations rurales. Le fait est que la Commission susmentionnée reçoit près de la moitié des plaintes pour violations des droits humains dans l&rsquo;ensemble du Conseil, ce qui renforce l&rsquo;importance pour l&rsquo;État brésilien d&rsquo;adopter des mesures efficaces pour la promotion et la mise en œuvre de l&rsquo;UNDROP et des droits humains des populations rurales.</p>



<p>En affirmant la nécessité de respecter, de diffuser et d&rsquo;appliquer l&rsquo;UNDROP, le CNDH cherche à contribuer à combler le fossé entre les engagements internationaux pris par le Brésil dans le domaine des droits humains et leur mise en œuvre effective au niveau national. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un instrument qui réaffirme que les droits des paysan.ne.s ne se limitent pas à des politiques sectorielles ou d&rsquo;assistance, mais font partie intégrante des droits humains fondamentaux, englobant les droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux.</p>



<p>En outre, la recommandation <strong>explicite le lien structurel </strong>entre le déni des droits dans les zones rurales et la persistance de la violence dans ces zones, des conflits fonciers, du travail forcé et de la criminalisation des défenseurs des droits humains. En reconnaissant les condamnations répétées du Brésil par la Cour interaméricaine des droits de l&rsquo;homme dans des affaires impliquant des violences dans les zones rurales, le document renforce le devoir de l&rsquo;État de prévenir, de responsabiliser les auteurs et d&rsquo;indemniser intégralement les victimes et leurs familles, y compris lorsque les violations et les abus sont commis par des particuliers avec la complicité ou l&rsquo;omission des pouvoirs publics.</p>



<p>Un autre aspect central est la <strong>valorisation du rôle des paysans et des paysannes </strong>dans la garantie de la souveraineté et de la sécurité alimentaires, dans la préservation de la biodiversité et dans la lutte contre la crise climatique. La recommandation reconnaît que les pratiques agroécologiques et les connaissances traditionnelles des populations rurales sont fondamentales pour la construction de modèles de développement socialement et écologiquement durables, rompant avec la logique d&rsquo;exploitation intensive de la terre et des ressources naturelles qui a historiquement produit des inégalités et des violations des droits .</p>



<p>La recommandation du CNDH revêt également <strong>une importance institutionnelle </strong>en proposant des mesures concrètes pour la mise en œuvre de l&rsquo;UNDROP, telles que la création d&rsquo;un groupe de travail interinstitutionnel, la coordination entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et la participation active de la société civile organisée. Ces lignes directrices renforcent l&rsquo;idée que la mise en œuvre effective des droits des paysan.ne.s nécessite des politiques publiques, assorties de mécanismes de suivi, d&rsquo;évaluation et de participation sociale, et non des actions ponctuelles ou discontinues.</p>



<p>Enfin, en orientant les organes du système judiciaire, tels que le Conseil national de la justice, le ministère public et les défenseurs publics, la recommandation renforce l&rsquo;intégration de la perspective des droits humains des paysans et des paysannes dans les décisions judiciaires et administratives, contribuant ainsi à élargir l&rsquo;accès à la justice et à lutter contre l&rsquo;impunité des crimes commis dans les zones rurales. En ce sens, le document réaffirme que la démocratie brésilienne et la justice sociale passent nécessairement par la reconnaissance de la dignité, de l&rsquo;autonomie et des droits territoriaux des paysans et des paysannes. À cet égard, il est important de souligner que le CNDH a reçu des réponses d&rsquo;institutions indiquant l&rsquo;intégration de la Déclaration dans leur cadre juridique d&rsquo;orientation. Il convient de souligner les publications de la <a href="https://agencia.tjse.jus.br/noticias/item/15863-tribunais-deverao-cumprir-declaracao-sobre-direitos-dos-camponeses" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cour de justice de Sergipe</a> et de la <a href="https://www.tjpr.jus.br/en/destaques/-/asset_publisher/1lKI/content/id/109435890?fbclid=PAQ0xDSwMM2blleHRuA2FlbQIxMQABpwglduYnjS56o2ZHIS--rNxEZ_Q5jFlHTgUvKEy8twR_NV4J9plo6L8iUZ38_aem_8e9HITnfw0Hg57slLncQ0A#109435890" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cour de justice du Paraná</a>, de la <a href="https://www.trf1.jus.br/sjba/noticias/cndh-recomenda-adocao-da-declaracao-da-onu-sobre-direitos-dasos-camponesases-e-das-pessoas-que-trabalham-nas-areas-rurais-" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Justice fédérale de Bahia</a> et du <a href="https://www.trf5.jus.br/index.php/noticias/leitura-de-noticias?/id=326787" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tribunal régional fédéral de la 5e région</a>.</p>



<p>La recommandation n° 05/2025 du CNDH représente un instrument stratégique pour la mise en œuvre des droits des populations rurales au Brésil, en alignant le système juridique et les politiques publiques nationales sur les normes internationales les plus élevées en matière de droits humains, en promouvant la justice sociale, en luttant contre la violence dans les zones rurales et en renforçant la démocratie, avec la participation directe des mouvements sociaux ruraux.</p>



<p></p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/bresil-le-conseil-national-des-droits-de-lhomme-adopte-un-cadre-normatif-majeur-pour-faire-progresser-la-mise-en-oeuvre-de-lundrop/">Brésil : le Conseil national des droits de l’homme adopte un cadre normatif majeur pour faire progresser la mise en œuvre de l’UNDROP</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Rapprocher ou exclure ? La participation des paysan.ne.s à la numérisation de l&#8217;agroécologie</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/rapprocher-ou-exclure-la-participation-des-paysan-ne-s-a-la-numerisation-de-lagroecologie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Romberg de Sá Gondim]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2025 16:13:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles académiques]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=23033</guid>

					<description><![CDATA[<p>image: https://revolve.media/beyond/what-is-agroecology Cet article fournit un résumé d’un article académique rédigé par Romberg de Sá Gondim (disponible en anglais ici). Introduction Les outils numériques ayant tendance à intégrer une approche descendante et axée sur les entreprises, ces technologies ont été facilement assimilées par les grandes exploitations agricoles, en particulier dans le cadre de la révolution...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/rapprocher-ou-exclure-la-participation-des-paysan-ne-s-a-la-numerisation-de-lagroecologie/">Rapprocher ou exclure ? La participation des paysan.ne.s à la numérisation de l&rsquo;agroécologie</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-size:8px"><em>image: https://revolve.media/beyond/what-is-agroecology</em></p>



<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background"><em><strong>Cet article fournit un résumé d’un article académique rédigé par Romberg de Sá Gondim (disponible en anglais <a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/11/Paper_Romberg_Gondim.pdf">ici</a>).</strong></em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Introduction</strong></h3>



<p>Les outils numériques ayant tendance à intégrer une approche descendante et axée sur les entreprises, ces technologies ont été facilement assimilées par les grandes exploitations agricoles, en particulier dans le cadre de la révolution verte (Shelton et al., 2022). D&rsquo;autre part, les paysan.ne.s et les petits agriculteurs sont confrontés à des inégalités en matière d&rsquo;accès, de capacité à trouver et à tirer profit de ces technologies (McCampbell et al., 2025). La complexité et l&rsquo;approche technocratique des technologies risquent également de minimiser la participation, l&rsquo;action et la co-création de connaissances des paysan.ne.sen reproduisant (Hilbeck et Tiselli, 2020), voire en remplaçant les interactions sociales horizontales et inclusives qui existaient auparavant entre les petits agriculteurs, les paysan.ne.set les communautés rurales, menaçant ainsi un élément fondamental de l&rsquo;agroécologie (Shelton et al., 2022). Si l&rsquo;alphabétisation, la participation et l&rsquo;accès à la technologie des paysan.ne.sne sont pas des dilemmes nouveaux dans les études agroécologiques, l&rsquo;essor de la révolution numérique apporte de nouvelles nuances. Plus précisément, sur la manière dont les technologies numériques émergentes prennent ou non en compte les principes agroécologiques (Ajena et al, 2020). Cette dynamique soulève des questions fondamentales sur les droits des paysan.ne.s, et en particulier le droit de développer des pratiques agroécologiques, qui sont consacrés dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;impact de la numérisation sur les droits des paysan.ne.s</strong></h3>



<p>Les effets de la numérisation sur la co-création de connaissances et l&rsquo;action des paysan.ne.s dans le domaine de l&rsquo;agroécologie restent mal compris, non seulement dans la littérature universitaire, mais aussi parmi les communautés paysannes et les militants agroécologiques eux-mêmes (Silva, 2022). Des tensions apparaissent entre les approches agrotechnologiques et agroécologiques, car les premières reproduisent souvent le discours et les pratiques de la révolution verte, ce qui est en contradiction avec les approches agroécologiques et les droits des paysan.ne.s. Les outils numériques ont été associés à la dévalorisation des systèmes de connaissances traditionnels, à la standardisation des pratiques par la datafication (Ajena et al., 2022 ; Shelton et al., 2022) et à l&rsquo;émergence de dynamiques prédatrices en matière de propriété intellectuelle, telles que le séquençage numérique du matériel génétique (Vogliano et al., 2021). Ces pratiques sont non seulement contraires aux valeurs agroécologiques, mais elles enfreignent également les dispositions clés de l&rsquo;UNDROP, notamment l&rsquo;article 19 sur le droit aux semences, l&rsquo;article 20 sur la biodiversité et l&rsquo;article 26 sur les connaissances traditionnelles. Pourtant, d&rsquo;autres chercheurs affirment que l&rsquo;agroécologie et les technologies numériques ne sont pas intrinsèquement incompatibles et que ces technologies peuvent favoriser l&rsquo;évolutivité de l&rsquo;agroécologie (Rotz et al., 2019), ce qui peut également créer des problèmes d&rsquo;inégalité, car l&rsquo;accès différencié à ces outils peut exacerber les inégalités entre les paysan.ne.s, générant des gains de productivité asymétriques qui profitent aux adoptants tout en excluant les non-adoptants (Brunori, 2024).</p>



<p>Compte tenu de la dynamique complexe entre la numérisation, l&rsquo;agroécologie et l&rsquo;action et la participation des paysan.ne.s, ce document de recherche a exploré ces thèmes à travers la question centrale suivante : dans quelle mesure les outils numériques permettent-ils ou limitent-ils une participation significative aux transitions agroécologiques au niveau territorial ? Pour y répondre, trois sous-questions ont été posées : (i) Quelles tensions et opportunités émergent dans la numérisation de l&rsquo;agriculture pour les petits agriculteurs ? (ii) Comment les outils numériques s&rsquo;alignent-ils ou entrent-ils en conflit avec les principes agroécologiques tels que la co-création de connaissances et la gouvernance résiliente ? ; et (iii) Qui sont les acteurs impliqués dans la conception et la gouvernance des outils numériques agroécologiques, et comment leurs approches participatives affectent-elles l&rsquo;action et l&rsquo;inclusion des paysan.ne.s ?</p>



<p>Pour répondre à ces questions, le document a également été structuré en trois parties. Tout d&rsquo;abord, une analyse documentaire aborde les sous-questions à l&rsquo;aide d&rsquo;articles universitaires, de notes d&rsquo;orientation et de rapports de programme sur la numérisation de l&rsquo;agroécologie. Elle comprend une analyse descriptive d&rsquo;un ensemble de données sur la manière dont les outils numériques intègrent des éléments agroécologiques et d&rsquo;inclusion sociale (tiré de Dittmer <em>et al.</em>, 2022a). Ensuite, deux sections basées sur des études de cas ont exploré : (i) les outils numériques comme moyen de co-création et de partage des connaissances, en se concentrant sur l&rsquo;application Solis développée à Pará, au Brésil, dans le cadre du volet « Outils numériques inclusifs » (ADTD) du programme « Transitions agroécologiques pour la construction de systèmes agricoles et alimentaires résilients et inclusifs » (TRANSITIONS), financé par l&rsquo;Union européenne (UE). Et (ii) les perspectives de gouvernance s&rsquo;appuyant sur des entretiens semi-structurés menés par l&rsquo;auteur avec des militants agroécologiques de La Via Campesina au Brésil et au Paraguay, ainsi que sur les conclusions des entretiens TRANSITIONS avec des acteurs politiques et techniques et des petits agriculteurs avant la mise en œuvre de Solis (Freixêdas et al., 2022). Enfin, la conclusion revient sur les résultats et les limites de la littérature existante et sur la manière dont les études de cas répondent aux questions de recherche.</p>



