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	<title>Publications archivos - Defending Peasants&#039; Rights</title>
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	<title>Publications archivos - Defending Peasants&#039; Rights</title>
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		<title>La centralité croissante de l&#8217;UNDROP dans la gouvernance internationale des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Raffaele Morgantini (CETIM)]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 16:03:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Défendre les droits des paysan.ne.s a le plaisir de republier, en français, l’article de Raffaele Morgantini, initialement publié en anglais par le South Centre dans la revue SouthViews, no 312, le 27 août 2026. La Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) s&#8217;impose...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/la-centralite-croissante-de-lundrop-dans-la-gouvernance-internationale-des-droits-des-paysans-et-des-autres-personnes-travaillant-dans-les-zones-rurales/">La centralité croissante de l&rsquo;UNDROP dans la gouvernance internationale des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
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<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background wp-block-paragraph"><em>Défendre les droits des paysan.ne.s</em> a le plaisir de republier, en français, l’article de Raffaele Morgantini, initialement publié en anglais par le <a href="https://www.southcentre.int/southviews-no-312-27-august-2026/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">South Centre</a> dans la revue <em>SouthViews</em>, no 312, le 27 août 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) s&rsquo;impose de plus en plus comme un outil normatif et politique essentiel pour transformer les systèmes alimentaires et agricoles, en particulier dans les pays du Sud. Dans un contexte marqué par une concentration croissante des corporations industrielles, la marchandisation et les dépendances extérieures, l&rsquo;UNDROP offre un cadre permettant de renforcer les droits des paysans, la souveraineté alimentaire et le contrôle démocratique sur le développement rural.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Son influence croissante résulte à la fois de son appropriation par la base, au sein des organisations paysannes et rurales, et de son intégration progressive dans les cadres juridiques internationaux et nationaux. Les mécanismes des droits de l&rsquo;homme des Nations unies, les tribunaux, les assemblées législatives et les institutions publiques s&rsquo;appuient de plus en plus sur l&rsquo;UNDROP pour interpréter les droits et élaborer des politiques concernant la terre, les semences, l&rsquo;alimentation, la santé, le climat et les moyens de subsistance ruraux. Les évolutions récentes dans des pays tels que le Honduras, la Colombie, le Kenya, l&rsquo;Équateur et le Brésil illustrent cette évolution vers une mise en œuvre concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays du Sud, l&rsquo;UNDROP offre une opportunité stratégique de renforcer la souveraineté alimentaire et agricole, de soutenir les voies agroécologiques, de protéger la biodiversité et les pratiques traditionnelles, et de réduire la dépendance vis-à-vis des marchés mondiaux concentrés. Sa mise en œuvre effective nécessite une mobilisation politique soutenue, un engagement institutionnel et une coopération accrue entre les États, les organismes de défense des droits de l&rsquo;homme, les praticiens du droit et les titulaires de droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la conjoncture internationale actuelle, marquée par une crise systémique et multidimensionnelle, les systèmes alimentaires et agricoles sont devenus des arènes stratégiques où les acteurs économiques dominants (les sociétés transnationales, le secteur de l&rsquo;agro-industrie et les agents financiers), tirant parti d&rsquo;une architecture juridique internationale asymétrique régissant le commerce et la propriété intellectuelle, poursuivent des stratégies visant à consolider leur influence et leur contrôle sur les chaînes alimentaires. Ces stratégies ont pour objectif premier de garantir l&rsquo;accès aux ressources et aux marchés dans un cadre plus large de marchandisation généralisée et de maximisation des profits commerciaux. Au sein de ce paysage international complexe, il existe cependant d&rsquo;importantes raisons de faire preuve d&rsquo;un optimisme prudent. Notamment, une tendance perceptible et croissante indique la consolidation progressive de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) en tant que référence normative clé aux niveaux national et international. Bien que les défis liés à sa mise en œuvre intégrale et effective demeurent considérables, il est tout aussi évident que l&rsquo;UNDROP devient un point d&rsquo;ancrage crucial pour les décisions, les lois, les politiques publiques, les débats, et même les négociations au sein de divers mécanismes et espaces multilatéraux. Cette pertinence croissante n&rsquo;est pas fortuite ; elle est le résultat d&rsquo;un processus dynamique de socialisation, de promotion et de renforcement des capacités qui va au-delà de l&rsquo;approbation formelle, transformant la Déclaration en un outil vivant pour faire progresser les droits qu&rsquo;elle consacre.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Appropriation sociale et légitimité ascendante</h5>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des principaux moteurs de ces progrès est le processus d&rsquo;appropriation de l&rsquo;UNDROP par ses propres titulaires de droits. Cela a renforcé sa légitimité et garanti que la Déclaration fonctionne à la fois comme un levier juridique et politique pour revendiquer des droits, surveiller des situations et engager un dialogue constructif avec les autorités publiques afin d&rsquo;orienter les lois nationales et les politiques publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d&rsquo;être un instrument abstrait, l&rsquo;UNDROP est activement utilisée par les communautés paysannes et les organisations rurales comme un cadre normatif pour structurer leurs revendications et leurs stratégies. Cette dynamique renforce son caractère transformateur et sa capacité à influencer des réalités concrètes et des cadres institutionnels. Ainsi, les droits de l&rsquo;homme cessent d&rsquo;être des notions abstraites pour devenir des outils d&rsquo;action pratiques, ancrés dans les réalités vécues, les connaissances et les formes collectives d&rsquo;organisation des communautés.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Le rôle des mécanismes et organes internationaux de protection des droits de l&rsquo;homme</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le Groupe de travail des Nations unies d&rsquo;experts sur l&rsquo;UNDROP a joué un rôle central dans la promotion de la Déclaration, ainsi que dans la clarification et l&rsquo;avancement de sa mise en œuvre. Par le dialogue avec les États et d&rsquo;autres acteurs, l&rsquo;élaboration de directives d&rsquo;interprétation et la diffusion de son discours dans les espaces multilatéraux pertinents, ce mécanisme de l&rsquo;ONU a considérablement contribué à positionner la Déclaration au sein du système international des droits de l&rsquo;homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du Groupe de travail d&rsquo;experts, plusieurs mécanismes des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU ont contribué à renforcer l&rsquo;interprétation et la visibilité de l&rsquo;UNDROP. Par exemple, les Rapporteurs spéciaux sur le droit à l&rsquo;alimentation ont joué un rôle clé dans l&rsquo;intégration des principes de la Déclaration aux débats plus vastes sur les systèmes alimentaires, en mettant l&rsquo;accent sur les droits à la terre, aux semences et à la souveraineté alimentaire (voir : <a href="https://www.ohchr.org/en/special-procedures/sr-food/annual-thematic-reports">https://www.ohchr.org/en/special-procedures/sr-food/annual-thematic-reports</a>). De même, le Rapporteur spécial sur les droits de l&rsquo;homme et l&rsquo;environnement a souligné la pertinence de l&rsquo;UNDROP dans le contexte du changement climatique et de la protection de l&rsquo;environnement, renforçant le rôle des paysans, des petits pêcheurs, des pasteurs, des communautés nomades et des peuples autochtones en tant que gardiens des ressources naturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organes de traités ont également fait progresser ce processus. En particulier, l&rsquo;Observation générale numéro 26 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels sur les terres reflète les principes fondamentaux de l&rsquo;UNDROP, notamment l&rsquo;accès sécurisé et équitable à la terre ainsi que la reconnaissance des systèmes fonciers coutumiers (voir : <a href="https://www.ohchr.org/en/documents/general-comments-and-recommendations/ec12gc26-general-comment-no-26-2022-land-and">https://www.ohchr.org/en/documents/general-comments-and-recommendations/ec12gc26-general-comment-no-26-2022-land-and</a>). Plus largement, les observations finales abordent de plus en plus les questions centrales de la Déclaration, contribuant à sa consolidation normative au sein du système international des droits de l&rsquo;homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière, le travail du Comité pour l&rsquo;élimination de la discrimination à l&rsquo;égard des femmes (CEDAW) illustre une évolution progressive vers une convergence entre les droits des femmes et les droits des femmes rurales. Bien que la Recommandation générale numéro 34 sur les femmes rurales (2016) ait précédé l&rsquo;adoption de l&rsquo;UNDROP en 2018, elle anticipe largement ses préoccupations en mettant l&rsquo;accent sur les droits fonciers, l&rsquo;accès aux ressources naturelles et la sécurité alimentaire des femmes rurales. Depuis l&rsquo;adoption de l&rsquo;UNDROP, le CEDAW s&rsquo;appuie de plus en plus sur cet instrument dans ses observations finales adressées aux États. Dans ces cas, l&rsquo;UNDROP sert de cadre interprétatif complémentaire pour renforcer les obligations des États en matière de non-discrimination, particulièrement en ce qui concerne l&rsquo;accès des femmes rurales à la terre, aux moyens de subsistance et à la participation aux processus de prise de décision. Ainsi, l&rsquo;UNDROP s&rsquo;intègre progressivement dans la pratique du CEDAW en tant qu&rsquo;instrument de référence, contribuant à une compréhension élargie des droits des femmes rurales.</p>