<p>Dans ce résumé, les principales conclusions des études de cas et les conclusions clés de l&rsquo;article sont présentées ci-dessous. Pour plus de détails, y compris des références supplémentaires aux entretiens menés avec les dirigeants de La Via Campesina en Amérique du Sud, Perla Alvarez (CONAMURI, Paraguay) et Marciano Toledo (MPA, Brésil), veuillez vous référer à l&rsquo;article complet [insérer à nouveau le lien].</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Études de cas</strong></h3>



<p>Tout d&rsquo;abord, une section sur la co-conception et la mise en œuvre de Solis, une application conçue pour accroître l&rsquo;autonomie numérique des paysan.ne.s dans le petit élevage, initialement dans les villes de Novo Repartimento, Anapú et Pacajá (État de Pará, nord du Brésil). Cette section a mis en évidence la manière dont les petits agriculteurs ont été inclus, ainsi que les défis rencontrés pendant et après le processus, à travers l&rsquo;analyse documentaire de rapports et de présentations sur le programme. Une deuxième session a abordé les questions de gouvernance liées à l&rsquo;inclusion des paysan.ne.s et des éléments agroécologiques dans la numérisation de l&rsquo;agriculture au Brésil. À cette fin, l&rsquo;analyse documentaire des publications et des entretiens menés par le programme Transitions au Brésil avec des agents des ministères, des agences gouvernementales, des gouvernements des États, des coopératives, des promoteurs, du secteur privé et des ONG (Freixêdas et al., 2022) sera complétée par des entretiens menés par l&rsquo;auteur avec des paysan.ne.s et des militants sociaux au sein de La Via Campesina International au Brésil et au Paraguay (également représentante de la Coordination latino-américaine des organisations rurales &#8211; CLOC).</p>



<p>L&rsquo;application Solis, un projet développé dans la région du Pará au Brésil, est un exemple éloquent de la manière dont les outils numériques peuvent être conçus pour s&rsquo;aligner sur les principes agroécologiques. Une organisation de la société civile, Solidaridad Latinoamerica, s&rsquo;est associée à des paysan.ne.s qui avaient peu accès à l&rsquo;assistance technique mais qui étaient déjà familiarisés avec les smartphones et les réseaux sociaux comme WhatsApp. Au lieu de présenter un produit fini, le projet a utilisé des méthodes participatives telles que des ateliers de co-création et des journées sur le terrain afin d&rsquo;impliquer les paysan.ne.s dans le processus de conception dès le début. Cette approche a été cruciale pour adapter l&rsquo;application aux besoins locaux. Par exemple, les contributions des paysan.ne.s ont transformé le concept initial de l&rsquo;application, conduisant à la création d&rsquo;une communauté d&rsquo;apprentissage numérique où les utilisateurs pouvaient partager des vidéos et du contenu sur les pratiques agroécologiques locales. Cet échange de connaissances entre paysan.ne.s, principe fondamental de l&rsquo;agroécologie, est devenu une caractéristique centrale. Ce processus de co-conception est conforme aux articles 10 et 18 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan.ne.s, qui établissent le droit des paysan.ne.s à participer de manière significative à la prise de décision et au contrôle de leurs ressources.</p>



<p>L&rsquo;application démontre que les outils numériques inclusifs peuvent autonomiser les paysan.ne.s et les aider à passer à des modèles plus agroécologiques. Cependant, elle met également en évidence des défis importants. Le processus de conception participative approfondi a retardé le lancement de l&rsquo;application d&rsquo;un an, et la nécessité de maintenir la gratuité de l&rsquo;outil pour les paysan.ne.s impose une charge financière à ses développeurs. Cela soulève d&rsquo;autres questions : comment ces initiatives précieuses, centrées sur les paysan.ne.s, peuvent-elles être maintenues et développées sans compromettre leurs principes fondamentaux ?</p>



<p>De plus, si des initiatives locales telles que Solis sont très prometteuses, le paysage général de la gouvernance numérique au Brésil et en Amérique latine en général est beaucoup plus difficile. Les entretiens menés par l&rsquo;équipe Solis avec des représentants du gouvernement et de l&rsquo;industrie ont révélé que de nombreux outils numériques existants sont conçus selon une approche « universelle » qui ne tient pas compte des besoins diversifiés des paysan.ne.s et des petits agriculteurs. Bien que certains responsables aient reconnu la nécessité de la contribution des paysan.ne.s, leur définition de la « participation » se limitait souvent à simplement consulter les paysan.ne.s ou à leur communiquer les politiques existantes. L&rsquo;idée que les paysan.ne.s puissent être co-développeurs ou participants à la gouvernance administrative était rarement mentionnée.</p>



<p>Ce décalage est une préoccupation majeure pour les mouvements agroécologiques tels que La Via Campesina. Les entretiens menés par l&rsquo;auteur avec des militants du Brésil et du Paraguay ont révélé un certain scepticisme à l&rsquo;égard de l&rsquo;agriculture numérique. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un rejet de la technologie en soi, mais de l&rsquo;approche descendante et corporatiste de nombreux outils numériques qui conduisent aux mêmes problèmes que la révolution verte. Il est intéressant de noter que les entretiens ont montré un lien entre la propriété des données et les formes antérieures de privatisation des ressources, telles que l&rsquo;appropriation par les entreprises et le brevetage des variétés végétales locales. Aujourd&rsquo;hui, la préoccupation est de savoir « que feront-ils de mes données ? » et « comment sont-elles utilisées ? », ce qui renforce l&rsquo;importance de l&rsquo;UNDROP en mettant l&rsquo;accent sur les droits des paysan.ne.s à contrôler leurs propres ressources et leurs connaissances traditionnelles. En outre, d&rsquo;autres défis dans le contexte latino-américain, tels que le manque d&rsquo;accès sécurisé à la terre, un paysage politique public fragmenté et opaque, et les luttes actuelles sur les droits des semences, sont prioritaires pour les mouvements sociaux, qui détournent leur attention des débats actuels sur la numérisation.</p>



<p>En fin de compte, la recherche montre un écart évident entre le potentiel des outils numériques pour favoriser l&rsquo;agroécologie et la réalité de leur conception et de leur gouvernance actuelles. Si des initiatives locales telles que Solis créent des alternatives inclusives, elles fonctionnent en parallèle d&rsquo;un environnement politique plus large qui exclut largement les mouvements paysan.ne.s et ne traite pas les questions fondamentales du pouvoir, de la participation et de la souveraineté des données.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion</strong></h3>



<p>Cet article visait à comprendre dans quelle mesure les technologies numériques permettent ou limitent une participation significative aux transitions agroécologiques au niveau territorial. Les résultats confirment de nombreuses préoccupations critiques soulevées dans la littérature universitaire. Bien qu&rsquo;il mentionne la possibilité de co-créer des outils numériques à des fins agroécologiques, la plupart des outils actuels répertoriés sont loin d&rsquo;intégrer les principes agroécologiques et l&rsquo;inclusion sociale dans leur conception (Dittmer et al., 2022a). Ainsi, l&rsquo;approche dominante, descendante et axée sur les entreprises, pourrait continuer à façonner la plupart des outils agricoles numériques, en les intégrant dans les discours sur la normalisation et la productivité associés à la révolution verte (Klerkx &amp; Rose, 2020 ; Shelton et al., 2022). Ces modèles ont tendance à marginaliser les petits exploitants, à exclure les connaissances traditionnelles et risquent d&rsquo;aggraver les inégalités. Si les relations de pouvoir sont soulignées dans la littérature, peu de choses sont mentionnées sur le rôle du mouvement paysan dans la numérisation de l&rsquo;agriculture, en dehors des préoccupations légitimes concernant la propriété des données paysannes et la vision des entreprises derrière ces outils. Leur engagement dans la co-création d&rsquo;outils numériques horizontaux n&rsquo;est pas encore clair.</p>



<p>Les recherches futures devraient être approfondies et élargies, notamment sur des thèmes tels que le financement des outils numériques en agroécologie, afin de comprendre leur modèle opérationnel – et la manière dont les connaissances paysannes y sont intégrées –, le retour sur investissement, et d&rsquo;identifier les différents mécanismes financiers qui pourraient être liés à davantage d&rsquo;éléments agroécologiques et à la réalisation de l&rsquo;inclusion sociale, c&rsquo;est-à-dire à une plus grande participation. En outre, les prochaines recherches devraient se concentrer sur le rôle des mouvements paysan.ne.s dans la co-création, la mise en œuvre ou même la résistance aux technologies numériques, et sur la compréhension de la manière dont ces acteurs influencent la gouvernance – au niveau local ou national, institutionnalisée ou non – et les valeurs inhérentes aux technologies numériques, ce qui est essentiel pour une transition numérique plus démocratique. Compte tenu de la date de rédaction, l&rsquo;article n&rsquo;a pas intégré les efforts récents, tels que le projet « Inteligência Artificial da Reforma Agrária e Agroecologia » (<a href="https://mst.org.br/2025/11/06/conheca-a-iaraa-inteligencia-artificial-da-reforma-agraria-e-agroecologia">IARAA,</a> IA de la réforme agraire et de l&rsquo;agroécologie), coordonné par le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre et la Marche mondiale des femmes.</p>



<p>En fin de compte, si l&rsquo;agroécologie doit servir d&rsquo;alternative à l&rsquo;agriculture industrielle et productiviste, son engagement avec les outils numériques ne doit pas reproduire les structures mêmes qu&rsquo;elle cherche à remplacer. Elle doit au contraire être repensée de fond en comble, en s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;action des paysan.ne.s, les connaissances collectives et une gouvernance équitable (Laurens et al., 2023 ; McCampbell et al., 2025 ; Sheldon et al., 2022), afin de respecter les droits reconnus dans la UNDROP. Cela inclut, mais va au-delà de la conception inclusive, la compréhension de la gouvernance et des dynamiques de pouvoir (Rosset et al., 2025 ; Rotz et al., 2019). Alors que les technologies numériques s&rsquo;intègrent rapidement dans les systèmes alimentaires et agricoles, cet article a souligné que le défi n&rsquo;est pas seulement technologique, mais qu&rsquo;il concerne fondamentalement le pouvoir, la participation et l&rsquo;avenir de l&rsquo;agroécologie, ses pratiques, ses principes et ses acteurs.</p>



<pre class="wp-block-verse">Pour consulter les références bibliographiques citées dans cet article, veuillez vous référer à l’article complet fourni ci-dessous.</pre>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/11/Paper_Romberg_Gondim-2.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué Paper_Romberg_Gondim."></object><a id="wp-block-file--media-d140890e-b90e-4266-9101-2266c460e670" href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/11/Paper_Romberg_Gondim-2.pdf">Paper_Romberg_Gondim</a><a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/11/Paper_Romberg_Gondim-2.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-d140890e-b90e-4266-9101-2266c460e670">Download</a></div>



<p></p>



<p class="has-theme-palette-5-background-color has-background"><em>À ce sujet, lire aussi :</em><br><br>1.) <a href="https://www.eurovia.org/fr/publications/les-defis-de-la-numerisation-pour-lagroecologie-paysanne/">https://www.eurovia.org/fr/publications/les-defis-de-la-numerisation-pour-lagroecologie-paysanne/</a><br><br>2.) <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/les-defis-du-mouvement-paysan-face-a-la-digitalisation-de-lagriculture/">https://defendingpeasantsrights.org/fr/les-defis-du-mouvement-paysan-face-a-la-digitalisation-de-lagriculture/</a></p>



<p></p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/rapprocher-ou-exclure-la-participation-des-paysan-ne-s-a-la-numerisation-de-lagroecologie/">Rapprocher ou exclure ? La participation des paysan.ne.s à la numérisation de l&rsquo;agroécologie</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Équateur reporte la visite du Groupe de travail des Nations Unies sur les droits des paysans.</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/lequateur-reporte-la-visite-du-groupe-de-travail-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 17:24:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit et politique]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail de l'ONU sur l'UNDROP]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=22370</guid>

					<description><![CDATA[<p>Défendre les droits des paysan.ne.s republie par la présente la déclaration publiée sur le site du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (disponible en anglais ici). Note de la rédaction : La visite des experts, initialement prévue du 4 au 14 novembre 2025, a été reportée malgré son importance cruciale, à la suite...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/lequateur-reporte-la-visite-du-groupe-de-travail-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/">L’Équateur reporte la visite du Groupe de travail des Nations Unies sur les droits des paysans.</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Défendre les droits des paysan.ne.s republie par la présente la déclaration publiée sur le site du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (disponible en anglais <a href="https://www.ohchr.org/en/press-releases/2025/11/ecuador-postpones-visit-un-working-group-peasants-rights">ici</a>).</em></p>



<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background"><em>Note de la rédaction :<br><br>La visite des experts, initialement prévue du 4 au 14 novembre 2025, a été reportée malgré son importance cruciale, à la suite des récentes manifestations en Équateur, qui ont été confrontées à un état d’urgence et à une répression au cours de laquelle des organisations autochtones, rurales et environnementales — parmis les représentants clés des titulaires de droits au titre de l’UNDROP — ont été accusées de « terrorisme » et ont vu leurs comptes bancaires gelés. Ces mobilisations ont tiré la sonnette d’alarme sur des questions urgentes directement liées à l’UNDROP, telles que les droits à la terre, à l’eau et à un environnement sain, menacés par la suppression des subventions aux carburants et l’expansion de projets miniers sur les terres autochtones.<br><br>Dans ce contexte, les experts ont expliqué qu’une visite aurait offert une occasion essentielle de collaborer avec le gouvernement afin de trouver des réponses fondées sur les droits humains à ces préoccupations.<br><br>Ils ont souligné que l’Équateur a à plusieurs reprises réaffirmé son engagement envers la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (l’UNDROP). Les experts ont en outre mis en avant que cette déclaration constitue un cadre clair pour s’attaquer aux inégalités profondes auxquelles sont confrontées les communautés rurales et peut contribuer à façonner des politiques publiques favorisant la souveraineté alimentaire, la préservation de l’environnement et la justice sociale.<br><br>Lire la déclaration complète (traduite en français par Défendre les droits des paysan.ne.s) :</em></p>



<p><strong>05 novembre 2025</strong></p>



<p><strong>GENÈVE –</strong> Un groupe d’experts en droits humains a annoncé aujourd’hui que leur visite en Équateur, initialement prévue du 4 au 14 novembre 2025, a été annulée après que le gouvernement a demandé de la reprogrammer pour la seconde moitié de 2026.</p>



<p>« Les récentes manifestations à travers le pays reflètent des préoccupations profondes concernant les droits à la terre et à l’eau, la dégradation de l’environnement, ainsi que l’augmentation du coût de la vie et l’insécurité et la violence croissantes », a déclaré le Groupe de travail des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.</p>



<p>« Une visite dans le pays à ce moment aurait permis de collaborer avec le gouvernement afin d’identifier des solutions fondées sur les droits humains à ces problèmes pressants. »</p>



<p>Les experts ont souligné que la visite aurait été une occasion opportune et précieuse pour un engagement constructif avec le gouvernement et les communautés en vue de faire progresser les droits des paysans et des travailleurs ruraux en Équateur.</p>



<p>« La visite aurait offert une plateforme importante pour identifier des approches basées sur les droits humains face aux défis pressants auxquels sont actuellement confrontées les communautés paysannes et autochtones en Équateur », a précisé le Groupe de travail. « Au regard des récentes manifestations et de la réponse du gouvernement, ce dialogue aurait été particulièrement pertinent pour discuter des moyens de résoudre les griefs sous-jacents et de renforcer la confiance entre les communautés et les institutions. »</p>



<p>Les experts ont réitéré que la reconnaissance progressive par l’Équateur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (l’UNDROP) offre une feuille de route concrète et fondée sur des principes pour lutter contre les inégalités structurelles et les injustices affectant les communautés paysannes, les peuples autochtones, les petits pêcheurs et les travailleurs ruraux.</p>



<p>« Nous restons convaincus que la mise en œuvre de l’UNDROP peut contribuer à orienter les politiques afin de garantir la souveraineté alimentaire, la protection de l’environnement et la justice sociale », a déclaré le Groupe de travail, exprimant sa disponibilité à soutenir et coopérer avec les autorités équatoriennes dans la promotion des droits des paysans et des travailleurs ruraux dans le pays.</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le Groupe de travail sur les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales est composé de cinq experts indépendants provenant de toutes les régions du monde. Le président-rapporteur est Carlos Duarte (Colombie) ; les autres membres sont Geneviève Savigny (France), Shalmali Guttal (Inde), Uche Ewelukwa Ofodile (Nigéria) et Davit Hakobyan (Arménie).</p>



<p>Les rapporteurs spéciaux / experts indépendants / groupes de travail sont des experts indépendants en droits humains nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Ensemble, ces experts sont appelés les <strong>Procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme</strong>. Les experts des Procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne sont pas des employés de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Bien que le bureau des droits de l’homme de l’ONU agisse en tant que secrétariat des Procédures spéciales, les experts agissent à titre individuel et sont indépendants de tout gouvernement ou organisation, y compris du HCDH et de l’ONU. Les opinions ou points de vue exprimés n’engagent que leur auteur et ne représentent pas nécessairement ceux de l’ONU ou du HCDH.</p>



<p>Les observations et recommandations spécifiques à chaque pays émises par les mécanismes des Nations Unies en matière de droits humains, y compris les procédures spéciales, les organes conventionnels et l’Examen périodique universel, sont disponibles sur l’<strong>Index universel des droits de l’homme</strong> : <a href="https://uhri.ohchr.org/en/">https://uhri.ohchr.org/en/</a></p>



<p>Page du HCDH sur l’Équateur – <a href="https://www.ohchr.org/en/countries/ecuador">https://www.ohchr.org/en/countries/ecuador</a></p>



<p>Pour toute demande de renseignements ou de presse, veuillez contacter : Jamshid GAZIYEV, secrétaire du Groupe de travail sur les paysans et les travailleurs ruraux (<a>jamshid.gaziyev@un.org</a></p>



<p>Pour les demandes médiatiques concernant d’autres experts indépendants de l’ONU, veuillez contacter Maya Derouaz (<a>maya.derouaz@un.org</a>) ou Dharisha Indraguptha (<a>dharisha.indraguptha@un.org</a></p>



<p>Suivez l’actualité des experts indépendants en droits humains de l’ONU sur X : @UN_SPExperts.</p>
</blockquote>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/lequateur-reporte-la-visite-du-groupe-de-travail-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/">L’Équateur reporte la visite du Groupe de travail des Nations Unies sur les droits des paysans.</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Évènement parallèle à l&#8217;ONU : Défis et bonnes pratiques dans la promotion des droits des paysans et travailleurs ruraux en Amérique latine</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/evenement-parallele-a-lonu-defis-et-bonnes-pratiques-dans-la-promotion-des-droits-des-paysans-et-travailleurs-ruraux-en-amerique-latine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Claeys (CETIM)]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 08:55:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Droit et politique]]></category>
		<category><![CDATA[Droit international]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail de l'ONU sur l'UNDROP]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Régional]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=21178</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le 18 septembre 2025, à l’occasion de la 60e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (ONU), une conférence parallèle a réuni au Palais des Nations Unies à Genève des acteurs engagés pour la protection des droits des communautés rurales. Intitulé « Faire progresser les droits des paysans et des autres personnes travaillant...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/evenement-parallele-a-lonu-defis-et-bonnes-pratiques-dans-la-promotion-des-droits-des-paysans-et-travailleurs-ruraux-en-amerique-latine/">Évènement parallèle à l&rsquo;ONU : Défis et bonnes pratiques dans la promotion des droits des paysans et travailleurs ruraux en Amérique latine</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Le 18 septembre 2025, à l’occasion de la 60<sup>e</sup> session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (ONU), une conférence parallèle a réuni au Palais des Nations Unies à Genève des acteurs engagés pour la protection des droits des communautés rurales. Intitulé « Faire progresser les droits des paysans et des autres personnes travaillant en zones rurales à travers l’UNDROP : défis et bonnes pratiques en Amérique latine ». Co-organisée par la Via Campesina, le Forum mondial des pêcheurs et travailleurs de la pêche (WFFP), FIAN International et le CETIM, avec le soutien de l’Académie de droits humains de Genève, RAISE et la coalition suisse « Les Amis de la Déclaration », cette conférence a été l’occasion de discuter des enjeux majeurs et des initiatives novatrices avec des mouvements paysans et des États engagés en faveur des droits des paysans en Amérique latine.</em></p>



<p>Cet événement visait entre autres à mettre en lumière les multiples défis auxquels sont confrontés actuellement les communautés rurales dans le monde. Il visait également à explorer comment la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) pouvait influer sur les cadres juridiques et politiques afin de mieux protéger ces communautés, renforcer leurs droits et promouvoir la justice sociale. Enfin, l’événement a permis de mettre en avant la mobilisation des mouvements paysans et des organisations rurales à travers l’Amérique latine, qui œuvrent à tous les échelons pour promouvoir et mettre en œuvre l’UNDROP.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="938" height="682" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/image.png" alt="" class="wp-image-21181" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/image.png 938w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/image-300x218.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/image-768x558.png 768w" sizes="(max-width: 938px) 100vw, 938px" /></figure>



<p></p>



<p>En tant que modératrice, Sibylle Dirren, représentante de FIAN International auprès de l’ONU, a souligné le rôle crucial de l’UNDROP comme outil puissant de défense et de promotion des droits des communautés rurales.</p>



<p>Carlos Duarte, Président du Groupe de travail d’Experts de l’ONU sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zones rurales, a rappelé la situation critique des communautés rurales, confrontées à la dépossession, au manque d’accès à la terre et à l’eau, ainsi qu’à l’accaparement des ressources naturelles. Il a déploré les difficultés des organisations paysannes à se faire entendre dans les forums internationaux, comme les COP ou la Convention mondiale sur la biodiversité, alors même que ces communautés sont directement concernées par la protection de la biodiversité et les enjeux climatiques. M. Duarte a également pointé la persécution et la répression dont sont victimes les dirigeants paysans dans de nombreuses régions du monde. Enfin, il a insisté sur la nécessité de renforcer la participation des femmes rurales, souvent invisibilisées alors qu’elles sont «&nbsp;la colonne vertébrale du monde paysan&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="884" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/Alfonzo-Side-event-UNDROP-Ame-Lat-1-1024x884.jpg" alt="" class="wp-image-21185" style="width:645px;height:auto" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/Alfonzo-Side-event-UNDROP-Ame-Lat-1-1024x884.jpg 1024w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/Alfonzo-Side-event-UNDROP-Ame-Lat-1-300x259.jpg 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/Alfonzo-Side-event-UNDROP-Ame-Lat-1-768x663.jpg 768w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/10/Alfonzo-Side-event-UNDROP-Ame-Lat-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Alfonzo Simon Raylan, représentant du Syndicat des Travailleurs de la Mer (SITRAMAR), organisation membre du Forum mondial des peuples pêcheurs, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des pêcheurs de la région autochtone de Ngöbe-Buglé (Panama). Depuis 2010, sous-prétexte de la conservation environnementale, une interdiction de pêche prive ces communautés de leur principale source de subsistance, accentuant la pauvreté et la faim. Les populations vivent dans des conditions difficiles, avec un accès limité à l’éducation, aux soins de santé et aux services de base. M. Raylan a dénoncé l’absence de soutien de l’État et la répression violente subie par les peuples autochtones lorsqu’ils défendent leurs droits.</p>



<p>Trois représentants de La Via Campesina du continent latino-américain ont partagé leurs expériences par message-vidéo. Martha Huertas Moya, membre de FENACOA/La Via Campesina Colombie, a dressé un bilan encourageant pour la paysannerie colombienne, longtemps marginalisée. La reconnaissance des droits des paysans dans la Constitution du pays et dans les politiques publiques a permis une meilleure distribution foncière et la garantie de droits auparavant inaccessibles. Elle a néanmoins insisté sur la nécessité de créer une juridiction agraire et rurale et d’augmenter les budgets alloués au monde paysan pour consolider ces avancées. Arturo Aliaga, membre de l’ANAP/La Via Campesina Cuba, a souligné les avancées concrètes en matière de droits des paysans, de souveraineté alimentaire et d’agroécologie dans le pays. Le représentant paysan a déclaré que, grâce à la volonté politique affirmée des autorités compétentes et à la capacité de l’ANAP de participer directement à l’élaboration de politiques publiques ainsi qu’à la mise en place de cadres législatifs en la matière, la promotion et l’application de l’UNDROP sont désormais une réalité. Anderson Amaro, représentant du MPA/La Via Campesina Brésil, a présenté la manière dont les mouvements sociaux ruraux brésiliens mobilisent l’UNDROP dans leur lutte pour des conditions de vie et de travail dignes. Plus précisément, le leader paysan a évoqué la stratégie de plaidoyer en cours, qui vise à intégrer la Déclaration dans les travaux des acteurs du système judiciaire national, des Ministères compétents, ainsi que dans l’agenda parlementaire national et départemental.</p>