<h5 class="wp-block-heading">De la rhétorique à la pratique : évolutions jurisprudentielles et législatives</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Un nombre croissant d&rsquo;États reconnaissent la valeur de l&rsquo;UNDROP en tant qu&rsquo;outil pratique pour protéger les populations rurales et remplir leurs obligations en matière de droits de l&rsquo;homme. Cette ouverture croissante crée des conditions favorables à son intégration progressive dans les cadres juridiques et les politiques publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Développements jurisprudentiels</strong> </em><br>La consolidation de l&rsquo;UNDROP se reflète dans des développements jurisprudentiels concrets à travers différents pays. Les tribunaux utilisent de plus en plus la Déclaration comme source normative légitime pour interpréter la législation nationale et appuyer les décisions judiciaires. Ces pratiques institutionnelles positives démontrent comment l&rsquo;appareil d&rsquo;État dans son ensemble aligne ses cadres nationaux sur les normes internationales des droits de l&rsquo;homme pour protéger les droits des paysans, l&rsquo;alimentation, la biodiversité, la santé (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/home/">https://defendingpeasantsrights.org/en/home/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décision de 2018 de la Cour suprême du Honduras représente une référence à cet égard. En déclarant inconstitutionnelle la loi dite « Monsanto », la Cour s&rsquo;est explicitement appuyée sur l&rsquo;article 19 de l&rsquo;UNDROP (le droit aux semences), affirmant que les systèmes semenciers paysans sont protégés par les normes internationales des droits de l&rsquo;homme. La décision a souligné que la criminalisation de la conservation et de l&rsquo;échange de semences porte atteinte tant aux pratiques culturelles qu&rsquo;à la souveraineté alimentaire, marquant l&rsquo;une des premières applications judiciaires directes de la Déclaration (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/honduras-supreme-court-uses-undrop-article-19-on-the-right-to-seeds-to-declare-unconstitutional-the-monsanto-law/">https://defendingpeasantsrights.org/en/honduras-supreme-court-uses-undrop-article-19-on-the-right-to-seeds-to-declare-unconstitutional-the-monsanto-law/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance s&rsquo;est poursuivie et élargie. En 2020, la Cour interaméricaine des droits de l&rsquo;homme a commencé à articuler la complémentarité entre les droits des peuples autochtones et ceux des paysans en Argentine, signalant une évolution vers une compréhension plus inclusive des droits collectifs dans les contextes ruraux. Cette affaire marque un jalon majeur, car la Cour s&rsquo;est explicitement référée à la fois à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et à l&rsquo;UNDROP, établissant des ponts interprétatifs entre les deux cadres (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/inter-american-court-of-human-rights-first-case-law-on-the-links-between-the-declarations-on-the-rights-of-peasants-and-indigenous-peoples/">https://defendingpeasantsrights.org/en/inter-american-court-of-human-rights-first-case-law-on-the-links-between-the-declarations-on-the-rights-of-peasants-and-indigenous-peoples/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, en 2020, la Cour supérieure de justice de l&rsquo;Ontario s&rsquo;est appuyée sur l&rsquo;article 23 de la Déclaration (le droit à la santé) dans une affaire concernant des travailleurs agricoles migrants exposés à des conditions de vie insalubres pendant la pandémie de COVID-19. Fait significatif, la Cour a reconnu l&rsquo;UNDROP comme faisant partie du corpus plus large des normes relatives aux droits de l&rsquo;homme pouvant éclairer l&rsquo;interprétation du droit national, démontrant sa pertinence juridique même dans les États qui ne l&rsquo;ont pas soutenue (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/interview-of-jessie-macinnis/">https://defendingpeasantsrights.org/en/interview-of-jessie-macinnis/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Colombie, la Cour constitutionnelle a innové en liant les droits des paysans au changement climatique et à la vulnérabilité environnementale. Dans une décision de 2025 concernant les paysans déplacés par des catastrophes naturelles, la Cour les a reconnus comme sujets d&rsquo;une protection constitutionnelle spéciale et a souligné l&rsquo;obligation de l&rsquo;État d&rsquo;adopter des mesures différenciées pour répondre à leurs vulnérabilités (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/colombia-constitutional-court-decision-protects-peasants-displaced-by-natural-disasters/">https://defendingpeasantsrights.org/en/colombia-constitutional-court-decision-protects-peasants-displaced-by-natural-disasters/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kenya, une décision historique de la Cour suprême en novembre 2025 a annulé les dispositions de la législation nationale sur les semences qui criminalisaient de fait les pratiques semencières traditionnelles. La Cour a estimé que ces mesures violaient les protections constitutionnelles et étaient incompatibles avec les normes internationales, y compris l&rsquo;UNDROP, en reconnaissant les systèmes semenciers paysans comme des éléments à part entière de l&rsquo;identité culturelle, de la biodiversité et de la résilience (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/landmark-victory-for-kenyan-peasants-and-seed-sovereignty/">https://defendingpeasantsrights.org/en/landmark-victory-for-kenyan-peasants-and-seed-sovereignty/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Innovations législatives et politiques publiques</strong> <br>Dans ce domaine, l&rsquo;UNDROP sert de plus en plus de référence pour l&rsquo;élaboration de cadres juridiques novateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Colombie, la réforme constitutionnelle de l&rsquo;article 64 en juillet 2023 représente une étape historique. La réforme va plus loin que l&rsquo;obligation de soutenir l&rsquo;accès à la terre en reconnaissant explicitement les paysans comme des sujets de droits et de protection spéciale. Elle affirme leur identité distincte, enracinée dans leur relation à la terre, à la production alimentaire et à la territorialité, et les reconnaît comme des sujets politiques, créant un mandat constitutionnel pour aligner les lois sur l&rsquo;UNDROP (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/colombia-recognition-of-peasants-as-subjects-of-rights-interview-with-martha-elena-huertas-moya/">https://defendingpeasantsrights.org/en/colombia-recognition-of-peasants-as-subjects-of-rights-interview-with-martha-elena-huertas-moya/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Équateur, la ratification de l&rsquo;UNDROP par l&rsquo;Assemblée nationale en 2023 a renforcé son rôle en tant que cadre directeur pour les processus législatifs, facilitant l&rsquo;intégration des droits des paysans dans l&rsquo;ensemble des politiques publiques (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/ecuadorian-peasants-win-ratification-of-undrop-by-their-legislative-assembly/">https://defendingpeasantsrights.org/en/ecuadorian-peasants-win-ratification-of-undrop-by-their-legislative-assembly/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Brésil, le Conseil national des droits de l&rsquo;homme a adopté en 2025 une résolution reconnaissant l&rsquo;UNDROP comme une norme clé pour la protection des populations rurales, appelant à sa mise en œuvre transversale dans l&rsquo;ensemble des politiques publiques (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/brazil-national-council-for-human-rights-adopts-key-regulation-to-advance-the-implementation-of-undrop/">https://defendingpeasantsrights.org/en/brazil-national-council-for-human-rights-adopts-key-regulation-to-advance-the-implementation-of-undrop/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Cuba, diverses initiatives traduisent un effort systématique pour convertir les dispositions de la Déclaration en politiques publiques concrètes (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/report-on-the-promotion-and-implementation-of-the-undrop-in-cuba/">https://defendingpeasantsrights.org/en/report-on-the-promotion-and-implementation-of-the-undrop-in-cuba/</a>). Des processus similaires émergent également dans des pays tels que le Népal, l&rsquo;Indonésie, le Niger, le Congo et le Sénégal.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Une opportunité stratégique pour les pays du Sud</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Ces développements montrent que l&rsquo;UNDROP s&rsquo;impose comme une référence de plus en plus influente dans la gouvernance des droits ruraux et agraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays du Sud, cette évolution représente une opportunité stratégique qui va au-delà de la simple conformité aux droits de l&rsquo;homme. En intégrant l&rsquo;UNDROP dans les cadres juridiques nationaux, les États peuvent renforcer la protection des systèmes alimentaires locaux et de la paysannerie, affirmant ainsi une plus grande souveraineté sur la production alimentaire et les chaînes de valeur agricoles. La promotion de l&rsquo;UNDROP comme principe directeur contribuera à réduire la vulnérabilité aux chocs mondiaux en élargissant la marge de manœuvre des politiques publiques nationales. L&rsquo;objectif est de mobiliser ce cadre pour faire progresser le Droit au développement, compris comme le droit des peuples à déterminer leurs propres systèmes ruraux de manière autodéterminée (voir : <a href="https://defendingpeasantsrights.org/en/the-right-to-development-a-leverage-for-food-sovereignty-and-the-un-declaration-on-the-rights-of-peasants-undrop/">https://defendingpeasantsrights.org/en/the-right-to-development-a-leverage-for-food-sovereignty-and-the-un-declaration-on-the-rights-of-peasants-undrop/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, l&rsquo;UNDROP offre un cadre cohérent pour promouvoir des voies de développement agroécologique plus équitables, en particulier grâce à ses dispositions sur le droit aux semences, à l&rsquo;environnement, à l&rsquo;eau et à la biodiversité. Soutenir les pratiques rurales à petite échelle constitue un levier stratégique pour promouvoir la protection de l&rsquo;environnement et encourager des réponses adaptatives à la crise climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de promouvoir les forums multilatéraux comme cadres de dialogue stratégique entre les États, les experts indépendants et les titulaires de droits. Une dynamique politique collective est nécessaire pour élever le statut politique de l&rsquo;UNDROP au niveau national, afin qu&rsquo;elle serve de base à l&rsquo;interprétation judiciaire et à l&rsquo;harmonisation de la législation nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, il est possible d&rsquo;établir des liens directs entre l&rsquo;UNDROP et les revendications historiques en faveur d&rsquo;un Nouvel ordre économique international (NOEI) et du droit au développement. La réalisation de ces droits nécessite de sauvegarder l&rsquo;espace politique des États du Sud afin qu&rsquo;ils puissent protéger leurs systèmes locaux contre les distorsions des exportations agricoles hautement subventionnées du Nord. Cet espace englobe la capacité de réglementer les importations, de fournir un soutien public, de maintenir des réserves et de mener des politiques de développement répondant aux priorités nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, l&rsquo;UNDROP peut être mobilisée non seulement comme un cadre juridique, mais aussi comme un levier présupposant un ordre économique international capable de rendre ces droits effectifs. De nombreuses contraintes structurelles identifiées par les partisans du NOEI continuent de façonner les conditions d&rsquo;exercice de ces droits. La mise en œuvre de l&rsquo;UNDROP soulève par conséquent des questions qui s&rsquo;étendent au-delà de la réforme juridique interne pour toucher l&rsquo;architecture dominante du commerce international, de l&rsquo;investissement et de la finance, sans quoi les droits consacrés risquent de rester de l&rsquo;ordre de l&rsquo;aspiration.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Conclusion</h5>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;UNDROP a dépassé le stade d&rsquo;instrument déclaratoire pour devenir un outil opérationnel à de multiples niveaux. Son utilisation croissante dans les tribunaux, la législation et les politiques publiques reflète un processus de socialisation et d&rsquo;institutionnalisation progressive qui redéfinit la place des droits des paysans au sein du droit international contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en œuvre de l&rsquo;UNDROP est, de par sa nature même, un processus profondément politique et collectif. C&rsquo;est par l&rsquo;interaction entre la participation populaire et le plaidoyer institutionnel que se forge un rapport de force favorable, nécessaire pour apporter des changements tangibles sur le terrain. Dans ce contexte, l&rsquo;UNDROP doit servir de boussole essentielle et de feuille de route collective en soutien aux efforts de démocratisation des systèmes alimentaires, à condition d&rsquo;être appropriée et activement défendue par les communautés elles-mêmes.</p>
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		<title>IARAA : L’intelligence artificielle au service de la paysannerie et de la souveraineté alimentaire au Brésil</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/iaraa-lintelligence-artificielle-au-service-de-la-paysannerie-et-de-la-souverainete-alimentaire-au-bresil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 16:36:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[National]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au Brésil, la Marche mondiale des femmes (MMF) et le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) ont uni leurs efforts à ceux de l’Association internationale pour la coopération populaire (Baobab) afin de développer un projet innovant d’intelligence artificielle destiné à promouvoir l’agroécologie et la réforme agraire en renforçant la souveraineté numérique populaire. L’IARAA (Intelligence...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Au Brésil, la Marche mondiale des femmes (MMF) et le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) ont uni leurs efforts à ceux de l’Association internationale pour la coopération populaire (Baobab) afin de développer un projet innovant d’intelligence artificielle destiné à promouvoir l’agroécologie et la réforme agraire en renforçant la souveraineté numérique populaire. L’IARAA (Intelligence artificielle pour la réforme agraire et l’agroécologie) a été lancée en mai 2026. Elle se présente comme un nouvel outil  conçu par et pour les mouvements sociaux directement engagés dans la lutte pour la terre et la production d’une alimentation saine au Brésil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence artificielle, contrôlée par les grands sociétés transnationales technologiques du Nord global, renforce les structures de pouvoir capitalistes et façonne l’agriculture mondiale. L’IARAA vise à réorienter cette technologie au service des peuples et des communautés rurales et ainsi briser le monopole technologique. Elle contribue ainsi à renforcer la souveraineté alimentaire et à bâtir des systèmes agricoles plus justes, démocratiques et durables, érigeant la technologie en véritable levier d’émancipation et de justice sociale pour la paysannerie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de mieux comprendre ce projet et d’inspirer les mouvements ruraux dans différentes régions du monde, la plateforme Défendre les droits des paysan.ne.s a réalisé l’entretien suivant avec des représentants des mouvements qui ont imaginé et développé cette initiative :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. Qu’est-ce que l’IARAA et comment cette initiative a-t-elle vu le jour au sein de la Marche mondiale des femmes et du MST ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IARAA, ou Intelligence artificielle au service de la réforme agraire et de l’agroécologie, est un outil créé par les mouvements populaires dans le but de démocratiser les connaissances agroécologiques et de renforcer la réforme agraire populaire. Elle est issue du « Cours sur l’intelligence artificielle pour les mouvements populaires du Sud », qui s’est tenu à Shanghai en juillet 2025. À cette occasion, outre une appropriation critique et technique des technologies liées à l’IA, des militantes issues de mouvements de différents pays ont pu se familiariser avec le modèle chinois de développement technologique. Cette expérience nous a amenées à réfléchir à la construction de la lutte pour la souveraineté technologique dans nos pays, et à créer des outils pour mener ce combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre du Brésil (MST) et la Marche mondiale des femmes (MMF) ont participé à l’élaboration de cette formation et, en collaboration avec l’Association internationale pour la coopération populaire (Baobab), ont décidé de créer l’IARAA afin qu’elle serve d’outil pour la généralisation de l’agroécologie, du féminisme populaire et de notre perspective sur la souveraineté technologique au Brésil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de constituer la base de connaissances qui alimente cet outil, nous avons réuni une équipe d’experts en agroécologie issus du MST et de la Marche mondiale des femmes, représentant toutes les régions du Brésil. Ce sont ces camarades qui ont défini les fondements conceptuels, politiques et techniques qui orientent les réponses de l’IARAA. Parallèlement, nous avons formé des militantes et militants issus de ces mêmes mouvements aux aspects les plus techniques du développement de l’IA, en particulier aux architectures de RAG qui sous-tendent l’outil. Nous ne voulions pas dépendre d’une équipe technique externe qui ne comprendrait pas le projet politique, mais plutôt former des militant·e·s qui saisissent cet enjeu politique dans toutes ses dimensions. Nous avons pu compter sur le soutien d’allié·e·s internationalistes ayant une plus grande expérience dans le développement d’outils de RAG, et cette collaboration a été fondamentale.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-5-1024x683.png" alt="" class="wp-image-27578" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-5-1024x683.png 1024w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-5-300x200.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-5-768x513.png 768w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png 1257w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Événement de lancement d’IARAA à São Paulo, le 16 mai 2026.<br>Crédit : Marche mondiale des femmes Brésil</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2. Comment définissez-vous le rôle de l’IARAA au sein de la stratégie plus large de la lutte populaire pour la souveraineté alimentaire ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IARAA n’est pas un outil isolé. Elle s’inscrit dans un projet stratégique plus vaste. Elle vient s’ajouter aux différentes formes de lutte qui visent à dépasser le modèle de l’agro-industrie. C’est un outil qui cherche à renforcer l’agroécologie sur le terrain, considérée par les mouvements comme une perspective stratégique de projet politique et de lutte contre la crise environnementale imposée par l’agro-industrie. Diffuser l’ensemble des connaissances agroécologiques constitue l’une des tâches fondamentales de cette bataille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agent IA « Semeadura » s’adresse à ceux qui sont sur le terrain et ont besoin d’une orientation pratique et rapide. Le profil IA « Mutirão » va plus loin : il a été développé pour aider les techniciens, les dirigeants et les éducateurs populaires à organiser des processus participatifs et de formation de base, constituant ainsi un outil de soutien non seulement à la production, mais aussi à l’organisation populaire elle-même sur le terrain. Quant a l’outil IA « Quintal Produtivo », il offre une approche différenciée permettant d’aborder en profondeur les concepts, les débats théoriques et les fondements politiques de l’agroécologie, servant ainsi de référence pour l’étude, la réflexion théorique et la formation des militants, des étudiants et des cadres des mouvements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En proposant un référentiel de connaissances agroécologiques enrichi par les mouvements, l’IARAA aide chaque personne qui l’utilise à se présenter mieux préparée aux visites techniques, aux chantiers collectifs, aux écoles de campagne et aux assemblées. Elle valorise ce qui existe déjà et renforce la lutte pour ce qui reste à conquérir. L’IARAA démontre également, dans la pratique, que les mouvements populaires sont capables de créer leurs propres outils technologiques. Ce n’est pas une mince affaire dans un monde où le développement de l’intelligence artificielle est concentré entre les mains d’une poignée de multinationales. Mais il s’agit encore d’une expérience très limitée, principalement en raison du manque d’infrastructures. Pour surmonter cette dépendance technologique, il faut une stratégie de souveraineté numérique populaire, qui doit aller de pair avec la lutte pour la souveraineté alimentaire et la souveraineté énergétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3. Comment l’IARAA intègre-t-elle une perspective féministe et contribue-t-elle à lutter contre les inégalités de genre dans l’accès à la technologie et la production de connaissances dans ce domaine ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre perspective ne consiste pas seulement à garantir l’accès des femmes à la technologie, mais bien à placer les femmes en tant que sujets de la technologie. Lorsque les femmes ne participent pas à la conception, au développement et au contrôle des outils numériques, ces outils ne répondront probablement pas aux besoins de leur vie quotidienne. Cela a des conséquences concrètes : la plupart des IA commerciales comportent de profonds préjugés de genre, ne reconnaissent pas le travail non rémunéré des femmes dans la reproduction de la vie lorsqu’elles abordent la notion d’« économie », et traitent l’agriculture comme s’il s’agissait d’une activité neutre, sans tenir compte du fait que la manière dont les femmes pratiquent l’agriculture est spécifique, diverse et qu’elle est, dans une large mesure, le pilier de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sein de l’IARAA, nous abordons cette question sous plusieurs angles. Premièrement, au niveau de la base de connaissances : nous avons intégré un vaste ensemble de ressources sur le féminisme populaire et l’agroécologie féministe, afin que l’outil s’appuie sur ces réflexions pour élaborer ses réponses, et non sur les référentiels androcentriques (lesquels qualifient une vision centrée sur l&rsquo;homme masculin, posé comme norme universelle au détriment des femmes et des autres identités) qui dominent la production hégémonique de connaissances. Deuxièmement, au niveau de la conception de l’outil : des principes du féminisme populaire sont intégrés dans les instructions qui guident l’IARAA, ce qui lui permet de toujours prendre en compte la division sexuelle du travail, la nécessité de construire le féminisme populaire et de surmonter le patriarcat lorsqu’elle élabore une réponse. Troisièmement, au sein de l’équipe : nous disposons d’une coordination technique et politique comptant de nombreuses femmes, ce qui propose une autre manière de concevoir la technologie, à partir d’autres savoirs, d’autres questions et d’autres priorités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IARAA a pour mission de renforcer et de rendre visibles les expériences des femmes en milieu rural, en reconnaissant le travail invisible qu’elles accomplissent et en apportant un soutien concret à l’organisation de leur lutte, tout en les reconnaissant comme des actrices de l’agroécologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4. De quelle manière l’IARAA peut-elle contribuer concrètement à la mise en œuvre des droits prévus par l’UNDROP, en particulier le droit à l’information (art. 11), aux moyens de production (art. 16), à la réforme agraire (art. 17) et à la souveraineté alimentaire (art. 15) ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UNDROP constitue un jalon fondamental car elle reconnaît que les paysannes et les paysans ont des droits spécifiques que le système capitaliste leur refuse systématiquement. L’IARAA se positionne comme un outil de soutien dans la lutte pour la concrétisation de ces droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne le droit à l’information, nous constatons que, contrairement aux chatbots commerciaux qui simplifient les réponses et uniformisent les pratiques, l’IARAA est programmée pour prendre en compte, dans ses réponses, la diversité des biomes, des systèmes de production, des organisations sociales et des conditions matérielles des territoires. Le droit à une information de qualité, ancrée politiquement, contextualisée et formulée dans un langage accessible est au cœur de l’IARAA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux moyens de production et à la souveraineté alimentaire, les entreprises transnationales telles que John Deere, BASF et Microsoft ont considérablement progressé dans le domaine de l’Agriculture 4.0, en déployant des systèmes technologiques qui permettent aux géants de la tech de collecter des données sur des centaines de milliers d’hectares. Ce faisant, elles concentrent de plus en plus de pouvoir et gagnent en force pour faire avancer leur projet de destruction. L’IARAA va dans la direction opposée : elle met la technologie de pointe au service des familles paysannes, en renforçant leur capacité de production sans créer de dépendance technologique, et en formulant des recommandations en phase avec l’agroécologie, l’organisation populaire et la diversité des systèmes de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne la réforme agraire, nous pensons que l’IARAA est un outil permettant de soutenir la lutte et de faire progresser l’organisation et la généralisation de l’agroécologie. La réforme agraire populaire se fonde sur la capacité des familles paysannes à produire, à rester et à s’organiser sur le territoire conquis. Une communauté qui a accès à des connaissances agroécologiques de qualité et politiquement orientées produit mieux, diversifie sa production, réduit sa dépendance vis-à-vis des intrants externes et renforce son autonomie. Parallèlement, l’IARAA soutient les dirigeants et les techniciens qui travaillent dans les plantations en les aidant à organiser des processus de formation, à planifier la production de manière collective et à systématiser les expériences susceptibles d’être partagées entre les territoires. Elle contribue également à la formation politique des militants et des étudiants qui doivent s’approprier les fondements théoriques de la question agraire et de l’agroécologie pour s’engager dans la lutte.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="876" height="585" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png" alt="" class="wp-image-27574" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-1.png 876w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-1-300x200.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-1-768x513.png 768w" sizes="(max-width: 876px) 100vw, 876px" /><figcaption class="wp-element-caption">IARAA disponible pour des tests lors de l’événement de lancement.<br>Crédit : Marche mondiale des femmes Brésil</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>5. Quel est le rôle de la coopération internationale, à travers le partenariat avec la Chine, dans ce projet ? Comment ce partenariat s’est-il déroulé ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le partenariat avec Baobab et nos camarades chinois·es a été essentiel pour que l’IARAA voie le jour. Observer de près le modèle chinois de développement technologique nous a beaucoup inspirés : un modèle dans lequel l’État oriente la technologie au service du peuple, où les données sont considérées comme un facteur de production au service d’un projet collectif. Nous bénéficions d’un soutien technique concret de la part de collègues qui vivent dans une société où ce débat et ce développement sont plus avancés, et qui ont déjà acquis de l’expérience dans le développement d’outils de RAG et de modèles de langage open source. En ce sens, ce partenariat a été et reste fondamental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, nous savons qu’il est nécessaire, depuis le Brésil, de créer nos propres outils, fondés sur la lutte de nos mouvements et ancrés dans notre réalité. La réalité de la dépendance technologique, de la faible industrialisation et d’un investissement historiquement insuffisant dans les sciences et les technologies, qui caractérise le Brésil et une grande partie du Sud global, pèse concrètement sur la possibilité de développer des projets tels que l’IARAA. En ce sens, la coopération Sud-Sud est fondamentale pour rendre viables des expériences, partager des connaissances techniques et construire ensemble des projets qui nous ressemblent et qui permettent de résoudre nos propres problèmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>6. Comment garantir que le savoir paysan ne soit pas dilué dans la logique hégémonique de l’IA ? Et comment étendre l’utilisation de l’IARAA à grande échelle sans perdre la sensibilité aux réalités locales ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La logique des grands modèles linguistiques tend à l’homogénéisation et à la reproduction de biais qui reflètent la logique de l’agriculture commerciale. Pour y remédier, nous avons apporté plusieurs adaptations à l’architecture du système de l’IARAA. L’un des éléments centraux de cette approche est la base de connaissances, constituée de documents produits par les mouvements et par des institutions de recherche engagées en faveur de l’agroécologie (brochures, manuels techniques, synthèses d’expériences territoriales, supports de formation, publications scientifiques agroécologiques et réflexions politiques issues des mouvements eux-mêmes). Comme elle fonctionne sur une architecture RAG, l’IARAA ne va pas chercher ses réponses sur Internet ni dans les référentiels génériques qui alimentent les IA commerciales, imprégnés des préjugés de l’agro-industrie et de la pensée hégémonique sur l’agriculture.<br><br>La base de connaissances de l’IARAA a été construite en tenant compte de la diversité des territoires brésiliens : elle contient des ressources sur différents biomes, des synthèses d’expériences agroécologiques menées dans diverses régions du pays, ainsi que des analyses portant sur différents systèmes de production, cultures et conditions climatiques. Cette diversité est intentionnelle et vise à garantir que l’outil soit réellement capable de traiter des situations spécifiques, et non pas uniquement une agriculture générique et hors contexte. Il existe toutefois certainement des questions pour lesquelles l’IARAA ne dispose pas encore de réponses suffisantes dans sa base de données, et dans ces cas-là, elle est invitée à ne pas inventer de réponses. Dans ces situations, l’IARAA encourage l’utilisateur à rechercher des informations auprès des organisations et des collègues de son territoire. Elle a été conçue non pas pour constituer le point final d’une conversation, mais un point de départ : elle favorise le dialogue au sein de la communauté, l’échange de savoirs entre voisins et la consultation des responsables locaux. L’interaction avec l’outil doit ouvrir la voie à l’organisation collective.<br><br>L’un des principaux défis de la mise en place de l’IARAA consiste précisément à rassembler l’ensemble de ce patrimoine sous forme écrite afin qu’il serve de base de connaissances pour l’IA, car il est dispersé dans de multiples dépôts et n’existe parfois que sous forme orale. L’IARAA ne remplace pas le savoir des peuples. Elle peut l’amplifier et faciliter sa circulation entre différents territoires et générations, et doit faire l’objet d’un processus constant d’amélioration par les mouvements pour continuer à remplir ce rôle.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" data-id="27580" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x683.png" alt="" class="wp-image-27580" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-6-1024x683.png 1024w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-6-300x200.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-6-768x513.png 768w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-6.png 1257w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="941" height="628" data-id="27576" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png" alt="" class="wp-image-27576" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png 941w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-3-300x200.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/08/image-3-768x513.png 768w" sizes="auto, (max-width: 941px) 100vw, 941px" /></figure>
<figcaption class="blocks-gallery-caption wp-element-caption"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-theme-palette-5-color"><sup>IARAA utilisée par des représentantes et représentants de la MMM, du MST et de Baobab.<br>Crédit : Marche mondiale des femmes Brésil</sup></mark></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>7. De quelle manière l’IARAA peut-elle s’articuler avec la politique publique d’assistance technique et de vulgarisation rurale (ATER) destinée aux paysan.ne.s et aux petits agriculteurs au Brésil, en veillant à ce qu’elle agisse comme un instrument de renforcement de l’assistance technique, et non comme un mécanisme de remplacement du travail technique humain sur le terrain ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des principes de l’IARAA est qu’elle constitue un outil de soutien et non de remplacement de l’ATER. L’absence ou la précarité de l’Assistance technique et de la vulgarisation rurale (ATER) publique dans la plupart des territoires brésiliens est une réalité que nous ne pouvons ignorer. L’extension de l’ATER fondée sur l’agroécologie en tant que droit est un combat historique des mouvements, et nous sommes convaincus qu’aucun outil technologique ne remplacera ce travail. Mais l’IARAA peut jouer un rôle concret et immédiat : être un soutien fiable à la production agroécologique dès aujourd’hui. Il existe toutefois des limites que l’outil ne pourra jamais franchir : l’analyse systémique de l’agroécosystème, le lien de confiance construit au fil du temps entre le technicien ou la technicienne et la famille d’agriculteurs, la lecture du territoire effectuée par ceux qui le connaissent de près dans toutes ses dimensions. L’IARAA est d’ailleurs programmée pour inciter les personnes à rechercher l’ATER de leur territoire et à revendiquer ce droit.<br><br><strong>8. Quels sont les défis liés à la transposition des processus de formation politique et de prise de conscience de classe dans un outil d’intelligence artificielle ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela reste un défi de taille, car notre intelligence collective en tant que mouvements ne se limite pas aux documents que nous rédigeons. Elle réside dans les interactions, dans les expériences politiques que nous vivons avec notre corps, et pas seulement avec notre esprit. Mais le savoir-faire technique que nous avons accumulé, notamment grâce à des camarades maîtrisant le développement d’architectures RAG, nous a permis d’aller au-delà de ce que nous imaginions possible au départ dans ce domaine. Nous avons réussi à concrétiser plusieurs de nos principes politiques dans l’architecture de l’outil, et ceux-ci sont en effet rigoureusement pris en compte dans la plupart des réponses. Cela n’a été possible que parce que les personnes qui ont développé l’outil comprenaient en profondeur tant la technologie que le projet politique.</p>
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		<title>Défendre les droits des paysan·ne·s &#8211; Newsletter n°10</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/defendre-les-droits-des-paysan%c2%b7ne%c2%b7s-newsletter-n10/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 17:44:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP : consultation de la société civile et première visite officielle dans un pays Associer les titulaires de droits de l’UNDROP au prochain rapport thématique du Groupe de travail Défendre les droits des paysan·ne·s poursuit sa collaboration étroite avec les expert·es du Groupe de travail des Nations...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center has-theme-palette-5-background-color has-background"><strong>Le Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP : consultation de la société civile et première visite officielle dans un pays</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h5 class="wp-block-heading">Associer les titulaires de droits de l’UNDROP au prochain rapport thématique du Groupe de travail</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Défendre les droits des paysan·ne·s poursuit sa collaboration étroite avec les expert·es du Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP. En mars 2026, nous avons organisé un dialogue en ligne avec l’ancien président du Groupe de travail, Carlos Duarte, réunissant des titulaires de droits de l’UNDROP du monde entier afin de <a href="https://www.ohchr.org/fr/calls-for-input/2026/call-inputs-wg-peasants-report-peasant-territories-land-and-sea">contribuer</a> directement au prochain rapport thématique du Groupe de travail sur les territoires ruraux terrestres et maritimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport, qui sera présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York à l’automne 2026, examinera la manière dont les violations liées à la terre, à l’eau et aux forêts affectent la dignité, la stabilité et les moyens de subsistance des paysan·nes et des travailleur·euses ruraux dans le monde entier. Les contributions des titulaires de droits ainsi que de leurs mouvements et organisations ont été essentielles pour ancrer ce rapport dans les réalités vécues et les luttes des peuples qui travaillent dans les territoires ruraux et aquatiques, confrontés à de multiples formes de violations et de menaces à mesure que progressent les pratiques d’accaparement vert et bleu dans un monde de plus en plus dominé par le capital privé et les sociétés transnationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette discussion a eu lieu à la suite de l’appel officiel à contributions lancé par le Groupe de travail, qui a recueilli de nombreuses contributions. Consultez-les<a href="https://www.ohchr.org/en/calls-for-input/2026/call-inputs-wg-peasants-report-peasant-territories-land-and-sea"> ici</a>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Le Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP conclut sa visite officielle au Ghana</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le Groupe de travail a effectué sa première visite officielle dans un pays depuis le début de son mandat, en menant une mission de dix jours au Ghana. Au cours de cette visite, les expert·es ont rencontré un large éventail de titulaires de droits de l’UNDROP, notamment des petit·es exploitant·es agricoles, des pêcheur·euses artisanaux·ales et des éleveur·euses pastoraux·ales, ainsi que des autorités publiques et divers représentant·es de la société civile. Tout en saluant d’importants progrès législatifs et politiques, ils et elles ont mis en évidence les défis persistants liés à l’accès à la terre, à la pauvreté, à l’exclusion, à la dégradation de l’environnement ainsi qu’à l’accès limité au financement et aux marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Groupe de travail a souligné la nécessité de renforcer la mise en œuvre des lois et politiques existantes afin de garantir que la transformation agricole du Ghana bénéficie aux communautés rurales et reflète pleinement les droits reconnus dans l’UNDROP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lisez <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/visite-officielle-du-groupe-de-travail-sur-lundrop-au-ghana-defis-et-opportunites/">ici</a> la déclaration de fin de mission présentant les conclusions préliminaires.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center has-theme-palette-5-background-color has-background"><strong>Découvrez les deux nouvelles sous-catégories de notre site web !</strong></h3>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Nouvelle rubrique sur les titulaires de droits</strong> de l&rsquo;UNDROP</h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’UNDROP reconnaît un large éventail de groupes ruraux comme titulaires de droits, ce qui permet à divers groupes ruraux, souvent confrontés à la marginalisation et à de multiples violations des droits humains, d’utiliser l’UNDROP comme un outil juridique et politique pour protéger leurs droits fondamentaux aux niveaux national, régional et international. Cette nouvelle sous-catégorie vise non seulement à mettre en lumière la diversité des titulaires de droits de l’UNDROP, mais aussi à fournir des orientations sur l’interprétation de la définition des « paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales » figurant à l’article 1 de la Déclaration. Elle comprend des contributions éclairantes de Shalmali Guttal, présidente du Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP, ainsi que des titulaires de droits eux-mêmes, qui ont participé à une table ronde en ligne organisée lors de notre webinaire public de 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cliquez <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/defendre-les-droits-des-populations-et-travailleurs-ruraux-qui-sont-les-titulaires-de-droits-de-lundrop/">ici</a> pour accéder à la nouvelle sous-catégorie <em>Titulaires de droits</em> sur Défendre les droits des paysan·ne·s.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="988" height="1024" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/07/image-14.png" alt="" class="wp-image-27314" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/07/image-14.png 988w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/07/image-14-289x300.png 289w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/07/image-14-768x796.png 768w" sizes="auto, (max-width: 988px) 100vw, 988px" /></figure>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Lois et politiques nationales</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’appropriation et la mobilisation de l’UNDROP par les mouvements et organisations rurales ont conduit à des avancées importantes sur les plans législatif et politique dans différents pays, en particulier en Amérique du Sud. Cette nouvelle sous-catégorie vise à rassembler les principales avancées législatives et politiques obtenues grâce au plaidoyer politique mené par les groupes ruraux et leurs alliés, en vue de créer ou de modifier des cadres juridiques nationaux protégeant les droits des paysan·nes, des peuples pêcheurs, des nomades et des éleveur·euses pastoraux·ales, ainsi que d’autres titulaires de droits, à la lumière des dispositions de l’UNDROP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, nous avons été témoins d’une influence croissante de l’UNDROP dans l’élaboration des lois et des politiques au niveau national, grâce à la mobilisation des mouvements ruraux qui donnent vie à cet instrument juridique à travers leurs luttes. Ces avancées contribuent non seulement à protéger les droits des peuples ruraux, mais aussi à faire émerger des pratiques susceptibles d’orienter les futures évolutions législatives et politiques en faveur des droits de celles et ceux qui vivent et travaillent dans les zones rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cliquez <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/category/lois-et-politiques-nationales/">ici</a> pour accéder à la nouvelle sous-catégorie <em>Lois et politiques nationales</em> sur Défendre les droits des paysan·ne·s.</p>