<p>Adriana Fillol Mazo, Professeure à l’Université de Séville et à l’Académie de Genève, a présenté l’UNDROP comme un outil juridique concret pour protéger les communautés rurales. Elle a cependant relevé l’existence de plusieurs menaces, comme la numérisation et les technologies agricoles qui peuvent accroître la dépendance et l’exclusion. Le manque de relève générationnelle fragilise également l’avenir de l’agriculture paysanne. Les femmes rurales font aussi face à des obstacles importants pour accéder à la terre et à une vie digne. À cela s’ajoutent la pression économique, la violence et l’incertitude climatique, à l’origine d’une crise silencieuse de santé mentale dans les campagnes. Elle a conclu en appelant à considérer les paysans, pêcheurs et peuples autochtones non pas comme des problèmes à gérer, mais comme d’essentiels partenaires stratégiques pour construire des systèmes alimentaires justes, résilients et durables.</p>



<p>Raffaele Morgantini, représentant du CETIM auprès de l’ONU, a clôturé cet événement sur une note d’espoir pour les communautés rurales, grâce à l’émergence de jurisprudences progressistes. En effet, des décisions favorables aux droits des paysans apparaissent dans plusieurs systèmes judiciaires. Au Honduras, la Cour suprême a invoqué l’UNDROP pour protéger les semences paysannes contre la «&nbsp;loi Monsanto&nbsp;», une loi adoptée par le Parlement qui favorisait les semences industrielles qui a ainsi été abrogée. En Colombie, la Cour constitutionnelle a accordé sa protection à un couple de paysans contraints d’abandonner leurs terres après des inondations répétées. Ou encore, en février 2020, la Cour inter-américaine des droits de l’homme a rendu un arrêt dans lequel elle ordonnait le rétablissement d’une population autochtone sur sa terre ancestrale, utilisant de manière complémentaire l’UNDROP et l’UNDRIP (Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones). D’autres exemples existent au Kenya ou au Canada, couvrant des droits liés aux semences et à la santé. M. Morgantini a souligné que ces avancées n’auraient été possibles sans des alliances solides entre mouvements paysans, défenseurs des droits humains, juristes, académiciens et l’engagement des autorités publiques. Ces collaborations permettent de transformer les principes en actions concrètes dans les communautés rurales, les tribunaux et les politiques nationales.</p>



<p><br>Lisez également notre <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/la-collaboration-avec-les-organisations-rurales-et-paysannes-est-essentielle-pour-avancer-entretien-exclusif-avec-carlos-duarte-president-du-groupe-de-travail-de-lonu-sur-lundrop/">interview exclusive du président du groupe de travail Carlos Duarte</a> et notre <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/defis-systemiques-et-bonnes-pratiques-dans-les-zones-rurales-le-2e-rapport-du-groupe-de-travail-de-lonu-sur-lundrop/">article sur le rapport dudit groupe de travail présenté lors de la 60<sup>e</sup> session du Conseil des droits de l&rsquo;homme</a>.</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/evenement-parallele-a-lonu-defis-et-bonnes-pratiques-dans-la-promotion-des-droits-des-paysans-et-travailleurs-ruraux-en-amerique-latine/">Évènement parallèle à l&rsquo;ONU : Défis et bonnes pratiques dans la promotion des droits des paysans et travailleurs ruraux en Amérique latine</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tierra Viva : Former sur l’UNDROP, relier et résister depuis les territoires paysans d’Amérique latine</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/tierra-viva-former-sur-lundrop-relier-et-resister-depuis-les-territoires-paysans-damerique-latine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Pierre Smets]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Sep 2025 16:22:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=20520</guid>

					<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, des initiatives portées par la société civile cherchent à rendre vivants et effectifs les droits reconnus dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·nes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Si ce texte historique, adopté en 2018 grâce à une mobilisation internationale de longue haleine,...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/tierra-viva-former-sur-lundrop-relier-et-resister-depuis-les-territoires-paysans-damerique-latine/">Tierra Viva : Former sur l’UNDROP, relier et résister depuis les territoires paysans d’Amérique latine</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Depuis plusieurs années, des initiatives portées par la société civile cherchent à rendre vivants et effectifs les droits reconnus dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·nes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Si ce texte historique, adopté en 2018 grâce à une mobilisation internationale de longue haleine, représente un jalon important pour la reconnaissance des droits collectifs et du rôle stratégique des populations rurales, il reste encore trop peu connu dans les territoires concernés. Loin des cercles institutionnels, des collectifs et formatrices prennent à bras-le-corps cette tâche de transmission, d’appropriation et de formation populaire.</em></p>



<p>C’est dans cette dynamique qu’est né le projet Tierra Viva, proposant un programme de formation ancré dans une pédagogie populaire, féministe, interculturelle et décoloniale. Depuis 2022, Tierra Viva tisse un réseau de diffusion de l’UNDROP à travers des ateliers et webinaires, en lien avec des organisations paysannes, autochtones et de défense des droits humains, principalement en Amérique latine (mais aussi à Madagascar, 2022). L’approche est résolument collective : il s’agit d’armer les luttes de savoirs juridiques et politiques, de nourrir les résistances locales, de renforcer les capacités des participant.es concernant l’analyse de leur contexte (du local au global), enfin, de créer des passerelles entre expériences diverses, et de favoriser la transmission des droits comme outils de transformation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des formations au service des territoires en résistance</strong></h3>



<p>Tout a commencé au Mexique, dans l’État de Guerrero, avec l’organisation de cinq ateliers dans des communautés rurales engagées dans la défense du maïs natif, la production de café ou encore la souveraineté alimentaire et l’agroécologie. Ces communautés ont été identifiées en collaboration avec la section FIAN Mexico. Très vite, la difficulté logistique à se déplacer dans ces territoires isolés, combinée à la précarité des moyens disponibles, a poussé à développer des formations en ligne en complément : plus accessibles, moins coûteuses, elles permettent aussi une circulation régionale plus large. Les rencontres virtuelles des participantes de différentes régions permettent également des échanges plus riches, promeut le dialogue interculturel et l’ouverture des perspectives et favorise le tissage de liens. Ces webinaires ou ateliers constituent ainsi une des rares occasions de formation dans les communautés, surtout pour les femmes, qui encore trop souvent n’ont pas accès à ce genre d’espace.</p>



<p>Le format retenu — webinaires thématiques interactifs, souvent suivis de débats et d’échanges sur les luttes locales — a rencontré un franc succès. Ces formations ont pour but non seulement de faire connaître les textes, mais aussi de les mettre en lien avec des contextes spécifiques, afin de favoriser l’appropriation et l’action, au service des luttes sur le terrain.</p>



<p><strong>L</strong>es formations se sont élargies à d’autres régions : Yucatan, Campeche, Quintana Roo, puis Pérou, Équateur, Guatemala et Nicaragua. La majorité des participant·es sont des femmes rurales, souvent déjà actives dans des processus d’agroécologie ou de défense du territoire ou des semences natives. Toutefois le public s’est de plus en plus diversifié avec la participation d’hommes, d’étudiant.es et d’agroécologues latino-américains aux webinaires.</p>



<p>Chaque cycle comprend<strong> </strong>une dizaine de modules couvrant les grands droits reconnus par l’UNDROP : le droit à la terre, à l’eau, aux semences paysannes, à la biodiversité, à l’information et à la liberté d’association et d’expression, de participation. A ce titre les références à des conventions telles que la CEDAW, la Convention de Diversité Biologique, le Traité d’Escazu, UNDRIP et la Convention 169 de l’OIT offrent un spectre plus large des droits existants, tous complémentaires et interdépendants, venant outiller davantage les participants dans leur résistance et inscrire UNDROP dans une approche basée sur les droits humains, visant un processus d’<em>empowerment </em>par la base. Nous abordons aussi les droits culturels et aux savoirs traditionnels, ce qui en 2025 a donné lieu à approfondir les connaissances sur les modes de vie et cosmovisions andine, maya et amazonienne, grâce à l’intervention de guides et leaders autochtones. Ces espaces d’échanges visent effectivement à donner la parole aux acteurs des luttes, à traduire UNDROP à leur réalité quotidienne, à mettre en évidence leurs défis et à valoriser leur culture, leur approche et leur résilience.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les droits comme langage commun des luttes</strong></h3>



<p>Partout, les réactions sont fortes. Les participant·es découvrent l’existence de l’UNDROP, souvent pour la première fois. Beaucoup expriment un sentiment de reconnaissance et de légitimation, en apprenant qu’il existe un instrument juridique international qui nomme, valorise et protège leurs pratiques et leurs identités.</p>



<p>Les échanges permettent aussi de mettre en mots des réalités difficiles: l’exode et la migration rural des jeunes, la perte des savoirs ancestraux, la dépossession, l’effondrement des écosystèmes, les violences de genre, la répression des leaders communautaires, la corruption et l’emprise du narcotrafic sur les territoires.</p>



<p>Le projet <em>Tierra Viva</em> insiste sur le fait que ces droits ne sont pas réservés aux paysans et aux personnes dans les zones rurales, mais concernent <strong>toute la société</strong>. La transformation du système alimentaire, le mode de production et consommation, la déforestation, la régénération des sols, la survie des patrimoines culturels, la régulation des multinationales, la justice climatique, la conservation de la planète : ce sont autant d’enjeux. Nous y avons tous une part de responsabilités et un rôle à jouer.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Ce qui vient : transmettre, relayer, multiplier</strong></h3>



<p>Les perspectives sont nombreuses : élargir encore les formations, traduire les supports dans d’autres langues locales, renforcer les partenariats, valoriser les retours d’expérience.</p>



<p>L’un des objectifs est aussi de faire reconnaître ces formations, notamment par les organisations locales, les universités, les réseaux paysans, pour après établir des collaborations. Un avancement a pu être réalisé en ce sens en 2025 puisque plusieurs partenaires de Tierra Viva ont émis des certificats pour les participants, associant leur logo à celui de Tierra Viva. Donner de la visibilité au travail accompli permettrait de renforcer l’ancrage, de toucher de nouveaux publics, d’établir des collaborations avec davantage de partenaires, réseaux et associations dans les différents pays, tout en stimulant la motivation des participants, et éventuellement d’obtenir plus de soutien logistique. Et le site <em>Défendre les Droits des Paysan·nes a</em> un rôle à jouer dans cette mise en circulation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Réseaux Tierra Viva</strong></h3>



<p>Youtube : <a href="https://www.youtube.com/@TierraVivaMPS/videos">https://www.youtube.com/@TierraVivaMPS/videos</a></p>



<p>Email : <a href="mailto:tierraviva.mundo@gmail.com">tierraviva.mundo@gmail.com</a></p>



<p>Contact: +32485169934 (whatsapp)</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/tierra-viva-former-sur-lundrop-relier-et-resister-depuis-les-territoires-paysans-damerique-latine/">Tierra Viva : Former sur l’UNDROP, relier et résister depuis les territoires paysans d’Amérique latine</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Synergies et complémentarité entre l’agroécologie et l’UNDROP : l’exemple du Brésil</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/synergies-et-complementarite-entre-lagroecologie-et-lundrop-lexemple-du-bresil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antonio Inacio Andrioli -  Profesor de la Universidad Federal de la Frontera Sur (Brasil)]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 12:43:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[agroécologie]]></category>
		<category><![CDATA[derechos campesinos]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=20053</guid>

					<description><![CDATA[<p>Photo: MST (Brésil) Cet article s&#8217;appuie sur l&#8217;exemple du Brésil pour illustrer les synergies et les complémentarités entre l&#8217;agroécologie et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Que voulons-nous dire concrètement par agroécologie ? En résumé, on pourrait dire que l’agroécologie est...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/synergies-et-complementarite-entre-lagroecologie-et-lundrop-lexemple-du-bresil/">Synergies et complémentarité entre l’agroécologie et l’UNDROP : l’exemple du Brésil</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-small-font-size">Photo: MST (Brésil)</p>



<p>Cet article s&rsquo;appuie sur l&rsquo;exemple du Brésil pour illustrer les synergies et les complémentarités entre l&rsquo;agroécologie et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).</p>



<p>Que voulons-nous dire concrètement par agroécologie ? En résumé, on pourrait dire que l’agroécologie est un projet de vie pour plus de vie en harmonie avec la nature. Toutefois, il existe aujourd’hui aussi de nombreuses interprétations de ce concept. L’agroécologie semble être devenue à la mode dans le monde entier, surtout après que le Brésilien José Graziano da Silva, en tant que Directeur général de la FAO, y a ouvert « une fenêtre dans la cathédrale de la Révolution verte ». Quel est le problème lorsqu’un terme devient à la mode ? C’est que les gens essaient de l’utiliser pour presque tout. Si, par exemple, nous partons d’un concept de l’agroécologie réduit à la science, alors il existe un danger de la négliger en tant que pratique agricole et en tant que mouvement social ! Nous pourrions alors l’imaginer comme quelque chose qui découle davantage d’une activité académique. Elle devient ainsi réduite à une matière de science agricole, et pourrait aussi être appelée autrement.</p>



<p>Pour nous, toutefois, l’agroécologie est avant tout une pratique agricole. Et si l’agroécologie peut être un chemin vers la souveraineté alimentaire, alors nous devons clairement nous demander si elle est pratiquée avec ou sans paysans. Après tout, l’agroécologie est née en Amérique latine comme une réponse paysanne aux effets négatifs de la soi-disant Révolution verte. Les paysans et paysannes devraient donc avoir un rôle central dans l’agroécologie.</p>



<p>L’UNDROP affirme clairement l’obligation des États de promouvoir la production agroécologique (article 16.4), d’adopter des mesures appropriées pour la conservation et l’utilisation durable des terres et des ressources naturelles à travers l’agroécologie (article 17.7) et de protéger et promouvoir les connaissances traditionnelles des communautés rurales, en particulier les pratiques agroécologiques essentielles à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité (article 20.2). Elle consacre également le droit des paysans et paysannes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales à recevoir une formation adéquate, adaptée à leurs contextes agroécologiques, socioculturels et économiques spécifiques (article 25.1).</p>



<p>La souveraineté alimentaire – consacrée comme un droit des communautés rurales dans l’article 15.4 de l’UNDROP – concerne la production alimentaire. Et l’agroécologie concerne les paysans et paysannes. En d’autres termes, il s’agit d’agriculture. Cependant, l’agriculture ne doit pas être réduite à l’économie. L’agriculture est aussi de la culture, c’est-à-dire de l’agri-culture. Et la culture, c’est la connaissance. C’est la nourriture. C’est l’histoire. Et c’est la vie ! Et c’est là que le problème de la science agricole entre en jeu. Car les communautés paysannes et les peuples autochtones voient encore le monde comme un tout. Lorsqu’un paysan ou une paysanne cultive toutes sortes de plantes, c’est aussi parce qu’il/elle peut s’en nourrir ! Il est important de réaliser que les paysans et paysannes existent depuis 10’000 ans et que beaucoup d’entre eux/elles ont réussi à être autosuffisants !</p>



<p>Ainsi, si tout le reste échoue, les paysans et paysannes ont toujours leur propre nourriture ! C’est la seule profession qui peut le revendiquer. Un cordonnier mangera-t-il des chaussures, par exemple ? Ou un tailleur mangera-t-il des vêtements ? Non. Seuls les paysans et paysannes ont cette autonomie. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Cela devrait signifier décider de ce qui est produit, de qui le produit, pour qui il est produit, comment il est produit (certaines personnes pensent que l’agroécologie concerne seulement le « comment ») et pourquoi un aliment est produit.</p>



<p>Si nous contrôlons les réponses à ces cinq questions (c’est-à-dire quoi, qui, pour qui, comment et pourquoi), alors nous avons la souveraineté alimentaire. C’est le pouvoir local. C’est l’autodétermination. L’agroécologie peut-elle contribuer à renforcer les droits des paysans et paysannes et la souveraineté alimentaire ? Oui, elle le peut !</p>



<p>Je vais présenter dix raisons pour lesquelles l’agriculture familiale et paysanne devrait pratiquer l’agroécologie au Brésil et dans d’autres pays, en établissant des liens avec les droits énoncés dans l’UNDROP.</p>



<p>1.  L’agroécologie réduit les coûts de production en agriculture. Nous avons déjà observé une réduction des coûts d’exploitation allant jusqu’à 40 % dans l’agriculture biologique. Cela contribue directement à une augmentation du revenu final des paysans et paysannes, conformément à leur droit à un revenu décent reconnu à l’article 16 de l’UNDROP.</p>



<p>2. L’agroécologie améliore la conservation des ressources naturelles. En 1713, Hans Carl von Carlowitz a écrit un livre intitulé « Sylvicultura Oeconomica ». Carlowitz croyait que la durabilité signifiait ne pas prélever plus de bois dans une forêt qu’elle ne pouvait en repousser. Cette idée, selon laquelle les forestiers ne devraient pas prélever plus d’arbres que la forêt ne peut en régénérer, est la même que celle des pêcheurs qui savent qu’ils ne doivent pas attraper plus de poissons que la nature ne peut en reconstituer. Cela correspond à la philosophie de durabilité de la plupart des peuples autochtones !</p>



<p>Pourquoi cet exemple est-il pertinent pour l’agroécologie ? Parce que l’idée de l’agroforesterie nous permet d’aller au-delà de l’agroécologie. Je pense que le modèle qui se rapproche le plus de la nature est la forêt. Mais s’il vous plaît, pas de monocultures de pins ou d’eucalyptus ! Les forêts sont diversifiées. Et l’agriculture industrielle ne peut pas utiliser les ressources naturelles de manière durable. Selon ce modèle, tout doit être produit aussi vite et autant que possible. La nature est ainsi surchargée et détruite. Et que se passe-t-il alors ? Alors les investissements sont faits ailleurs. Préserver les ressources naturelles signifie considérer l’eau, le sol et la vie dans le sol comme essentiels pour l’agriculture, ce qui correspond aussi aux droits des paysans et paysannes énoncés aux articles 17 (droit à la terre), 18 (droit à l’environnement) et 21 (droit à l’eau) de l’UNDROP. Chaque famille paysanne veut que son fils, sa fille, ses petits-enfants et arrière petits-enfants continuent à cultiver. Ainsi, ils ne penseront pas nécessairement qu’ils plantent un arbre pour l’utiliser immédiatement. Dans 100 ans, ce sera peut-être leur petit-enfant qui l’utilisera. Voilà l’idée derrière la préservation des ressources naturelles. Une agriculture adaptée aux petits-enfants !</p>



<p>3. L’agroécologie est capable de mieux rémunérer le travail des personnes dans les zones rurales. Mais comment y parvenir ? Tout d’abord, l’utilisation de technologies agricoles économisant du travail augmente le temps non travaillé, car la dépendance à la nature signifie que le temps de production en agriculture est distinct du temps de travail nécessaire. Si moins de travail est requis pour la production mais que le temps d’attente jusqu’à la récolte reste le même, cela crée soit du temps libre, soit plus de temps pour d’autres activités. Et comment les familles paysannes utiliseront-elles ce temps ? Au minimum, la production devra être diversifiée. Avec l’agroécologie, il est impossible de pratiquer la monoculture. Le succès de l’agroécologie est donc étroitement lié au concept de multifonctionnalité en agriculture, ce qui signifie que le travail peut être mieux rémunéré. Une meilleure rémunération du travail signifie que les paysans et paysannes reçoivent finalement plus pour leur travail. Normalement, ils ne tiennent même pas compte de ces coûts. Mais n’est-ce pas précisément le travail qui crée la valeur des biens ? Et si vous préservez la nature, ne devriez-vous pas être mieux rémunéré pour cela ? Oui ! Il existe déjà des endroits dans le monde où les paysans et paysannes sont récompensés pour cela. Ils/elles sont rémunérés par la société parce que, par exemple, une agriculture respectueuse de la nature signifie des coûts de santé publique plus faibles. Chaque communauté peut le faire. Si nous utilisons moins de pesticides, si nous évitons les OGM, nous aurons moins de problèmes de santé et moins de dépenses publiques. Donc, oui : il est possible de mieux rémunérer celles et ceux qui travaillent avec l’agroécologie, conformément à l’article 16 de l’UNDROP, qui protège le droit des paysans et paysannes à un revenu décent et à un niveau de vie adéquat. Mais cela demande plus de connaissances, et c’est un autre défi. Le temps libéré par l’agroécologie peut aussi être consacré au développement des connaissances.</p>



<p>4. L’agroécologie est un moyen d’optimiser les écosystèmes agricoles. Il est possible de réduire les intrants externes en agriculture grâce à l’agroécologie. Avec l’agroécologie, la production est de plus en plus locale et en cycles fermés avec moins de gaspillage d’énergie, ce qui réduit également la dépendance aux longs trajets. Cela réduit l’impact négatif sur l’environnement, conformément à l’article 18 de l’UNDROP. Avec l’agroécologie, il est possible de réduire l’érosion, le lessivage des sols et la désertification.</p>



<p>5. L’agroécologie permet d’augmenter la production, ce qui est important pour réaliser les articles 16 et 15 de l’UNDROP. Par exemple, grâce aux cultures associées, qui prospèrent particulièrement bien dans les climats tropicaux. Au Brésil, par exemple, cultiver du maïs et des haricots dans le même champ donne finalement un rendement supérieur à celui du seul maïs. Les cultures associées produisent des rendements plus élevés sur la même superficie. L’intensification écologique est une solution, en particulier dans les pays disposant de terres arables limitées. Et cette solution est déjà pratiquée dans de nombreux endroits, y compris par la FAO. Cela nous donne un avantage. Mais nous devrions être un peu prudents, car la productivité peut diminuer au cours des premières années. L’équilibre doit d’abord être rétabli. Il est nécessaire de constituer de l’humus dans le sol et de privilégier les plantes avec des racines diversifiées permettant la circulation de l’eau, de l’air et de la matière organique. Alors le sol se régénère. Pendant ces années initiales, les gouvernements devraient aider les paysans et paysannes. Car à court terme, l’agroécologie peut entraîner une diminution de la productivité. Mais à moyen et long termes, elle peut en réalité produire plus que le modèle industriel. Il existe de nombreux témoignages de paysans et paysannes au Brésil qui l’ont déjà prouvé.</p>



<p>6. Les jeunes et les femmes sont protagonistes du processus agroécologique. Et c’est très important pour les droits des personnes dans les zones rurales et leur avenir. Ainsi, quand nous parlons de paysans, nous devons aussi parler des jeunes paysans, et surtout des jeunes paysannes, conformément à l’article 4 de l’UNDROP sur les droits des femmes rurales.</p>



<p>7. Il y a un autre aspect de l’agriculture à petite échelle qui est cohérent avec le concept d’agroécologie : c’est la relation particulière que les familles paysannes entretiennent avec la connaissance. Les familles paysannes échangent leurs découvertes, elles partagent leurs connaissances, elles les transmettent. Au lieu de les garder pour elles-mêmes, les paysans et paysannes diffusent leurs savoirs au sein d’une communauté, et ce faisant, ils réalisent l’article 26 de l’UNDROP sur le droit à la culture et aux connaissances traditionnelles.</p>



<p>8. Il existe diverses manières de faire la transition vers l’agroécologie, et les États devraient prendre des mesures appropriées pour s’assurer que leurs programmes et politiques contribuent effectivement à la transition vers des modèles agricoles durables, comme stipulé à l’article 16.4 de l’UNDROP. L’agroécologie peut servir de parapluie sous lequel diverses formes d’agriculture sont promues – dont beaucoup que nous ne connaissons pas encore car nous n’avons pas encore établi de contacts avec de nombreux peuples autochtones qui pratiquent l’agriculture. Ce type d’agriculture peut être identifié comme faisant partie de ce que nous appelons habituellement « agroécologique ». C’est un type d’agriculture qui pourrait être décrit comme traditionnel, mais il n’est pas seulement cela. Il est aussi innovant. Et il nous aidera à atteindre ces 10 objectifs que nous présentons ici, et à réaliser la souveraineté alimentaire.</p>



<p>9. Une innovation importante que nous devons mettre en œuvre est de garantir l’accès aux marchés (consacré aux articles 2.6e et 16.3 de l’UNDROP) ainsi que la formation et l’information sur les marchés (articles 11 et 25). Dans le passé, les paysans et paysannes n’étaient pas capables de réaliser cette innovation par eux-mêmes. Mais nous avons de bons exemples de cela au Brésil avec des programmes gouvernementaux. Par exemple, avec le programme d’alimentation scolaire et les achats publics, par lesquels la nourriture est achetée directement auprès d’organisations paysannes locales et régionales. Ces initiatives ont conduit à ce que le Brésil soit retiré de la carte de la faim de l’ONU en 2014. Cependant, après six ans de gouvernements conservateurs qui ont démantelé ces politiques, la faim est revenue en nombre alarmant en 2022, avec plus de 15 % de la population souffrant de faim aiguë – la plupart dans les zones rurales ! Plus récemment, grâce aux efforts renouvelés du gouvernement actuel, le Brésil a de nouveau été retiré de la carte de la faim en 2025.</p>