<p class="has-text-align-center has-theme-palette-7-background-color has-background wp-block-paragraph"><strong><a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Abonnez-vous</a> à notre newsletter !<br><br>Envoyez-nous vos <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/contactez-nous-2/">propositions de publications et de collaborations futures</a><br><br>Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux pour rester inspiré·e·s et amplifier les voix des luttes rurales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Appel à contributions : défenseur-es des droits humains et de l’environnement et le droit humain à un environnement sain</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/appel-a-contributions-defenseur-es-des-droits-humains-et-de-lenvironnement-et-le-droit-humain-a-un-environnement-sain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 16:29:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Note de l&#8217;éditeur : La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit humain à un environnement propre, sain et durable a lancé un appel à contributions afin d&#8217;alimenter un prochain rapport thématique sur les défenseur·ses des droits humains en matière d&#8217;environnement, qui sera présenté lors de la 64ᵉ session du Conseil des droits de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background wp-block-paragraph"><strong>Note de l&rsquo;éditeur :</strong><br><br>La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit humain à un environnement propre, sain et durable a lancé un <a href="https://www.ohchr.org/fr/calls-for-input/2026/call-input-environmental-human-rights-defenders-and-human-right-clean-healthy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">appel à contributions</a> afin d&rsquo;alimenter un <strong>prochain rapport thématique sur les défenseur·ses des droits humains en matière d&rsquo;environnement</strong>, qui sera présenté lors de la 64ᵉ session du Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations Unies.<br><br>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une occasion importante pour les mouvements sociaux ruraux, les paysan·nes, les peuples autochtones, les pêcheur·ses artisanaux, ainsi que d&rsquo;autres peuples ruraux, de partager leurs expériences et des informations sur les défis auxquels sont confronté·es les défenseur·ses des droits humains en matière d&rsquo;environnement à travers le monde. Le rapport examinera les risques croissants, les violences et la répression auxquels sont confrontées les personnes qui défendent le droit à un environnement propre, sain et durable, tout en mettant en lumière des mesures efficaces pour renforcer leur protection. Les contributions des titulaires de droits de l&rsquo;UNDROP et des organisations qui les représentent sont essentielles pour que ce rapport reflète les réalités du terrain et formule des recommandations concrètes à l&rsquo;intention des États et des autres acteurs concernés.<br><br>Nous encourageons les organisations représentant les titulaires de droits de l&rsquo;UNDROP à soumettre leur contribution (jusqu&rsquo;à 2 500 mots ou 5 pages) avant le <strong>21 août 2026</strong>. Pour plus d&rsquo;informations, veuillez consulter l&rsquo;appel à contributions complet ci-dessous.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Publié par : <strong>Rapporteuse spéciale sur les droits de l’homme et l’environnement</strong><br><br>Échéance : <strong>21 août 2026</strong><br><br>Objet : <strong>Contribuer à l&rsquo;élaboration du rapport thématique destiné à la 64e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies</strong></p>
</blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Contexte</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement jouent un rôle essentiel dans la protection du droit humain à un environnement propre, sain et durable, ainsi que de tous les autres droits humains. Leur travail contribue directement à la protection des écosystèmes et de la biodiversité, assurer un climat sûr, à l’amélioration de la qualité de l’air, à la protection de l’eau et des bassins versants, à la promotion d’aliments sains et durables, et à la création d’environnements non toxiques. Le travail des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement est fondamental pour faire progresser les éléments procéduraux du droit à un environnement sain : l’accès à l’information, la participation publique et l’accès à la justice. Il s’agit là de droits humains reconnus et de piliers fondamentaux de l’État de droit, de la gouvernance démocratique et des sociétés pacifiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement est particulièrement vital aujourd’hui, alors que l’humanité est confrontée aux triples crises planétaires : le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution toxique, aggravées par des inégalités et une discrimination systémique. Partout dans le monde, les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement identifient et mettent activement en œuvre des solutions alternatives viables à ces triples crises planétaires, allant de la protection des écosystèmes fragiles sur terre et dans les océans à la promotion des énergies renouvelables et durables. Cela contribue à garantir la responsabilité tout en aidant les États à s’acquitter de leurs obligations. Bien que le rôle crucial des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement soit de plus en plus reconnu par les institutions, dans l’ensemble, les risques, la violence et la répression auxquels ces défenseur·es sont confrontés ne cessent d’augmenter dans toutes les régions. Ces risques se traduisent par la fermeture des espaces civiques, la stigmatisation, le harcèlement, la surveillance, les poursuites judiciaires stratégiques contre la participation publique (SLAPP), la criminalisation, les menaces, les agressions, voire les assassinats et les disparitions forcées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnes et les groupes en situation de marginalisation, notamment les peuples autochtones, les paysans, les populations côtières et les pêcheurs, les personnes d’ascendance africaine, les femmes et les filles, les enfants et les jeunes, les personnes âgées, les personnes LGTBQ+ et celles vivant dans des zones fortement polluées, se trouvent dans des situations particulièrement vulnérables. Les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement sur le terrain sont exposés à des risques accrus, aggravés par les conflits, la guerre et les économies illégales, tandis que des risques accrus pour les journalistes, les avocats et même les scientifiques œuvrant pour un environnement sain ont également été documentés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est urgent et important, en soi mais aussi pour résoudre les triples crises planétaires, de mieux comprendre la situation à laquelle sont confrontés les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement à travers le monde et de trouver des mesures efficaces pour leur protection. Pour comprendre cette situation, il faut prendre en compte les impacts différenciés auxquels les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement sont confrontés selon la région, le secteur, le genre, l’âge, entre autres, afin de protéger leurs droits et de mettre en œuvre efficacement le droit à un environnement sain.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Objectifs</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce rapport, la Rapporteuse spéciale examine la situation des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement, qui œuvrent dans le contexte des triples crises planétaires, en mettant l’accent sur la manière dont les violations dont ils sont victimes affectent également la réalisation du droit humain à un environnement propre, sain et durable. Le rapport exposera les obligations des États et des acteurs non étatiques, en vertu du droit international et du droit relatif aux droits humains, de protéger les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement, ainsi que le devoir des États de protéger l’environnement et le système climatique, en prévenant de nouveaux dommages. Ce faisant, la Rapporteuse spéciale vise à contribuer à la compréhension de la situation des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement d’un point de vue à la fois individuel et collectif, en reconnaissant que si bon nombre d’entre eux mènent et mettent en œuvre des actions individuelles, celles-ci s’inscrivent généralement dans le cadre d’efforts communautaires ou collectifs plus larges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Rapporteuse spéciale formulera des recommandations concrètes à l’intention des États et des autres parties prenantes afin de garantir la protection des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement et la mise en œuvre effective du droit à un environnement sain, y compris en ce qui concerne les mesures collectives dans le cadre d’une approche intersectionnelle.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Questions clés et type de contributions demandées</h5>



<p class="wp-block-paragraph">La Rapporteuse spéciale invite les États, la société civile, les Peuples Autochtones, les personnes d’ascendance africaine, les paysans, les enfants et les jeunes, les petits pêcheurs, l’académie, les entreprises et d’autres acteurs à lui soumettre des contributions sur les points suivants :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. Concernant la situation des défenseur·es des droits humains et de l’environnement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Veuillez fournir des informations décrivant :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les risques spécifiques auxquels sont confrontés les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement, notamment les Peuples Autochtones, les femmes et les filles, les enfants et les jeunes, les paysans, les communautés côtières, les communautés rurales, les journalistes, les avocats, les scientifiques, les personnes LGTBQ+ et les personnes vivant dans des zones fortement polluées, entre autres. Veuillez décrire les impacts de ces risques et de ces attaques sur leurs communautés, leurs collectifs, leur travail et les résultats en matière de protection de l’environnement, ainsi que les considérations spécifiques applicables aux régions ou aux secteurs qui pourraient être pertinents.</li>



<li>Le recours à des mesures juridiques visant à restreindre, limiter ou entraver le travail des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement, y compris l&rsquo;atteinte à l&rsquo;espace civique, le recours aux SLAPP, l&rsquo;utilisation du droit pénal ou d&rsquo;autres mécanismes visant à créer un « effet dissuasif ».</li>



<li>Types d’impacts, y compris les impacts psychosociaux des menaces, de la violence et de la répression sur les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement. Veuillez détailler les façons dont ces attaques peuvent générer ou exacerber des conflits internes au sein des communautés, des organisations et des mouvements sociaux.</li>



<li>Facteurs susceptibles de contribuer à l&rsquo;aggravation de la situation des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2. Politiques, législations et autres mesures existantes mises en place par les acteurs étatiques et non étatiques pour la protection des défenseur·es de droits environnementaux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Veuillez fournir des informations concernant :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Politiques, réglementations et pratiques adoptées par les États, les entreprises et/ou les institutions financières pour identifier, atténuer, prévenir, poursuivre et remédier aux risques et aux impacts sur les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement, notamment dans le contexte de secteurs à haut risque tels que les industries extractives, l&rsquo;agroalimentaire, l&rsquo;énergie et les infrastructures, ainsi que des informations sur les obstacles à la responsabilisation et à l&rsquo;accès à la justice. Veuillez indiquer si les mécanismes envisagent une protection individuelle et collective et inclure des exemples de leur mise en œuvre ;</li>



<li>Exemples de mesures prises par des acteurs non étatiques pour garantir un engagement significatif avec les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement concernés ou potentiellement concernés, en tant qu&rsquo;individus, collectifs et communautés, y compris les Peuples Autochtones et d&rsquo;autres groupes en situation de vulnérabilité, ainsi que les mesures visant à éviter de contribuer à des menaces, des représailles ou des conflits. Veuillez inclure des informations sur la manière dont ces mesures ont abouti ou échoué ;</li>