<p>Ces marchés institutionnels soutiennent la transition agroécologique. L’organisation entre paysans et consommateurs permet aussi à la nourriture biologique d’arriver sur les tables des gens, ce qui est un élément important de la souveraineté alimentaire. Ainsi, il ne s’agit pas seulement de sécurité alimentaire, car la sécurité alimentaire peut signifier que quelqu’un d’autre vous nourrit. Bien sûr, si quelqu’un meurt de faim, il doit recevoir de la nourriture. Mais c’est une urgence. Personne ne devrait en être dépendant. Ce serait encore pire de rendre les familles paysannes dépendantes de cela. Si nous pouvons produire, transformer et commercialiser la nourriture le plus près possible du lieu de production, les familles paysannes seront aussi mieux nourries. Et cela améliore aussi la souveraineté alimentaire. Lorsqu’elles produisent pour la région, cela augmente aussi la disponibilité de nourriture locale. Voilà ce que l’agroécologie peut accomplir. La sécurité alimentaire signifie la disponibilité de nourriture en termes de quantité, de qualité et de régularité tout au long de l’année. Mais ce n’est pas tout ! Nous devons aussi savoir qui produira cette nourriture ? Quels types de nourriture seront produits ? Avec quelle technologie ? Avec l’utilisation de pesticides et du génie génétique, ou non ? Une agriculture sans personnes n’est pas non plus de l’agroécologie. L’agroécologie est une agriculture avec des personnes et pour des personnes en harmonie avec la nature.</p>



<p>10. Mais pour ce faire, nous devons utiliser les dernières découvertes scientifiques. Mais attention : il y a des intérêts derrière la science moderne. Elle n’est pas neutre en valeur ! Lorsqu’il s’agit de science au service de l’agroécologie, nous devons nous souvenir que sans la science moderne que nous avons eue jusqu’à présent, l’industrialisation de l’agriculture n’aurait pas été possible. Donc, elle n’est pas innocente. La science qui doit servir l’agroécologie doit être différente. Elle doit être dépendante du contexte et transdisciplinaire, réunissant savoirs traditionnels et scientifiques.</p>



<p>Cette science ne doit pas être oppressive ni empreinte de préjugés, et surtout, elle ne doit pas déplacer les gens de leur terre et de leur maison. Nous devons éviter cela, ainsi que les pandémies, les famines, les crises climatiques. La véritable réponse à cela est liée à notre alimentation, la bonne nourriture et la souveraineté alimentaire.</p>



<p>L’agroécologie concerne la vraie nourriture produite par les paysans et paysannes, l’agriculture biologique et les peuples traditionnels.</p>



<p>L’UNDROP renforce les multiples principes de l’agroécologie et de la souveraineté alimentaire. Elle confirme la primauté des droits des paysans et paysannes et des autres communautés rurales, et rappelle aux États leur obligation de respecter, protéger et réaliser ces droits. Pourquoi est-ce important ? Parce que nous voulons que l’humanité continue d’exister après nous.</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/synergies-et-complementarite-entre-lagroecologie-et-lundrop-lexemple-du-bresil/">Synergies et complémentarité entre l’agroécologie et l’UNDROP : l’exemple du Brésil</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Défis de la paysannerie brésilienne : L&#8217;UNDROP comme outil de lutte</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/defis-de-la-paysannerie-bresilienne-lundrop-comme-outil-de-lutte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Via Campesina Brasil, Terra de Direitos, CETIM]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 18:08:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail de l'ONU sur l'UNDROP]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[National]]></category>
		<category><![CDATA[derechos campesinos]]></category>
		<category><![CDATA[droit à la terre]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=18731</guid>

					<description><![CDATA[<p>Contribution de Via Campesina Brésil au Groupe de Travail de l&#8217;ONU sur la Déclaration UNDROP Via Campesina Brésil présente une contribution écrite en réponse à l&#8217;appel du Groupe de Travail de l&#8217;ONU sur l’UNDROP, décrivant les principaux défis de la paysannerie brésilienne. Élaboré collectivement après une formation sur l&#8217;UNDROP pour les organisations brésiliennes de la...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/defis-de-la-paysannerie-bresilienne-lundrop-comme-outil-de-lutte/">Défis de la paysannerie brésilienne : L&rsquo;UNDROP comme outil de lutte</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Contribution de Via Campesina Brésil au Groupe de Travail de l&rsquo;ONU sur la Déclaration UNDROP</strong></p>



<p><strong>Via Campesina Brésil présente une </strong><a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/07/LVC-Brazil_Call-for-Inputs_WG-UNDROP_March-2025.pdf"><strong>contribution écrite</strong></a><strong> en réponse à </strong><a href="https://www.ohchr.org/fr/calls-for-input/2025/call-input-global-trends-challenges-affecting-peasants-and-other-people"><strong>l&rsquo;appel du Groupe de Travail de l&rsquo;ONU sur l’UNDROP</strong></a><strong>, décrivant les principaux défis de la paysannerie brésilienne. Élaboré collectivement après une formation sur l&rsquo;UNDROP pour les organisations brésiliennes de la LVC, le texte propose également une vision collective sur l&rsquo;état actuel du droit à la participation des paysans et paysannes au Brésil.</strong></p>



<p>Durant les mois de janvier et mars 2025, une formation sur la Déclaration des droits des paysans et paysannes (UNDROP) a été organisée pour les organisations membres de Via Campesina Brésil, avec le soutien de l’organisation de droits humains Terra de Direitos et du CETIM. Ce fut la première formation consacrée à l’UNDROP destinée aux mouvements sociaux et organisations rurales de base au Brésil, constituant un exemple pratique de la mise en œuvre de la stratégie de Via Campesina Internationale visant à réaliser des formations sur la Déclaration pour ses bases dans divers pays.</p>



<p>L’objectif de la formation était non seulement de faire connaître l’UNDROP à ses détenteur.rices de droits, mais aussi de faciliter et encourager une appropriation populaire de cette Déclaration par les paysans, les paysannes et les autres populations rurales dans leurs luttes politiques et juridiques aux niveaux local, national, régional et international. La formation avait également pour objectif central l’élaboration d’un plan stratégique pour influencer diverses instances gouvernementales, juridiques et politiques, visant la mise en œuvre de la Déclaration avec la participation active des paysans, des paysannes et des autres populations rurales dont les droits sont consacrés dans l’UNDROP.</p>



<p>Dans le cadre de cette première formation au Brésil, les participants des différents mouvements sociaux composant Via Campesina Brésil ont étudié l’histoire du processus de construction de l’UNDROP et le contenu de l’instrument, en soulignant les droits paysans à la terre, à la biodiversité, aux semences et à la souveraineté alimentaire. Dans un second temps, ils ont discuté de cas concrets de violations des droits établis par l’UNDROP survenus sur le territoire national, perpétrés surtout par des entreprises transnationales et des propriétaires terriens de l’agro-industrie.</p>



<p>Profitant du capital politique des mouvements sociaux présents, impulser la mise en œuvre de l’UNDROP depuis une perspective populaire est crucial dans le cadre du travail ardu et de longue haleine pour la justice sociale, la réforme agraire et la souveraineté alimentaire en milieu rural brésilien. Dans ce sens, le plan stratégique élaboré collectivement durant la formation a apporté une importante clarté sur le chemin à tracer pour promouvoir et mettre en œuvre l’UNDROP au Brésil et traduire ses dispositions tant dans le domaine légal que dans les politiques publiques.</p>



<p>Parmi les diverses initiatives à réaliser figure l’influence auprès des Nations Unies (ONU), en particulier auprès de son nouveau Groupe de Travail (GT) sur les droits des paysans et paysannes. En participant aux débats du GT et en collaborant à ses travaux, les organisations paysannes et rurales du monde entier peuvent utiliser ce mécanisme international pour faire avancer la mise en œuvre de l’UNDROP dans leurs pays respectifs. Après tout, l’une des fonctions du GT est précisément de recommander, soutenir et accompagner les pays membres de l’ONU dans la mise en œuvre de la Déclaration, afin qu’elle puisse être un vecteur direct dans l’élaboration de politiques publiques, de programmes et de lois réparant réellement les inégalités rurales.</p>



<p>En mars 2025, le GT a lancé un <a href="https://www.ohchr.org/fr/calls-for-input/2025/call-input-global-trends-challenges-affecting-peasants-and-other-people">appel public</a> pour que les organisations paysannes et rurales, ainsi que les gouvernements et autres institutions, collaborent à ses deux prochaines études portant sur les thèmes suivants : i. tendances globales des défis affectant les paysans et les paysannes; ii. droit des paysans et paysannes à une participation équitable. Ainsi, Via Campesina Brésil, à travers la Commission Pastorale de la Terre (CPT), le Mouvement des Petits Agriculteurs (MPA), le Mouvement des Affectés par les Barrages (MAB), le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), conjointement avec Terra de Direitos et avec le soutien technique du CETIM, a soumis un document afin de contribuer aux études du GT à partir des défis de la paysannerie brésilienne. Le document, disponible <a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/07/LVC-Brazil_Call-for-Inputs_WG-UNDROP_March-2025.pdf">ici</a> (en anglais), présente une perspective collective sur la conjoncture actuelle des défis paysans au Brésil, dont voici une synthèse :</p>



<p><em>Les paysans, les paysannes, les pêcheurs artisanaux, les peuples traditionnels et travailleurs ruraux au Brésil affrontent des défis structurels menaçant leurs modes de vie et droits fondamentaux. La concentration des terres et les conflits agraires sont aggravés par l’absence de réforme agraire et la privatisation des biens communs, entraînant violences et impunité. De plus, l’accès aux politiques publiques est limité par la bureaucratie, le manque d’assistance technique et d’infrastructures, tandis que la crise climatique et les grands projets, comme les barrages, déplacent des communautés et dégradent l’environnement. L’identité culturelle paysanne est aussi menacée par l’avancée de l’agro-industrie, qui remplace les pratiques durables par des monocultures et intensifie l’usage de pesticides. La criminalisation des luttes pour les droits territoriaux et le manque d’accès à la justice perpétuent également la vulnérabilité de ces populations, surtout indigènes, quilombolas et communautés extractivistes, qui subissent violences et exclusion sociale.</em></p>



<p><em>Le droit à la participation des paysans et paysannes et des travailleurs ruraux aux décisions politiques rencontre encore des obstacles majeurs au Brésil. L’exclusion de ces groupes se manifeste par le manque d’accès à l’information, la difficulté de représentation politique effective et l’absence de consultations préalables, libres et éclairées, notamment dans les processus de licenciement environnemental et de formulation de politiques publiques. Les communautés traditionnelles, comme les indigènes et quilombolas, voient souvent leurs droits violés, sans canaux adéquats pour influencer les décisions impactant leurs territoires et modes de vie. De plus, la marginalisation politique est aggravée par la prédominance de l’agro-industrie, qui concentre pouvoir et ressources, limitant la voix de l’agriculture familiale et des petits producteurs dans les espaces décisionnels nationaux et internationaux.</em></p>



<p><em>Malgré ces défis, il existe des mécanismes et politiques visant à élargir la participation rurale, comme les conseils de développement agricole (CONDRAF), les forums de discussion et les programmes de renforcement de l’agriculture familiale. La Déclaration de l’ONU sur les droits des paysans et des paysannes (UNDROP) et la Convention 169 de l’OIT offrent des bases légales pour exiger des consultations participatives. Cependant, l’efficacité de ces instruments dépend de la pression sociale, de l’accès à la justice et de l’engagement de l’État à garantir que les voix des campagnes soient entendues. Les mouvements sociaux jouent un rôle crucial dans cette lutte, organisant marches, occupations de terres et plaidoyer politique pour que les droits participatifs ne soient pas seulement formels, mais concrets et transformateurs.</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>À l’exemple de Via Campesina Brésil, la réalisation de processus de formation sur la déclaration aux niveaux national et/ou régional, l’élaboration d’un plan stratégique par les mouvements locaux pour sa promotion et la participation au Groupe de Travail de l’ONU sur l’UNDROP sont des étapes essentielles pour mettre en œuvre l’UNDROP aux niveaux national et international. C’est une voie fondamentale pour donner vie à la déclaration depuis la base, à travers l’appropriation de leurs droits par les détenteur·rice·s de droits et l’intégration de l’UNDROP dans leurs luttes politiques et juridiques pour la justice sociale et les droits humains des peuples ruraux.</em></strong></pre>