<li>Mécanismes de réclamation et procédures de recours mis en place par des acteurs non étatiques et pertinents pour la protection des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement, y compris leur accessibilité, leur efficacité et leur mise en œuvre dans la pratique.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3. Autres mesures efficaces pour la protection des défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Veuillez fournir des informations concernant :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Des exemples concrets de mesures efficaces allant au-delà des cadres juridiques ou des politiques, visant à garantir un environnement sûr et propice aux défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement, y compris des mesures de protection des individus, des groupes et/ou des communautés.</li>



<li>Une explication indiquant si ces mesures tiennent compte d’une approche intersectionnelle et comment celle-ci est mise en œuvre, ainsi que le processus de conception, de planification et de mise en œuvre de ces mesures.</li>



<li>Des exemples de mesures structurelles visant à protéger efficacement les défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement en leur garantissant un environnement sûr et propice à l’exercice de leur travail.</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Comment les contributions seront-elles utilisées ?</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Nonus vous prions de bien vouloir soumettre des contributions concises, limitées à 5 pages maximum (ou 2500 mots). Les contributions peuvent répondre à toutes les questions ci-dessus ou seulement à certaines d&rsquo;entre elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les contributions doivent être soumises uniquement en <strong>anglais,</strong> en <strong>français ou </strong>en <strong>espagnol.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nonus vous remercions de vos efforts pour soumettre vos précieuses contributions à ce rapport, ainsi que de votre collaboration et de votre soutien à la mise en œuvre de ce mandat. Si vous avez déjà envoyé des informations pertinentes à d&rsquo;autres procédures spéciales ou mécanismes de défense des droits humains, nous vous invitons à les signaler afin d&rsquo;éviter les doublons et de coordonner plus efficacement les efforts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Date limite de soumission :<strong> 21 août 2026</strong>.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h5 class="wp-block-heading">Prochaines étapes</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Les contributions/observations peuvent être envoyées par courriel. Elles doivent être reçues avant le <strong>21 août 2026 </strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À moins qu’il ne soit expressément demandé le contraire, et pour autant que les soumissions soient conformes aux normes et standards des Nations Unies, les contributions pourront être publiées sur la page web du mandat sur le site du HCDH et pourront être mentionnées dans les rapports. Compte tenu des questions de consentement et de confidentialité, les contributions contenant les noms de victimes présumées seront prises en considération mais ne seront pas publiées en ligne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Adresse électronique : </strong><a href="mailto:hrc-sr-environment@un.org">hrc-sr-environment@un.org</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Objet du courriel :</strong> Défenseur·es des droits humains et de l&rsquo;environnement et droit à un environnement sain</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Limite de mots / pages :</strong><br>2500 mots / 5 pages</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Formats de fichiers acceptés :</strong><br>Word</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Langues acceptées :</strong><br>anglais, français, espagnol</p>
</blockquote>
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			</item>
		<item>
		<title>Sans terre, sans semences, il n’y a pas d’avenir pour les paysan.ne.s</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/sans-terre-sans-semences-il-ny-a-pas-davenir-pour-les-paysans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Rusca - Geneviève Savigny]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:30:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Droit et politique]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail de l'ONU sur l'UNDROP]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[derechos campesinos]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de travail]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article publié à l&#8217;origine en espagnol par Elena Rusca le 25 juin 2026 dans le journal chilien El Clarín. Disponible ici. *Image: El mundo campesino. Elena Rusca Par Elena Rusca, le 25 juin 2026 Entretien avec Geneviève Savigny, membre du Groupe de travail des Nations unies sur les droits des paysans (UNDROP) Genève, le 25...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-theme-palette-7-background-color has-background wp-block-paragraph"><strong>Article publié à l&rsquo;origine en espagnol par <a href="https://www.elclarin.cl/author/elenarusca/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Elena Rusca </a>le 25 juin 2026 dans le journal chilien <em>El Clarín</em>. Disponible <a href="https://www.elclarin.cl/2026/06/25/sin-tierra-sin-semillas-no-hay-futuro-campesino/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:8px">*Image: El mundo campesino. Elena Rusca </p>



<p class="wp-block-paragraph">Par Elena Rusca, le 25 juin 2026</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong><em>Entretien avec Geneviève Savigny, membre du Groupe de travail des Nations unies sur les droits des paysans (UNDROP)</em></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Genève, le 25 juin 2026 — Elena Rusca</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les crises alimentaires, climatiques et géopolitiques s’intensifient, les paysans — qui nourrissent la majeure partie de l’humanité — restent parmi les plus exposés à la pauvreté, à l’expropriation et à la violence. Depuis 2018, la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans (<strong>UNDROP</strong>) offre un cadre inédit pour protéger leurs droits collectifs, leurs semences, leurs terres et leurs savoirs. Mais sa mise en œuvre reste fragile. Geneviève Savigny, membre du groupe de travail chargé de l’UNDROP, analyse les défis agricoles, semenciers et politiques auxquels sont confrontés aujourd’hui les campagnes du monde entier — de l’Afrique de l’Ouest à l’Amérique latine.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>L’UNDROP : un texte historique né des luttes paysannes</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Adoptée en 2018 par l’Assemblée générale des Nations unies, la Déclaration des droits des paysans et des autres personnes travaillant en milieu rural est l’un des instruments les plus ambitieux du système international. Fruit de près de vingt ans de mobilisation menée par <strong>La Vía Campesina</strong>, elle vise à protéger ceux qui produisent la majeure partie de la nourriture de la planète, mais qui restent les plus exposés à la pauvreté, à l’expropriation, à la violence et à la marginalisation politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;UNDROP reconnaît des droits rarement mentionnés dans d&rsquo;autres textes internationaux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le droit à la terre,</li>