<p></p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/defis-de-la-paysannerie-bresilienne-lundrop-comme-outil-de-lutte/">Défis de la paysannerie brésilienne : L&rsquo;UNDROP comme outil de lutte</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Colombie : Décision de la justice constitutionnelle protège les paysan.nes déplacé.es par les catastrophes naturelles</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/colombie-decision-de-la-justice-constitutionnelle-protege-les-paysan-nes-deplace-es-par-les-catastrophes-naturelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Seynabou De Coster (CETIM)]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2025 12:19:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Droit et politique]]></category>
		<category><![CDATA[Jurisprudence]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[National]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=18449</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans une décision inédite rendue le 16 avril 2024 (arrêt n°T-123/24), la Cour constitutionnelle colombienne a accordé sa protection à un couple de&#160; paysan.nes âgés contraints de quitter leur terre après des inondations répétées. Cette décision marque un tournant dans la manière dont la justice colombienne aborde les déplacements internes liés aux catastrophes naturelles. Pour...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/colombie-decision-de-la-justice-constitutionnelle-protege-les-paysan-nes-deplace-es-par-les-catastrophes-naturelles/">Colombie : Décision de la justice constitutionnelle protège les paysan.nes déplacé.es par les catastrophes naturelles</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Dans une décision inédite rendue le 16 avril 2024 (</strong><a href="https://www.corteconstitucional.gov.co/relatoria/2024/t-123-24.htm"><strong>arrêt n°T-123/24</strong></a><strong>), la Cour constitutionnelle colombienne a accordé sa protection à un couple de&nbsp; paysan.nes âgés contraints de quitter leur terre après des inondations répétées. Cette décision marque un tournant dans la manière dont la justice colombienne aborde les déplacements internes liés aux catastrophes naturelles. Pour cela, elle s’appuie sur l’article 64 de la Constitution, réformé en 2023, qui consacre une protection spécifique à la paysannerie. Cette réforme trouve son origine dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans (UNDROP), dont les principes ont inspiré ce changement constitutionnel.</strong></p>



<p>La décision de la Cour constitutionnelle colombienne constitue une nouvelle jurisprudence qui permet d’avancer dans le processus de protection des droits des paysans au niveau national et qui consolide l’UNDROP comme instrument de référence en la matière.</p>



<p>L’affaire à l’origine de cette décision concerne un couple de personnes âgées,&nbsp; paysan.nes de Saravena, dans le département d’Arauca, qui vivaient dans leur ferme appelée « El Paraíso ». Après plusieurs inondations causées par le débordement du fleuve Bojabá, leur maison a été rendue inhabitable. Depuis, ils vivent de manière précaire chez leur fils, sans avoir été reconnus comme déplacés internes par les autorités, et sans bénéficier d’aucune aide de l’État colombien. La Cour a estimé que leur droit à une vie digne avait été violé, et que l’État avait l’obligation de leur garantir une protection appropriée.</p>



<p>Pour rendre sa décision, la Cour s’est fondée sur l’article 64 de la Constitution, tel qu’amendé en 2023. Ce texte reconnaît désormais la paysannerie comme un sujet de droits, et impose à l’État de lui accorder une protection spéciale. Il souligne l’importance de la paysannerie dans la construction territoriale, la souveraineté alimentaire et la diversité culturelle. C’est sur cette base que la Cour affirme que les personnes déplacées pour des raisons environnementales, lorsqu’elles sont paysannes, doivent bénéficier d’une protection renforcée.</p>



<p>Même si l’UNDROP n’est pas mentionnée explicitement dans la décision, son influence est manifeste. C’est en effet cette Déclaration qui a servi de référence pour la réforme de l’article 64. L’UNDROP reconnaît des droits spécifiques aux paysan.nes, tels que le droit à la terre, à un environnement sain, à la participation politique.&nbsp; Elle insiste également sur la nécessité d’un traitement différencié pour les populations rurales en situation de vulnérabilité. Concernant les déplacements forcés, l’UNDROP consacre des dispositions spécifiques pour protéger les paysan.nes contre cette pratique&nbsp;:</p>



<p>Article 12.5 (<a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/rights/xii-acces-a-la-justice/">droit à la justice</a>) : <em>Les États mettront à la disposition des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales des mécanismes efficaces de prévention et de réparation de tout acte ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à leurs droits de l’homme, de les déposséder arbitrairement de leurs terres et de leurs ressources naturelles ou de les priver de leurs moyens de subsistance et de leur intégrité, ainsi que de toute forme de sédentarisation forcée ou de déplacement de population forcé.</em></p>



<p>Article 17.4 (<a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/rights/xvii-droit-a-la-terre-et-aux-autres-ressources-naturelles/">droit à la terre</a>) : <em>Les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales ont le droit d’être protégés contre tout déplacement arbitraire et illégal les éloignant de leur lieu de résidence habituelle et de leurs terres ou d’autres ressources naturelles qu’ils utilisent dans leurs activités et dont ils ont besoin pour jouir de conditions de vie adéquates. Les États intégreront dans leur législation des mesures de protection contre le déplacement qui soient conformes au droit international des droits de l ’homme et au droit international humanitaire. Les États interdiront l’expulsion forcée arbitraire et illégale, la destruction de zones agricoles et la confiscation ou l ’expropriation de terres et d’autres ressources naturelles, y compris comme mesure punitive ou comme méthode ou moyen de guerre.</em></p>



<p>Article 24.3 (<a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/rights/xxiv-droit-a-un-logement-adequat/">droit au logement</a>) : <em>Les États ne déplaceront pas arbitrairement ou illégalement de paysans ou d’autres personnes travaillant dans les zones rurales de leur foyer ou des terres qu’ils occupent contre leur gré, que ce soit à titre permanent ou temporaire, sans leur assurer des formes appropriées de protection juridique ou autre, ou l ’accès à celle-ci. Si l’expulsion est inévitable, l’État pourvoira ou veillera à l’indemnisation juste et équitable de toute perte matérielle ou autre.</em></p>



<p>La décision de la Cour montre ainsi que l’UNDROP peut produire des effets concrets à travers le droit interne. En inspirant la Constitution colombienne, elle a permis de créer un fondement juridique solide sur lequel la Cour peut désormais s’appuyer pour protéger les paysan.nes. Elle a notamment permis d’élargir la notion de déplacement interne à d’autres causes que le conflit armé, en intégrant les impacts des catastrophes naturelles.</p>



<p>Dans sa décision, la Cour appelle également les autorités à élaborer une politique publique spécifique pour répondre aux situations de déplacement environnemental. Elle insiste sur l’importance de prendre en compte les réalités propres aux zones rurales et aux populations paysannes, qui cumulent souvent plusieurs formes de vulnérabilité.</p>



<p>En définitive, la décision T-123/24 ouvre la voie à une application plus large des droits paysans en Colombie. Par l’influence de l’UNDROP – qui a été mobilisée par le mouvement paysan colombien auprès de leurs institutions nationales – les paysan.nes colombien.nes bénéficient désormais d’une reconnaissance accrue de leurs droits, notamment face aux effets du changement climatique et à l’insuffisance des réponses institutionnelles. Cette jurisprudence pourrait ainsi constituer un précédent important pour la consolidation d’une justice sociale et environnementale en milieu rural, dont les systèmes judiciaires d’autres pays membres de l’ONU devraient pouvoir s’inspirer.</p>



<p>Pour plus d’informations sur les droits des paysan.nes en Colombie, vous pouvez consulter notre <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/colombie-reconnaissance-des-paysan-nes-comme-sujets-de-droits-interview-de-martha-elena-huertas-moya/">article sur la reconnaissance des paysan.nes dans la Constitution colombienne</a>.</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/colombie-decision-de-la-justice-constitutionnelle-protege-les-paysan-nes-deplace-es-par-les-catastrophes-naturelles/">Colombie : Décision de la justice constitutionnelle protège les paysan.nes déplacé.es par les catastrophes naturelles</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Colombie : Reconnaissance des paysan.nes dans la Constitution &#8211; Interview de Martha Elena Huertas Moya</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/colombie-reconnaissance-des-paysan-nes-comme-sujets-de-droits-interview-de-martha-elena-huertas-moya/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Apr 2025 12:42:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lois et politiques nationales]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[National]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://defendingpeasantsrights.org/?p=14539</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le 5 juillet 2023, la Colombie a réformé sa Constitution politique et tout particulièrement son article 64. L&#8217;article 64 posait, depuis 1991, le devoir pour l’État d&#8217;aider l&#8217;accès des travailleur.euses agricoles à la propriété de la terre, ainsi qu&#8217;à une série de droits permettant un meilleur niveau de vie. Ce devoir reste bien dans la...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/colombie-reconnaissance-des-paysan-nes-comme-sujets-de-droits-interview-de-martha-elena-huertas-moya/">Colombie : Reconnaissance des paysan.nes dans la Constitution &#8211; Interview de Martha Elena Huertas Moya</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 5 juillet 2023, la Colombie a réformé sa Constitution politique et tout particulièrement son article 64. L&rsquo;article 64 posait, depuis 1991, le devoir pour l’État d&rsquo;aider l&rsquo;accès des travailleur.euses agricoles à la propriété de la terre, ainsi qu&rsquo;à une série de droits permettant un meilleur niveau de vie. Ce devoir reste bien dans la nouvelle version de l&rsquo;article, s&rsquo;y ajoute à présent la reconnaissance de la paysannerie et des paysan.nes comme des sujets de droits spécifiques. L&rsquo;article leur reconnait une identité particulière, attaché à leur relation à la terre et au territoire, de cela découle un statut spécifique en tant que sujet politique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>La paysannerie est un sujet de droits et de protection spéciale, elle a une relation particulière avec la terre fondée sur la production alimentaire comme garantie de la souveraineté alimentaire, ses formes de territorialité paysanne, ses conditions géographiques, démographiques, organisationnelles et culturelles qui la distinguent des autres groupes sociaux.</em></p>
<cite>Article 64 §2 de la Constitution de la Colombie.</cite></blockquote>



<p>Cette reconnaissance est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une lutte de longue haleine de la part des paysan.nes et de leurs organisations representatives. Pour bien comprendre l&rsquo;importance de ce changement dans la Constitution, comment il a été obtenu, le rôle de l&rsquo;UNDROP dans ce nouvel acquis et les étapes à venir, nous avons interviewé  Martha Elena Huertas Moya de l&rsquo;organisation paysanne FENACOA. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="472" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/04/photo-martha-1024x472.jpg" alt="" class="wp-image-15723" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/04/photo-martha-1024x472.jpg 1024w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/04/photo-martha-300x138.jpg 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/04/photo-martha-768x354.jpg 768w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/04/photo-martha-1536x708.jpg 1536w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/04/photo-martha-1320x609.jpg 1320w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2025/04/photo-martha.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h5 class="wp-block-heading">Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre organisation ? </h5>



<p>Je suis Martha Elena Huertas Moya, une paysanne née dans la campagne de Bogota, j’entretiens toujours des liens avec ma communauté. Je suis membre de la Federación Nacional de Cooperativas Agropecuarias (FENACOA), depuis sa création il y a 40 ans, en tant qu&rsquo;éducatrice et, au cours de la dernière décennie, en tant que membre du conseil d&rsquo;administration.</p>



<p>La FENACOA, regroupe des coopératives et des associations d&rsquo;économie sociale et communautaire et cela dans plusieurs régions du pays, telles que Guaviare, Meta, Cundinamarca, Tolima, Cauca et Caldas.</p>



<p>Nous sommes une organisation qui n&rsquo;a pas encore été reconnue comme victime de la violence sociopolitique et du conflit social et armé en Colombie. Dans les années 1990, deux de nos dirigeants et des leaders de beaucoup de nos organisations ont été assassinés, une autre partie de la direction a été emprisonnée, des leaders et des associés ont été menacés et exilés.<br><br>Nous sommes également une organisation membre de la CLOC LVC, depuis le tout début, et membre de plusieurs plateformes de lutte pour une réforme agraire globale en Colombie.</p>



<p>Notre objectif principal en tant que secteur coopératif agricole, et en particulier dans le contexte actuel du gouvernement avec son plan de développement «&nbsp;puissance mondiale de la vie&nbsp;», est de contribuer à la réactivation économique du pays dans le secteur primaire, de contribuer aux transitions agro-écologique et énergétique et aux transformations sociales et politiques nécessaires au plein exercice des droits de la paysannerie. Cette dernière a d&rsquo;ailleurs été reconnue comme un sujet de protection spéciale grâce à la lutte mondiale menée par le mouvement Via Campesina.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous parler de la situation des droits des paysan.nes en Colombie, en particulier après l&rsquo;élection du Président Gustavo Petro en 2022 ?</strong></h5>