<li>le droit aux semences,</li>



<li>le droit à l&rsquo;eau,</li>



<li>la protection contre les expulsions,</li>



<li>la participation aux décisions,</li>



<li>les droits collectifs et coutumiers,</li>



<li>la reconnaissance des savoirs paysans.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Afin d’en garantir la mise en œuvre, le Conseil des droits de l’homme a créé en 2023 un groupe de travail composé de cinq experts indépendants. Geneviève Savigny, paysanne et ancienne membre de la Confédération paysanne et de La Vía Campesina, en fait partie.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un groupe de travail international pour la défense des droits des paysans</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;— Comment votre groupe de travail s&rsquo;est-il constitué ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny</strong> <strong>: </strong>« Le groupe de travail a été constitué par le Conseil des droits de l’homme à la suite de l’adoption d’une résolution à l’automne 2023. Nous avons été sélectionnés pendant l’hiver et nous sommes cinq. Personnellement, je suis agricultrice, ancienne membre de la Confédération paysanne et de La Vía Campesina. Il y a aussi Carlos, anthropologue et professeur en Colombie ; David, professeur de droit à Arménie ; Shalmalee, ancienne directrice de l’ONG Focus on Global South ; et Uche, professeure de droit nigériane qui travaille aux États-Unis. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Comment travaillez-vous concrètement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny :</strong> « Notre groupe organise deux sessions annuelles de cinq jours en présentiel, généralement l’une à Genève et l’autre à New York. Cette année, nous avons préféré remplacer la deuxième session par des visites dans différents pays. Nous venons de nous rendre au Ghana et une autre visite est prévue en novembre au Paraguay. À chaque fois, nous sommes deux membres du groupe, accompagnés de notre équipe salariée. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Que faites-vous lors de ces visites ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny :</strong> « Nous rencontrons des représentants des différents ministères liés à l’agriculture et à l’alimentation, puis des représentants des paysans, des pêcheurs, des éleveurs et des femmes rurales. Au Ghana, les réunions devaient passer par le gouvernement ou les autorités locales pour que nous puissions rencontrer les chefs de village. L’objectif est de comprendre comment les droits des paysans sont mis en œuvre, quels en sont les points forts et ce qui peut être amélioré. Nous rédigeons ensuite un rapport qui sera présenté à l’automne.»</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La participation : un droit essentiel mais difficile à exercer</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Vous avez publié un rapport sur le droit à la participation. Quelles en ont été les conclusions ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny :</strong> « La participation est vraiment indispensable pour que la situation des paysans et des paysannes soit prise en compte et traitée de manière adéquate. Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment pour des raisons matérielles : la traduction, la distance, les difficultés à se rendre dans les lieux du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux femmes, elles rencontrent une difficulté particulière à se libérer des tâches ménagères et du travail quotidien pour pouvoir participer aux décisions qui les concernent. C’est une difficulté supplémentaire dans un monde rural où le travail est très prenant et souvent isolé.»</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les semences : un enjeu crucial face aux multinationales</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Cette année, vous travaillez sur le droit aux semences. Pourquoi est-ce si important ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny :</strong> « L’article 19 de l’UNDROP précise que les paysans doivent avoir le droit de préserver les systèmes de semences paysannes : conserver, reproduire, échanger et vendre des semences. L’État doit également favoriser l’existence de ce système. Ce n’est pas toujours le cas, car il existe un système commercial très dynamique, voire agressif, selon le point de vue. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Les OGM ont-ils une influence sur cette problématique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny : </strong>« Oui, bien sûr. Grâce aux progrès technologiques, nous disposons désormais de moyens beaucoup plus simples et rapides pour produire des OGM. Afin de faciliter leur diffusion et leur commercialisation, les entreprises semencières ne veulent plus qu’on les appelle OGM, mais NGT, c’est-à-dire « nouvelles techniques génomiques ». Elles cherchent à faire reconnaître qu’ils pourraient apparaître dans la nature, ce qui rendrait leur étiquetage inutile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais des brevets ont été déposés sur ces techniques ! Et l’on craint que les caractères brevetés, qui ne sont pas étiquetés, puissent apparaître naturellement dans les plantes des agriculteurs qui les ont sélectionnées au fil des années. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Quelles sont les implications pour les agriculteurs ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny :</strong> « Le brevet du système CRISPR-Cas, par exemple, appartient à une seule entreprise. On assiste à une concentration croissante des droits qui déterminent si l’on peut ou non multiplier les semences. Face à cela, de nombreuses lois sur les semences imposent des règles strictes pour la certification et la commercialisation des semences, ce qui va à l’encontre du droit des paysans aux semences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les paysans doivent revendiquer ce droit, et les États doivent prendre conscience que, même pour la biodiversité et la résilience des plantes, il ne faut pas mettre un frein à la sélection à petite échelle pratiquée par les paysans locaux. C’est tout un système qu’il faut préserver si nous voulons maintenir une biodiversité et une diversité des cultures importantes.»</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Terre et territoire : des droits collectifs à reconnaître</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Vous travaillez également sur la question foncière. Quel est le principal défi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny : </strong>« Nous travaillons sur l’article 17 de la déclaration, qui porte sur les droits à la terre et au territoire. Il est intéressant de noter que l’UNDROP souligne l’importance des droits collectifs et coutumiers. C’est important car c’est là que réside le problème dans de nombreux endroits : en l’absence de titres de propriété clairs, on entre dans une zone informelle. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Et en Suisse, comment voyez-vous l’accès à la terre ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny :</strong> « Je pense que le droit à la terre permet d’ouvrir de nouvelles voies. Il faut un accès sûr à la terre, pas nécessairement la propriété. J’espère qu’en Suisse, nous pourrons développer des modes de location ou des formes de propriété collective qui apportent de la sécurité à ceux qui la cultivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un gros problème : toute une génération arrive en fin de carrière avec de petites retraites et peu de ressources. Parfois, ces personnes ne veulent pas transmettre leurs terres aux jeunes. C’est un problème social général. Si nous voulons une production alimentaire de qualité, nous devons également résoudre le problème de l’accès à la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’achat est hors de prix. Et il faut faire attention car, dans certains pays, même en Europe, ce sont des entreprises qui achètent les terres. »</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Amérique latine : une « paysannisation » menacée mais fondamentale</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Pour nos lecteurs chiliens, quel regard portez-vous sur la « paysannisation » en Amérique latine ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny : </strong>« En Amérique latine, la « paysannisation » me semble fondamentale. Avec les peuples autochtones, elle constitue le cœur d’une agriculture qui, dans le même temps, est fortement menacée par le développement d’une agriculture industrielle très intensive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène est renforcé par les accords de libre-échange visant à accroître les exportations de produits et de matières premières. Les paysans de la région affirment que cela ne va pas dans le sens de leur protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un univers que je ne connais pas parfaitement, mais qui semble si riche et varié. D’un point de vue culturel, il est à la fois paysan et autochtone. En Amérique latine, le mode de production artisanal reste très important. La qualité de l’alimentation tient aussi au fait de pouvoir manger des légumes frais partout.»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— S’agit-il également d’une lutte contre les multinationales ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny :</strong> « Bien sûr. Il faut soutenir les petits agriculteurs ; quant aux multinationales, il faut leur imposer des limites, car elles ont une tendance naturelle — je pense même que c’est leur raison d’être — à s’étendre, à se concentrer et à maximiser leurs profits. Mais il doit y avoir des limites, sinon cela s’avère destructeur tant sur le plan environnemental que social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas notre mandat direct, mais nous sommes confrontés à cette question de manière indirecte. Nos recommandations, à la fin de chaque rapport, s’adressent aux États, aux entités de l’ONU, à d’autres institutions ainsi qu’aux entités privées, auxquelles nous demandons de respecter le droit et les normes internationales, et de veiller au respect des droits de l’homme en toutes circonstances.»</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les « procédures spéciales » de l’ONU : explication du mandat</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>— Pouvez-vous expliquer ce que sont les procédures spéciales ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>G. Savigny : </strong>« Les groupes de travail font partie des procédures spéciales, au même titre que les rapporteurs spéciaux. Ils se concentrent sur un aspect particulier des droits de l’homme, comme le droit à l’alimentation ou le droit à l’eau. Nous sommes un groupe de travail : au lieu d’un seul rapporteur spécial, nous sommes cinq, ce qui correspond à la diversité et à l’ampleur du sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre rôle est de mettre en œuvre la Déclaration des droits des paysans et des autres personnes travaillant en milieu rural, l’UNDROP. Il s’agit d’un texte adopté en 2018 par l’Assemblée générale de l’ONU qui rassemble vingt-huit articles résumant les droits indispensables à l’activité paysanne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle précise ce qu’est un paysan, les obligations des États, la non-discrimination, les droits des femmes, le droit aux ressources, le droit à la participation, à l’information, à l’éducation, etc., le tout détaillé de manière adaptée au milieu rural. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Groupe de travail présentera ses rapports sur la terre et les semences en septembre prochain à Genève. Ces documents, qui seront présentés à l’Assemblée générale de l’ONU, devraient apporter un éclairage crucial.</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/sans-terre-sans-semences-il-ny-a-pas-davenir-pour-les-paysans/">Sans terre, sans semences, il n’y a pas d’avenir pour les paysan.ne.s</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
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		<title>Contre-réformes agraires : anatomie d’une dépossession en cours</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/contre-reformes-agraires-anatomie-dune-depossession-en-cours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 13:43:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles académiques]]></category>
		<category><![CDATA[Droit et politique]]></category>
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		<category><![CDATA[droit à la terre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Défendre les droits des paysan·ne·s diffuse l’étude suivante élaborée par Carlos Duarte, membre du Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP, et publiée par la Pontificale Université Javeriana de Cali et l’Observatoire des Terres (Observatorio de Tierras) en mai 2026. L’étude examine la tendance croissante des contre-réformes agraires en Amérique latine et dans les...</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Défendre les droits des paysan·ne·s</em> diffuse l’étude suivante élaborée par Carlos Duarte, membre du Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP, et publiée par la Pontificale Université Javeriana de Cali et l’Observatoire des Terres (Observatorio de Tierras) en mai 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude examine la tendance croissante des contre-réformes agraires en Amérique latine et dans les Caraïbes ainsi que leur impact sur les droits fonciers garantis par les précédents processus de réforme agraire. Elle montre comment les récentes modifications juridiques, institutionnelles et administratives contribuent à une nouvelle concentration des terres et à une pression accrue sur les paysan·ne·s, les peuples autochtones, les communautés afrodescendantes et d’autres populations rurales. Le rapport identifie également les principales formes que prennent ces contre-réformes (réformes législatives, financiarisation des terres, accaparement vert impulsé par les entreprises et dépossession promue par l’État) et analyse leurs implications pour la justice territoriale et le développement rural.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude analyse également les schémas actuels de concentration foncière dans l’ensemble de la région, en soulignant comment les inégalités historiques sont renforcées par la financiarisation et les acquisitions foncières à grande échelle, des conditions structurelles qui constituent le contexte des contre-réformes contemporaines. À partir d’études de cas portant sur la Bolivie, l’Argentine, le Brésil, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, l’Équateur ainsi que plusieurs pays des Caraïbes, elle explore une série de mesures juridiques et institutionnelles ayant affaibli les protections foncières, notamment le reclassement administratif, la déréglementation, les politiques territoriales restrictives, les procédures accélérées d’expropriation, la criminalisation des conflits liés à la terre et la révocation des titres de propriété.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, l’étude identifie des tendances régionales plus larges et les évalue à la lumière des normes internationales relatives aux droits humains. Elle soutient que ces réformes reflètent une transformation plus générale de la gouvernance foncière qui favorise la concentration économique tout en érodant les protections reconnues par les instruments internationaux, en particulier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude conclut en mettant en évidence une contradiction majeure du moment agraire actuel :<a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/reconnaissance-de-la-paysannerie-en-amerique-latine-a-travers-de-lundrop-principaux-resultats/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> alors que des avancées significatives sont réalisées dans la reconnaissance formelle des droits des peuples ruraux</a>, les mécanismes administratifs, procéduraux et économiques nécessaires à la mise en œuvre effective de ces droits s’affaiblissent continuellement à travers une architecture juridique mondiale qui considère la terre, les territoires et les ressources naturelles comme de simples actifs financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Écoutez le podcast sur cette étude (en espagnol uniquement) :</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-soundcloud wp-block-embed-soundcloud"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="La_maquinaria_legal_del_despojo_agrario by Carlos Duarte" width="720" height="400" scrolling="no" frameborder="no" allow="autoplay; encrypted-media" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F2331636140&#038;show_artwork=true&#038;maxheight=1000&#038;maxwidth=720"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lisez l’étude complète en anglais ici :</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/06/agrarian-counter-reforms.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué agrarian-counter-reforms."></object><a id="wp-block-file--media-ba51bf9e-6c23-45b7-a4d9-b7802bf014b0" href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/06/agrarian-counter-reforms.pdf">agrarian-counter-reforms</a><a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/06/agrarian-counter-reforms.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-ba51bf9e-6c23-45b7-a4d9-b7802bf014b0">Download</a></div>
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		<title>Reconnaissance de la paysannerie en Amérique latine à travers de l’UNDROP : principaux résultats</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/reconnaissance-de-la-paysannerie-en-amerique-latine-a-travers-de-lundrop-principaux-resultats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 17:24:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles académiques]]></category>
		<category><![CDATA[Droit et politique]]></category>
		<category><![CDATA[Lois et politiques nationales]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[derechos campesinos]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Défendre les droits des paysan.ne.s a le plaisir de partager une étude de référence, publiée en avril 2026 par des chercheurs de la Pontificia Universidad Javeriana à Cali, en Colombie, dont Carlos Duarte, membre du Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP. Cette étude fournit la première cartographie régionale des lois reconnaissant les paysan.ne.s...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Défendre les droits des paysan.ne.s</em> a le plaisir de partager une étude de référence, publiée en avril 2026 par des chercheurs de la Pontificia Universidad Javeriana à Cali, en Colombie, dont Carlos Duarte, membre du Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette étude fournit la première cartographie régionale des lois reconnaissant les paysan.ne.s et autres populations rurales en Amérique latine. Elle analyse 170 dispositions juridiques en vigueur dans 23 pays entre 1917 et 2025, offrant une vue d’ensemble comparative de la manière dont les droits des paysan.ne.s sont reconnus dans les systèmes juridiques nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats montrent que la reconnaissance juridique des paysan.ne.s est désormais largement répandue dans la région. Près de la moitié des lois analysées reconnaissent explicitement les droits des paysans, tandis que 88 % contiennent une forme de reconnaissance ou de protection des populations rurales. Le Brésil compte le plus grand nombre d’instruments juridiques pertinents, tandis que la Colombie et le Panama se distinguent par la solidité de leurs cadres juridiques. Plus de la moitié des normes identifiées ont été adoptées entre 2010 et 2025, ce qui témoigne d’une attention politique croissante portée aux questions paysannes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les thèmes les plus courants sont l’agriculture familiale, l’accès à la terre, la réforme agraire et la souveraineté alimentaire. Toutefois, d’importantes lacunes subsistent dans des domaines tels que les droits des femmes rurales, l’agroécologie, le droit aux semences et la participation politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude examine également la relation entre les lois nationales et l’UNDROP. Bien que seuls quatre instruments juridiques fassent explicitement référence à la Déclaration, de nombreuses lois en intègrent les principes. La Colombie, l’Équateur et la Bolivie offrent certains des exemples les plus solides d’alignement avec l’UNDROP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport conclut que l’Amérique latine est devenue une référence mondiale en matière de reconnaissance juridique des paysan.ne.s, tout en soulignant la nécessité de renforcer la mise en œuvre de l’UNDROP par une reconnaissance constitutionnelle, une meilleure protection des femmes rurales, un soutien accru à l’agroécologie et au droit aux semences, ainsi que des mécanismes améliorés de participation politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir l’étude complète disponible en anglais ci-dessous :</p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/06/Recognition_Peasantry_UNDROP_EN-1-1.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué Recognition_Peasantry_UNDROP_EN (1)."></object><a id="wp-block-file--media-fbc60e34-27e4-4e9a-8ed6-64ed223a65e1" href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/06/Recognition_Peasantry_UNDROP_EN-1-1.pdf">Recognition_Peasantry_UNDROP_EN (1)</a><a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/06/Recognition_Peasantry_UNDROP_EN-1-1.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-fbc60e34-27e4-4e9a-8ed6-64ed223a65e1">Download</a></div>
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		<title>Le droit au développement : un levier pour la souveraineté alimentaire et la mise en œuvre de la déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/le-droit-au-developpement-un-levier-pour-la-souverainete-alimentaire-et-la-mise-en-oeuvre-de-la-declaration-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Zainal Arifin Fuat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 16:11:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Zainal Arifin Fuat, dirigeant du Serikat Petani Indonesia (SPI) et membre du Comité de coordination internationale de La Via Campesina Cet article a originellement été publié dans la revue Lendemains Solidaires, disponible ici. La souveraineté alimentaire se définit comme le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Par <strong>Zainal Arifin Fuat</strong>, dirigeant du Serikat Petani Indonesia (SPI) et membre du Comité de coordination internationale de La Via Campesina</em></p>



<p class="has-theme-palette-6-background-color has-background wp-block-paragraph">Cet article a originellement été publié dans la revue Lendemains Solidaires, disponible <a href="https://lendemainssolidaires.org/le-droit-au-developpement-un-levier-pour-la-souverainete-alimentaire-et-la-mise-en-oeuvre-de-la-declaration-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La souveraineté alimentaire se définit comme le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement durables, ainsi que le droit des peuples à définir leur propre système alimentaire et agricole. La Via Campesina (LVC) insiste sur le fait que des modes de production agroécologiques diversifiés, portés par la paysannerie, et fondés sur des expériences millénaires et des savoirs traditionnels, sont essentiels pour garantir à toutes et tous une alimentation saine, tout en assurant l’harmonie avec les écosystèmes naturels. </em>Ce paradigme place les aspirations et les besoins de celles et ceux qui produisent, distribuent et consomment la nourriture au cœur des systèmes et des politiques alimentaires, plutôt que les exigences des marchés et de l’agrobusiness. Il défend les intérêts des futures générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Contexte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire et l’émergence du concept de souveraineté alimentaire, proclamé par La Via Campesina en 1996, sont liées à l’échec de la mise en œuvre du concept de sécurité alimentaire promu par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ce nouveau concept visait à répondre aux défis de la faim et de la malnutrition, qui affectaient et affectent en particulier, de manière paradoxale, les zones rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996, La Via Campesina a forgé le terme de souveraineté alimentaire en affirmant la centralité des petits producteurs alimentaires, la sagesse accumulée des générations, l’autonomie et la diversité des communautés rurales et urbaines, ainsi que la solidarité entre les peuples, comme éléments essentiels pour élaborer des politiques alimentaires et agricoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons nous rappeler que la seule manière de faire entendre notre voix est de nous unir et de bâtir de larges alliances, au-delà de toutes les frontières. Les mouvements sociaux ruraux et urbains, les syndicats, les acteurs de la société civile, les gouvernements progressistes, les universitaires et les scientifiques indépendants doivent se rassembler pour défendre cette vision commune de l’avenir. Les femmes rurales et les autres minorités de genre opprimées doivent occuper une place égale dans les instances de direction de notre mouvement, à tous les niveaux. Nous devons semer les graines de la solidarité dans nos communautés et lutter contre toutes les formes de discrimination qui divisent les sociétés rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion de la commémoration des 25 ans de La Via Campesina, il a été affirmé que la souveraineté alimentaire constitue un véritable manifeste pour l’avenir de notre planète. C’est une idée qui unit l’humanité et nous place au service de la Terre Mère qui nous nourrit.</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>«&nbsp;La souveraineté alimentaire constitue un véritable manifeste pour l’avenir de notre planète.&nbsp;</em>»</pre>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Relier la souveraineté alimentaire au droit au développement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Relier la souveraineté alimentaire au cadre et au concept du droit au développement est particulièrement pertinent. En effet, ce dernier doit être compris comme le droit des populations paysannes et rurales à concevoir et construire leurs propres modèles de développement rural en cohérence avec les principes de la souveraineté alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit au développement est conçu comme un processus d’autonomisation qui implique nécessairement la mobilisation sociale et la lutte. Il s’agit d’un droit programmatique qui exige des mesures structurelles et spécifiques de la part des autorités publiques en faveur des communautés et des travailleuses et travailleurs ruraux. Le droit au développement est aussi un instrument politique et un cadre juridique pour combattre les politiques néfastes de la mondialisation néolibérale qui marginalisent la paysannerie familiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’interrelation entre le droit au développement, la souveraineté alimentaire et les droits des paysans est également mise en avant lors des négociations du projet de Pacte sur le droit au développement au sein de l’ONU<a href="https://lendemainssolidaires.org/le-droit-au-developpement-un-levier-pour-la-souverainete-alimentaire-et-la-mise-en-oeuvre-de-la-declaration-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a>. Ce projet vise à renforcer juridiquement et à consolider le cadre du droit au développement, initié par la Déclaration des Nations unies sur le droit au développement (1986).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le texte du projet de Pacte inclut une disposition spécifique reconnaissant le droit des paysans «<em>à déterminer et à développer des priorités et des stratégies pour exercer leur droit au développement</em>». Cette référence explicite constitue une avancée à la fois juridique et politique. Elle renforce l’interprétation du droit au développement comme un droit collectif appartenant aux peuples et communautés, en particulier aux populations rurales historiquement exclues des processus décisionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En se référant explicitement aux paysans et populations rurales comme acteurs clés du développement, ce futur instrument juridique renforcera la centralité de l’autodétermination dans la définition des priorités agricoles, économiques et territoriales. Il consolidera également la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP), laquelle reconnaît que les paysans ne doivent pas être de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais des titulaires de droits capables de concevoir et mettre en œuvre leurs propres modèles de développement (art. 3 et 10).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que le développement rural pour la paysannerie&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre vision du développement est centrée sur le développement de l’agriculture paysanne à travers l’agroécologie, seule garantie de moyens de subsistance et de conditions de travail dignes et justes pour les populations du monde entier, en particulier dans les zones rurales, soit au cœur de la production alimentaire. C’est pourquoi La Via Campesina a proposé, et a finalement obtenu en 2018, l’adoption de l’UNDROP, qui constitue une contribution à la réalisation de la souveraineté alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y parvenir, nous avons besoin de politiques publiques qui régulent les marchés agricoles et alimentaires, car les paysans ne perçoivent généralement pas de revenus décents issus de leurs activités de production alimentaire, ce qui compromet leurs moyens de subsistance et la continuité de la production (article 16 de l’UNDROP). Cela est dû à un système alimentaire dominant fondé sur les mécanismes du marché et contrôlé par l’agrobusiness.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces mécanismes de régulation, nous défendons les prix minimums garantis (Minimum Support Prices – MSP), c’est-à-dire l’obligation pour les États de fixer des prix couvrant les coûts de production paysanne et garantissant une marge de revenu équitable. Ce mécanisme inverse la logique du dumping, qui tire les prix vers le bas, et protège ainsi la dignité paysanne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous défendons également les achats publics et les réserves alimentaires publiques. Nous exigeons la restauration de systèmes publics de stockage alimentaire afin de réguler les marchés et de stabiliser les prix. Les autorités publiques devraient acheter les récoltes pendant les périodes de moisson afin de garantir des prix planchers, puis les libérer en période de pénurie pour éviter la spéculation. Les prix minimums garantis, les achats publics et les réserves publiques sont par exemple mis en œuvre en Indonésie et en Inde.</p>