<p>Le président Petro et son programme de gouvernement représentent pour la paysannerie colombienne l&rsquo;opportunité de&nbsp;:<br>a) être reconnue dans la Constitution comme sujet politique de droit, avec une protection spéciale, afin d&rsquo;accéder à l&rsquo;exercice des droits inscrits dans l’UNDROP.<br>b) reprendre l&rsquo;application de l&rsquo;accord de paix, qui prévoyait entre autres la mise en œuvre de la réforme rurale intégrale, par le biais d&rsquo;objectifs concrets tels que l&rsquo;achat de 3 000 000 d&rsquo;hectares de terres pour l&rsquo;adjudication, la formalisation, la restitution et la réparation pour la paysannerie.<br>c) réaliser les transformations sociales et politiques nécessaires pour que la paysannerie et les travailleurs ruraux puissent mener une vie digne.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous constaté des progrès, par exemple en matière de réforme agraire ?</strong></h5>



<p>Les changements et progrès constatés depuis l’entrée en fonction de l&rsquo;administration de Gustavo Petro sont clairement observables, non seulement en termes de mesures juridiques et constitutionnelles (cadres normatifs et réglementaires, lois, décrets, résolutions, etc.), mais aussi en termes de proposition de réforme de la loi agraire. Sans surprise, ces dernières sont entravées et refusées au Congrès de la République par la majorité parlementaire, représentative des intérêts latifundistes. Malgré ces obstacles, des actions politiques importantes sont mises en œuvre pour la première fois, telles que des transferts massifs de terres, le financement de projets productifs, la reconnaissance de territoires paysans. Il faut également souligner que ces initiatives sont prises sous le prisme du respect de l&rsquo;environnement et des droits de la nature, éléments centraux face aux crises climatiques actuelles.<br><br>En outre, toutes les organisations de la paysannerie se sont rassemblées pour former l<a href="https://www.dejusticia.org/wp-content/uploads/2022/07/Agenda-Nacional-Campesina-de-Colombia-14-de-julio-2022.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">’Agenda national paysan</a>. Cette formation s’est mobilisée pour porter des objectifs et propositions communes, mobilisations qui ont mené à la signature d’un <a href="https://www.minagricultura.gov.co/noticias/Paginas/Se-firma-acuerdo-con-la-Agenda-Nacional-Campesina-estos-son-los-puntos-fundamentales-para-acelerar-la-Reforma-Agraria.aspx/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accord</a> avec le gouvernement. L’accord signé en Juillet 2024 porte sur la mise en œuvre de la réforme agraire, le développement rural, la réactivation économique, les projets productifs, la substitution de la culture de la coca et autres.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les organisations paysannes réclament une « réforme agraire intégrale et populaire ». Qu&rsquo;est-ce que cela signifie pour vous par rapport à la réforme agraire « classique » ?</strong></h5>



<p>La réforme agraire est le concept le plus large et le plus significatif pour la paysannerie. Il s&rsquo;agit d&rsquo;avoir accès à la terre, à la propriété de cette terre, dans un pays où la propriété et la jouissance de la terre sont détenues par de grands propriétaires terriens et par des corporations de producteurs d&rsquo;aliments agro-industriels. La Colombie est un pays où la (contre)réforme agraire la plus efficace a été menée par les grands propriétaires terriens et les trafiquants de drogue à travers une stratégie de dépossession des paysans de leurs terres par le biais d’expulsions et d&rsquo;autres pratiques d&rsquo;occupation des terres et territoires paysans, avec le soutien critique des gangs paramilitaires.</p>



<p>Pour la paysannerie, la réforme agraire est intégrale dans la mesure où elle garantit les conditions matérielles et immatérielles nécessaires au développement de ses projets de vie, conformément à ses caractéristiques culturelles et sociales. Cet objectif s&rsquo;inscrit dans la perspective de pouvoir produire, transformer et commercialiser des aliments pour l&rsquo;autoconsommation et l&rsquo;approvisionnement alimentaire de l&rsquo;ensemble de la population.</p>



<p>La réforme intégrale se réfère donc à tous ces changements et transformations structurels (modèle économique, modèle de production agricole, modèle du système de protection sociale) afin de rendre à la paysannerie l&rsquo;autonomie et la souveraineté de produire des aliments à partir des postulats de l&rsquo;agriculture biologique et écologique. Cela inclut aussi, bien sûr, la gestion de leurs semences et la production de tous les intrants biologiques nécessaires. En conclusion, la réforme doit être intégrale dans le sens de la garantie des droits fondamentaux tels que le droit à la vie, à l&rsquo;éducation, à la santé, à la protection sociale, etc.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous expliquer l&rsquo;importance de l&rsquo;inclusion des paysan.nes en tant que sujet de droits dans la Constitution ?</strong></h5>



<p><strong>Nouvel article 64 de la Constitution :</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Il est du devoir de l&rsquo;État de promouvoir l&rsquo;accès progressif à la propriété foncière des paysans et des travailleurs agricoles, individuellement ou en association.</em></p>



<p><em>La paysannerie est un sujet de droits et de protection spéciale, elle a une relation particulière avec la terre basée sur la production alimentaire comme garantie de la souveraineté alimentaire, ses formes de territorialité paysanne, ses conditions géographiques, démographiques, organisationnelles et culturelles qui la distinguent des autres groupes sociaux.</em></p>



<p><em>L&rsquo;État reconnaît la dimension économique, sociale, culturelle, politique et environnementale de la paysannerie, ainsi que celles qui sont reconnues, et assure la protection, le respect et la garantie de ses droits individuels et collectifs, dans le but d&rsquo;atteindre l&rsquo;égalité matérielle selon une approche de genre, d&rsquo;âge et de territoire, l&rsquo;accès aux biens et aux droits tels que l&rsquo;éducation de qualité et pertinente, le logement, la santé, les services publics, les routes tertiaires, la terre, le territoire, un environnement sain, l&rsquo;accès et l&rsquo;échange de semences, les ressources naturelles et la biodiversité, l&rsquo;eau, le renforcement de la participation, la connectivité numérique, l&rsquo;amélioration des infrastructures rurales, la vulgarisation agricole et commerciale, l&rsquo;assistance technique et technologique pour générer de la valeur ajoutée et les moyens de commercialiser leurs produits.</em></p>



<p><em>Les paysans sont libres et égaux à tous les autres peuples et ont le droit de ne faire l&rsquo;objet d&rsquo;aucune forme de discrimination dans l&rsquo;exercice de leurs droits, en particulier ceux qui sont fondés sur leur situation économique, sociale, culturelle et politique.</em>« </p>
</blockquote>



<p>En 1991, la nouvelle Constitution avait apporté des changements significatifs pour garantir un État social et de droit – après des décennies de violences et de fermeture démocratique. À partir de là, les principales libertés démocratiques ont enfin été possibles, entamant un long processus vers la justice sociale dans un pays présentant un taux d&rsquo;inégalité sociale parmi les plus élevés, la plus forte concentration de propriété foncière et des indicateurs alarmants de crise humanitaire.</p>



<p>La Constitution de 1991 reconnaît les droits des peuples indigènes et des populations afro-<br>descendantes, des Roms et des Palenqueros, ainsi que les droits des minorités ethniques. Cependant, la paysannerie en était malheureusement exclue. Dans les territoires, ce manque de reconnaissance a eu un impact sérieux sur l&rsquo;exercice des droits culturels, sociaux, économiques et politiques de la paysannerie, en particulier en tant que secteur subordonné, exploité et marginalisé par le classisme et racisme structurels. Le fait d&rsquo;être reconnus comme des sujets de protection spéciale nous a également placés sur un pied d&rsquo;égalité pour être une autre minorité ayant des droits, et ce sont ces ajustements qui sont en train d&rsquo;être harmonisés au sein de la politique publique.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Quelles ont été les clés de ce changement et, plus généralement, de la mise en œuvre des droits des paysans ?</strong></h5>



<p>Pour la FENACOA, cette reconnaissance est due à plusieurs facteurs :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>L&rsquo;inscription des points non respectés de l&rsquo;accord de La Havane à l&rsquo;ordre du jour public de l&rsquo;État (au-delà du gouvernement).</li>



<li>Avoir participé activement au mouvement social qui a mené à l’élection de ce gouvernement de changement</li>



<li>Être considéré comme le plus grand secteur social ayant une dette politique importante, ainsi que comme la principale victime de la violence sociopolitique et du conflit social et armé. Avoir cette dette en suspens est nécessaire dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme agraire intégrale.</li>



<li>Avoir un impact dans les espaces publics, sociaux et communautaires avec la Déclaration des droits des paysans.</li>



<li>Avoir une accumulation de luttes pour la réforme agraire intégrale.</li>
</ol>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Maintenant que vous avez obtenu ce changement, quelles sont, selon vous, les prochaines étapes à franchir pour mettre en œuvre l&rsquo;UNDROP au niveau national ?</strong></h5>



<p>La droite politique colombienne a installé des magistrats, des membres du congrès et des fonctionnaires qui, pendant des décennies, ont empêché et continuent d&#8217;empêcher les changements en faveur de la paysannerie colombienne. À l&rsquo;heure actuelle, ces hauts fonctionnaires sont en première ligne pour bloquer les avancées significatives de la politique agraire.</p>



<p>Nous rencontrons des difficultés au niveau des hautes juridictions (pouvoir judiciaire), et en particulier de la Cour constitutionnelle, qui est en train de réviser, sous pression de la droite latifundiste au Congrès, les articles sur les droits des paysans, dans un défi ouvert et clair au gouvernement de Petro . L&rsquo;objectif est de bloquer le plein exercice des droits reconnus. Face à cela, nous devons mener une mobilisation sociale et politique permanente pour empêcher le recul de ces droits et pour garantir que des progrès soient réalisés dans la mise en œuvre de la Déclaration.</p>



<p>Un deuxième scénario concerne la Cour suprême de justice, où les représentants des grands propriétaires terriens exigent la révision de la juridiction agraire par cette cour, afin qu&rsquo;il y ait des juges agraires pour régler directement les conflits. Il s&rsquo;agit une fois de plus d&rsquo;une manœuvre de la droite latifundiste pour empêcher les paysans de résoudre directement les différents conflits qu&rsquo;ils peuvent avoir au sujet de la terre, des titres, des servitudes, des litiges sur l&rsquo;eau, des litiges sur les frontières, entre autres.<br><br>Certaines organisations de la CLOC-LVC Colombie viennent de lancer une large mobilisation sociale afin de soutenir l’organisation l&rsquo;Agenda national des paysans, au sein de laquelle un accord pour avancer dans la mise en œuvre et exécution des droits des paysans a été signé.</p>



<p>La pleine jouissance des droits des paysans et des travailleurs ruraux nécessite des changements structurels, et cela continuera d&rsquo;être la lutte de la paysannerie et d&rsquo;autres organisations sociales et populaires. Nous rappelons que le capitalisme néolibéral retarde toute tentative démocratique et sociale en Amérique latine.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Quels sont les principaux défis à relever en termes de promotion des droits des paysans et de la souveraineté alimentaire?</strong></h5>



<p>À court terme, les principaux défis auxquels est confronté le gouvernement national sont les suivants :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Premièrement, mettre en place une commission mixte, qui sera le mécanisme de consultation permanente entre l&rsquo;État et la paysannerie colombienne, ce qui est nécessaire pour harmoniser les politiques publiques et les structures administratives gouvernementales afin de veiller à la mise en œuvre de la réforme rurale intégrale.</li>



<li>Deuxièmement, exécuter le programme du gouvernement qui répond aux besoins, aux demandes et aux attentes du secteur paysan, ce qui implique de respecter les accords passés par les gouvernements précédents.</li>
</ul>



<p>A moyen terme :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place l&rsquo;ensemble du système interinstitutionnel pour faire face aux transformations requises par la mise en œuvre de la réforme rurale globale.</li>



<li>Créer les conditions pour mettre les avancées actuelles à l&rsquo;abri d&rsquo;autres gouvernements qui pourraient tenter de saper tous ces changements et transformations.</li>
</ul>



<p>Il est également nécessaire de souligner les défis auxquels est confronté le mouvement paysan. En particulier, la consolidation et le dialogue nécessaires entre les différentes organisations paysannes, ainsi qu&rsquo;au niveau de la gestion et de l&rsquo;exécution des projets productifs, de la transformation, de la commercialisation, etc. de l&rsquo;économie paysanne, sociale, solidaire et communautaire.</p>



<p>Ce défi de la consolidation implique également des stratégies et des relations d&rsquo;alliance avec d&rsquo;autres secteurs, avec des processus sociaux, communautaires et de consommation, en assurant une articulation permanente avec tous les secteurs sociaux du pays, afin de contribuer au renforcement de la base sociale qui contribue aux changements et aux transformations politiques dont le pays a besoin.</p>



<p></p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/colombie-reconnaissance-des-paysan-nes-comme-sujets-de-droits-interview-de-martha-elena-huertas-moya/">Colombie : Reconnaissance des paysan.nes dans la Constitution &#8211; Interview de Martha Elena Huertas Moya</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