<pre class="wp-block-verse has-theme-palette-5-background-color has-background"><em>«</em><em>Les autorités publiques devraient acheter les récoltes pendant les périodes de moisson afin de garantir des prix planchers, puis les libérer en période de pénurie pour éviter la spéculation.»</em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mécanismes sont indispensables, car le modèle néolibéral a démantelé ces outils de régulation, exposant les petits producteurs à la concurrence des grandes exploitations agro-industrielles fortement subventionnées. Par ailleurs, la spéculation boursière sur les denrées alimentaires provoque des instabilités de prix à l’échelle mondiale et pousse des millions de personnes dans des situations de précarité alimentaire, pour le seul bénéfice d’une minorité. La Via Campesina appelle au renforcement des chaînes d’approvisionnement locales et régionales, affirmant que le commerce doit privilégier les circuits courts plutôt que les flux transcontinentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réforme agraire, droit à la terre et droit au développement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme agraire est liée au droit à la terre et au contrôle des territoires, reconnus comme des droits fondamentaux inscrits dans le droit international des droits humains, notamment dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (art. 11) et l’UNDROP (art. 17). De nombreuses actions de l’agrobusiness violent ou menacent le droit à la terre&nbsp;: conflits agraires, criminalisation, expulsions, accaparement des terres, <em>green grabbing</em>, concentration foncière menée par l’agrobusiness en faveur de l’agriculture industrielle à grande échelle (monocultures), marchés du carbone, agrocarburants et mécanismes de compensation de la biodiversité, activités minières, ainsi que les projets dits de «&nbsp;développement&nbsp;» tels que la construction d’autoroutes, de barrages, etc. C’est pour ces raisons que La Via Campesina lutte à tous les niveaux pour une réforme agraire globale, centrée sur les intérêts et les droits des peuples ruraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche va au-delà de la simple titrisation foncière et appelle à une redistribution effective et équitable des terres. Elle inclut la fixation de limites claires à la taille de la propriété foncière, l’interdiction de la vente de terres à des tiers et à des entités étrangères, ainsi que l’expropriation des exploitations reposant sur le travail illégal ou l’esclavage, en particulier dans l’agriculture industrielle à grande échelle et les grandes plantations.</p>



<pre class="wp-block-verse has-theme-palette-6-background-color has-background"><em>«&nbsp;Cette approche va au-delà de la simple titrisation foncière et appelle à une redistribution effective et équitable des terres.&nbsp;</em>»</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision s’oppose également aux « contre-réformes » fondées sur le marché, promues par la Banque mondiale dans les années 1990, qui ont conduit à la privatisation des terres et à une nouvelle vague de concentration des terres entre les mains d’une petite minorité prédatrice, imposant un modèle unique de développement rural, enraciné dans le néolibéralisme et favorable aux intérêts de l’agrobusiness.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lutte pour le droit à la terre par la mise en œuvre de la réforme agraire fait donc partie intégrante du droit au développement&nbsp;: c’est une lutte pour l’autodétermination et pour le droit de définir ses propres systèmes fonciers. Nous défendons une compréhension politique de la terre comme écosystème social et productif essentiel à la vie et non comme un simple actif financier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Agroécologie, droit aux semences et droit au développement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2015, lors du deuxième Forum Mondial sur la Souveraineté Alimentaire (Forum Nyéléni)<sup>2</sup>, les délégations représentant diverses organisations et mouvements sociaux de petits producteurs alimentaires et de consommateurs se sont réunies afin de parvenir à une compréhension commune de l’agroécologie comme composante clé de la souveraineté alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agroécologie vise à transformer et améliorer notre réalité matérielle dans les systèmes alimentaires, face à un monde rural dévasté par la production alimentaire industrielle et, aujourd’hui, par les prétendues révolutions verte et bleue. L’agroécologie est donc aussi politique : elle cherche à remettre en cause et à transformer les structures de pouvoir dans la société. Elle place le contrôle des semences, de la biodiversité, des terres et territoires, des eaux, des savoirs, de la culture et de tous les biens communs entre les mains des peuples qui nourrissent le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contrôle des semences locales et autochtones est un moyen de production clé face à l’offensive des industries semencières, qui cherchent à consolider l’agriculture chimique, tout en menaçant la biodiversité. Ces industries développent des semences basées sur des organismes génétiquement modifiés (OGM), tout en promouvant les brevets (droits de propriété intellectuelle), au détriment des semences locales et paysannes. La Via Campesina rejette donc fermement la marchandisation du vivant, notamment à travers les OGM, les brevets, ainsi que la privatisation et la commercialisation de la biodiversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce sens, le mouvement défend le droit collectif et inaliénable des paysans à conserver, utiliser, échanger et vendre leurs semences, conformément au Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (art. 9.3) et à l’UNDROP (art. 19).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux tentatives industrielles d’imposer la biologie synthétique, La Via Campesina organise des échanges de semences et des campagnes pour préserver les systèmes communautaires traditionnels de gestion de la biodiversité. Là encore, la lutte pour les droits sur les semences s’enracine dans le droit au développement et dans le droit des paysans à concevoir et mettre en œuvre leurs propres modèles de développement semencier fondés sur leurs savoirs autochtones traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mondialisation néolibérale contre les droits des paysans</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les institutions financières et commerciales internationales sont les principales forces à l’origine des violations des droits des paysans et du démantèlement des systèmes alimentaires paysans. Le triptyque composé de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale empêche les gouvernements, en particulier ceux du Sud global, de mettre en œuvre des politiques publiques essentielles en faveur des populations rurales, par des mécanismes et des conditionnalités coercitifs. Ces acteurs néolibéraux ont forcé la réduction du rôle de l’État dans la fourniture de services publics, tout en augmentant celui du secteur privé (via les privatisations).</p>



<pre class="wp-block-verse has-theme-palette-1-background-color has-background"><em>«&nbsp;Ces acteurs néolibéraux ont forcé la réduction du rôle de l’État dans la fourniture de services publics, tout en augmentant celui du secteur privé.&nbsp;»</em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, il est important de rappeler que l’intégration de l’agriculture dans le régime mondial de libre-échange à travers l’Accord sur l’agriculture de l’OMC (1994) a constitué un tournant dévastateur. Cette politique a transformé la nourriture en simple marchandise et a dérégulé systématiquement les systèmes agricoles, en démantelant les outils de régulation des marchés tels que les prix d’intervention minimums et les réserves publiques. Les conséquences ont été systémiques : chute des prix agricoles, destruction des marchés paysans locaux, perte d’autonomie sur les semences et expulsion de millions de paysans de leurs territoires au profit de grands propriétaires fonciers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’acte tragique du paysan sud-coréen Lee Kyung Hae, qui s’est donné la mort à Cancún en 2003 en portant une banderole proclamant « l’OMC tue les paysans », demeure emblématique de la violence de ce système néolibéral et néocolonial-impérialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le régime commercial néolibéral ne se limite pas à l’OMC : il se caractérise également par la prolifération d’accords de libre-échange et d’investissement aux niveaux régional, multilatéral et bilatéral. De surcroît, aujourd’hui, nous sommes aussi confrontés aux politiques commerciales des États-Unis, qui contraignent les pays à ouvrir totalement leurs marchés, sans réciprocité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La lutte pour un cadre commercial alternatif</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse aux dommages causés par l’Accord sur l’agriculture de l’OMC, La Via Campesina a lancé un processus visant à exiger de toute urgence la création d’un nouveau cadre commercial international fondé sur la souveraineté alimentaire. Ce nouveau cadre doit reposer sur la solidarité, la coopération internationale et la justice sociale. Son objectif principal est de redéfinir la fonction du commerce, non plus comme un outil de maximisation des profits des sociétés transnationales, mais comme un instrument garantissant les droits humains et la souveraineté alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En affirmant que le commerce agricole et alimentaire doit respecter les droits humains et que l’alimentation est un droit humain fondamental et non une marchandise, La Via Campesina plaide pour un nouveau cadre commercial qui protège les droits des paysans et légitime les mesures étatiques telles que la protection des marchés contre le dumping et la garantie de prix de soutien pour les producteurs.</p>



<pre class="wp-block-verse has-theme-palette-8-background-color has-background"><em>«</em><em>La Via Campesina plaide pour un nouveau cadre commercial qui protège les droits des paysans et légitime les mesures étatiques telles que la protection des marchés contre le dumping et la garantie de prix de soutien pour les producteurs.»</em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">À cette fin, La Via Campesina identifie la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) comme le forum légitime pour construire ce nouveau consensus multilatéral, capable de réaligner les normes du commerce mondial sur les droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit au développement, tel qu’entendu par La Via Campesina, constitue une réponse intégrée et radicale aux échecs systémiques du modèle néolibéral. Il se définit par la réalisation de la justice sociale, de la durabilité écologique et par le respect de la dignité des populations rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous continuerons à lutter pour nos droits par tous les moyens à notre disposition, et avant tout par la mobilisation populaire de nos bases. Nous continuerons à renforcer notre plaidoyer à travers des instruments juridiques internationaux, tels que l’UNDROP, afin d’exiger la mise en œuvre de politiques publiques redistributives et régulatrices capables de concrétiser notre droit au développement, à savoir notre droit de définir nos propres systèmes et modèles de développement rural et agricole, à la lumière du paradigme de la souveraineté alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mettant l’accent sur l’autonomie et les savoirs paysans, et en plaçant les femmes rurales et la jeunesse au centre de la lutte, La Via Campesina propose une voie qui privilégie la protection des écosystèmes et des communautés plutôt que l’accumulation du capital, réaffirmant ainsi son engagement en faveur d’une transformation systémique de l’ordre économique, commercial, financier et social mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://lendemainssolidaires.org/le-droit-au-developpement-un-levier-pour-la-souverainete-alimentaire-et-la-mise-en-oeuvre-de-la-declaration-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/#sdfootnote1anc">1</a><a href="https://www.cetim.ch/wp-content/uploads/Projet_PacteInt_DD2023.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.cetim.ch/wp-content/uploads/Projet_PacteInt_DD2023.pdf</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://lendemainssolidaires.org/le-droit-au-developpement-un-levier-pour-la-souverainete-alimentaire-et-la-mise-en-oeuvre-de-la-declaration-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysans/#sdfootnote1anc">2</a><a href="https://nyeleni.org/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://nyeleni.org/fr/</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Webinaire international – Revitaliser l’esprit de Bandung pour renforcer la solidarité du Sud global</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/webinaire-international-revitaliser-lesprit-de-bandung-pour-renforcer-la-solidarite-du-sud-global/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Defending Peasants' Rights]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 14:13:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le webinaire international intitulé « Revitaliser l’esprit de Bandung pour renforcer la solidarité du Sud global », organisé par le Syndicat des paysan.ne.s indonésiens (SPI) le 6 mai 2026, a marqué le 71e anniversaire de la Conférence afro-asiatique. Il a réuni des participants venus d’Asie et d’Afrique afin de revisiter l’esprit de Bandung et de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le webinaire international intitulé « Revitaliser l’esprit de Bandung pour renforcer la solidarité du Sud global », organisé par le Syndicat des paysan.ne.s indonésiens (SPI) le 6 mai 2026, a marqué le 71e anniversaire de la Conférence afro-asiatique. Il a réuni des participants venus d’Asie et d’Afrique afin de revisiter l’esprit de Bandung et de réfléchir à sa pertinence continue dans le monde d’aujourd’hui, en particulier en lien avec les luttes des populations rurales. L’événement a mis en évidence la manière dont les principes issus de la Conférence de Bandung peuvent encore servir de fondement à la coopération et à la solidarité entre les pays du Sud global.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’une rencontre commémorative, le webinaire a offert un espace d’échange entre organisations paysannes et rurales ainsi que des mouvements sociaux engagés dans des contextes divers à travers l’Asie et l’Afrique. Il s’est concentré sur le partage d’expériences vécues de lutte et de résistance, tout en examinant la manière dont les transformations géopolitiques et géoéconomiques en cours affectent les communautés rurales. Parmi les intervenants figuraient des membres de La Via Campesina et des organisations partenaires telles que le SPI (Indonésie), CBOP (Burkina Faso), MONLAR (Sri Lanka), CAJF (Soudan) et PKRC (Pakistan). L’événement a également compté sur la participation de Shalmali Guttal, membre experte du groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP pour la région Asie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Regardez le webinaire complet ci-dessous (format multilingue, avec des participants s’exprimant en anglais, en bahasa indonesia ou en français) :</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="71 Tahun KAA: Menghidupkan Kembali Semangat Bandung untuk Memperkuat Solidaritas Global Selatan" width="720" height="405" src="https://www.youtube.com/embed/o1Gf_S2aZXo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="828" height="1024" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/05/image-828x1024.png" alt="" class="wp-image-25994" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/05/image-828x1024.png 828w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/05/image-243x300.png 243w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/05/image-768x950.png 768w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/05/image.png 1220w" sizes="auto, (max-width: 828px) 100vw, 828px" /></figure>
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		<title>Perspectives de consolidation des droits des paysan.ne.s et des autres personnes travaillant dans le monde rural dans l’ordre international</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/perspectives-de-consolidation-des-droits-des-paysan-ne-s-et-des-autres-personnes-travaillant-dans-le-monde-rural-dans-lordre-international/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miguel Ángel Martín López]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 15:16:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles académiques]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cet article académique publié en 2023, Miguel Ángel Martín López, Professeur titulaire de droit international public à l’Université de Séville, analyse les principales voies pour rendre effectifs dans la pratique les droits reconnus dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP)....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans cet article académique publié en 2023, Miguel Ángel Martín López, Professeur titulaire de droit international public à l’Université de Séville, analyse les principales voies pour rendre effectifs dans la pratique les droits reconnus dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). À partir de cela, l’auteur développe une réflexion plus large sur la portée, la nature et les défis juridiques et politiques qu’implique sa mise en œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, le texte identifie une série de lignes d’action concrètes pour avancer dans cette direction. Parmi elles, il souligne la nécessité de promouvoir des stratégies soutenues de plaidoyer — combinant pression, lobbying et dialogue avec les États —, ainsi que de renforcer les alliances entre organisations paysannes, société civile, universités et syndicats. Il met également en évidence l’importance de produire et de diffuser des informations fondées sur des données, de structurer une stratégie de communication publique et d’aborder de manière fondée les principales critiques formulées par les États qui ont voté contre ou se sont abstenus lors du processus d’adoption de la déclaration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’article propose des mesures tant au niveau international que national, comprises comme faisant partie d’un processus plus large de développement normatif et politique. Celles-ci incluent la création de mécanismes spécifiques au sein du système des Nations Unies, l’intégration de l’UNDROP comme cadre de référence dans les politiques globales, l’adaptation des législations internes et son utilisation dans des décisions judiciaires et administratives. De même, l’importance de documenter les violations de ces droits et d’analyser leur application à différents groupes est soulignée, dans le but de traduire ces normes en impacts concrets dans la vie des populations rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’article complet est disponible ci-dessous (uniquement en espagnol) :</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/45_10_Nota_Martin_Lopez.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué 45_10_Nota_Martin_Lopez."></object><a id="wp-block-file--media-5f327282-5c5e-42ae-94a3-5590c484f094" href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/45_10_Nota_Martin_Lopez.pdf">45_10_Nota_Martin_Lopez</a><a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/45_10_Nota_Martin_Lopez.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-5f327282-5c5e-42ae-94a3-5590c484f094">Download</a></div>
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		<item>
		<title>L&#8217;UNDROP: un bouclier pour les peuples pêcheurs</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/lundrop-un-bouclier-pour-les-peuples-pecheurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Candelaria Aráoz Falcón (ICSF)]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 09:12:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[UNDROP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Crédit de l’image de couverture : Christel Grimaud L&#8217;adoption en 2018 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) a marqué une étape historique pour la justice rurale. Cependant, à ce jour, son élaboration et sa mise en œuvre se sont largement...</p>
<p>La entrada <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/lundrop-un-bouclier-pour-les-peuples-pecheurs/">L&rsquo;UNDROP: un bouclier pour les peuples pêcheurs</a> se publicó primero en <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/accueil">Defending Peasants&#039; Rights</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:8px">Crédit de l’image de couverture : Christel Grimaud</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;adoption en 2018 de la <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/telecharger/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP)</a> a marqué une étape historique pour la justice rurale. Cependant, à ce jour, son élaboration et sa mise en œuvre se sont largement concentrées sur la paysannerie. Il est essentiel de rappeler que les droits consacrés par l&rsquo;UNDROP s&rsquo;appliquent pleinement aux autres populations qui vivent et travaillent dans les territoires ruraux et aquatiques, y compris les pêcheurs. <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/defendre-les-droits-des-populations-et-travailleurs-ruraux-qui-sont-les-titulaires-de-droits-de-lundrop/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;article 1</a>, paragraphe 2, de l&rsquo;UNDROP est très clair à cet égard : « La présente Déclaration s&rsquo;applique à toute personne exerçant une activité agricole artisanale ou à petite échelle, la culture, l&rsquo;élevage, le pastoralisme, la pêche, la sylviculture, la chasse ou la cueillette, ainsi que l&rsquo;artisanat lié à l&rsquo;agriculture ou d&rsquo;autres professions connexes dans une zone rurale. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, il est fondamental de continuer à plaider en faveur de l’élargissement de la portée de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des populations rurales aux différents groupes visés par sa définition, y compris les communautés de pêcheurs, en renforçant leur appropriation de la Déclaration et en promouvant leur visibilité en tant que titulaires de droits à part entière.</p>



<p class="has-text-align-center has-theme-palette-1-color has-text-color has-link-color wp-elements-2 wp-block-paragraph">« <em>Et au commencement était l&rsquo;eau…<br>La terre ne se profilait pas encore à travers les vagues,<br>la terre n’était encore qu’une boue molle et tremblante…<br>Il n’y avait ni lunes fleuries ni grappes d’îles…<br>Dans le ventre de la jeune eau, les continents se formaient… »</em><br><br><strong>Dulce María Loynaz</strong>, extrait de <em>Création </em>(traduction de l’autrice).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Interpréter l&rsquo;UNDROP à partir des territoires aquatiques</strong></h5>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-rounded"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="601" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-13-1024x601.png" alt="" class="wp-image-25897" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-13-1024x601.png 1024w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-13-300x176.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-13-768x451.png 768w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-13.png 1060w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Commerçantes de sardines attendant l’accostage des bateaux de pêche. Tanga, Tanzanie<br>Crédit photo : January Ndagala</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des décennies, la lutte pour les droits territoriaux a été envisagée presque exclusivement en termes de terre. Néanmoins, lorsqu’on aborde la question des territoires dans le contexte de la pêche artisanale (<strong>PA</strong>), il est impératif de souligner l’interdépendance absolue entre l’eau et la terre pour les moyens de subsistance, la souveraineté alimentaire et l’identité culturelle de ces communautés. Le littoral et les plans d’eau intérieurs constituent un environnement de vie complet où se croisent la vie quotidienne, les moyens de subsistance et la culture ; là où la terre s’arrête, le territoire se prolonge dans l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet esprit, une contribution fondamentale que la pêche artisanale peut apporter à l’interprétation de l’UNDROP réside dans l’utilisation de concepts paradigmatiques issus des sciences sociales et des mouvements sociaux d’Amérique latine et des Caraïbes, tels que <strong>le Maritorio (Maritory) ou le Territoire de vie</strong>. Cela revient à reconnaître les zones côtières et marines d’usage collectif comme des espaces de souveraineté alimentaire façonnés par les personnes qui les habitent traditionnellement ; des lieux compris comme des espaces spirituels et interculturels d’« affection pour la nature et les ancêtres », plutôt que de simples zones d’extraction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son tour, cette vision s’étend au concept <strong>d’Acuatorio (Aquatory)</strong>, un terme qui permet de comprendre les <strong>« territorialités amphibies » </strong>des communautés qui habitent ces espaces. Cette perspective reconnaît que la protection de la pêche artisanale nécessite une approche qui traite tous les écosystèmes aquatiques — rivières, lagunes, zones humides — de manière égale, comme des territoires indivisibles de terre et d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, le droit à la terre et aux autres resources naturelles inscrit à <strong><a href="https://defendingpeasantsrights.org/rights/xvii-derecho-a-la-tierra-y-otros-recursos-naturales/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’article 17 de l&rsquo;UNDROP</a> </strong>doit être interprété comme un cadre englobant les relations complexes que les communautés de pêcheurs entretiennent avec leurs environnements aquatiques, réaffirmant que l’eau et la terre constituent des dimensions indissociables de ce droit.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les menaces : « l’accaparement des océans » et l’économie bleue</strong></h5>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1006" height="673" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-14.png" alt="" class="wp-image-25898" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-14.png 1006w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-14-300x201.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-14-768x514.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1006px) 100vw, 1006px" /><figcaption class="wp-element-caption">Maison de pêcheur – Patharghata, Barguna, Bangladesh<br>Crédit photo : Druvo Dash</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les territoires de pêche sont confrontés à une vague sans précédent de menaces pesant sur leurs vies et leurs moyens de subsistance. Sous le prétexte du développement et de la durabilité, les projets de tourisme de luxe, l’énergie offshore, l’aquaculture et la pêche industrielles, ainsi que l’exploration minière en eaux profondes détruisent les écosystèmes marins et s’accaparent les zones de pêche et les sites de débarquement. Ce phénomène est connu sous le nom d’«&nbsp;<strong>accaparement des océans » ou « blue grabbing </strong>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines approches de la conservation de l’environnement, lorsqu’elles sont appliquées selon le modèle de la<strong> « forteresse » </strong>– c’est-à-dire des zones protégées fermées et excluant les habitants traditionnels – sont également devenues une menace. L’UNDROP, en dialogue avec les <a href="https://www.fao.org/voluntary-guidelines-small-scale-fisheries/fr"><strong>Directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale </strong></a><strong>(<strong>Directives sur la pêche artisanale</strong>)</strong>, doit être utilisé pour rétablir le rôle important des peuples de pêcheurs – qui habitent ces territoires depuis des siècles – en tant que véritables gardiens de la biodiversité et des écosystèmes. Comme l&rsquo;établissent ces Directives, la conservation ne doit pas se faire au détriment des communautés, mais en collaboration avec elles. Par conséquent, la protection de leurs droits fonciers et la reconnaissance de leurs pratiques et savoirs traditionnels constituent en soi une stratégie de conservation.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La triade défensive : l’UNDROP, les directives sur la pêche artisanale, et la sécurisation foncière</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">La force de l’UNDROP pour les peuples pêcheurs réside dans sa capacité à dialoguer avec d’autres instruments internationaux. Pour que la protection soit efficace, la Déclaration doit être lue à la lumière des <strong>Directives sur la pêche artisanale </strong>et des <a href="https://www.fao.org/tenure/voluntary-guidelines/fr/"><strong>Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers</strong></a><strong> (VGGT)</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les Lignes directrices sur la pêche artisanale et les VGGT fournissent la feuille de route technique pour une gouvernance responsable, l’UNDROP élève ces recommandations au rang de droits humains. Ensemble, elles forment un cadre juridique qui permet aux peuples de pêcheurs d’exiger et de lutter pour la redistribution des terres et des eaux, l’accès préférentiel aux zones de pêche et aux ressources, ainsi que la gestion collective de leurs territoires aquatiques – tant côtiers qu’intérieurs – et la protection contre tout déplacement ou expulsion arbitraire et illégal. En outre, ce cadre soutient la garantie du <strong>consentement libre, préalable et éclairé (CLPE) </strong>et la mise en œuvre d’évaluations d’impact territorial concernant les projets à grande échelle de « l’économie bleue ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;UNDROP constitue également un instrument pionnier en reconnaissant le droit à l&rsquo;eau comme un pilier essentiel d&rsquo;une vie digne pour les pêcheurs artisanaux, et comme le fondement de leurs moyens de subsistance. Ce droit s&rsquo;entend non seulement pour la consommation humaine, mais aussi pour la production alimentaire et, par extension, pour la pêche. De même, en reconnaissant les systèmes de gestion communautaire, ce droit renforce l&rsquo;autonomie des communautés de pêcheurs dans la gouvernance de leurs territoires, où les savoirs traditionnels jouent un rôle clé. Enfin, la Déclaration établit également des dispositions obligeant les États à protéger les communautés contre des tiers, ce qui est crucial face aux activités extractives ou polluantes qui menacent à la fois l’accès aux territoires aquatiques et l’intégrité des écosystèmes.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les femmes au cœur de la pêche</strong></h5>



<figure class="wp-block-image size-full is-style-rounded"><img loading="lazy" decoding="async" width="793" height="530" src="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-15.png" alt="" class="wp-image-25899" srcset="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-15.png 793w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-15-300x201.png 300w, https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/image-15-768x513.png 768w" sizes="auto, (max-width: 793px) 100vw, 793px" /><figcaption class="wp-element-caption">Femme dans une unité de séchage du poisson – Cox’s Bazar, Bangladesh<br>Crédit photo : Din M. Shibly</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;UNDROP doit servir de bouclier aux peuples de la mer, sa protection doit être particulièrement solide pour les femmes, qui soutiennent la vie et le tissu économique de leurs communautés, mais sont confrontées à une invisibilité systémique et juridique. Dans la pêche artisanale, comme dans d’autres secteurs ruraux, la relation au territoire est profondément marquée par une dimension de genre : alors que les hommes sont généralement en mer, l’espace productif et vital des femmes est le littoral et la bande côtière. C’est là qu’elles transforment, font sécher et commercialisent le poisson ; par conséquent, elles sont touchées de manière disproportionnée par l’accaparement des terres et des océans et par l’avancée de l’« économie bleue ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet impact différencié a été explicitement reconnu par le <strong>Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) </strong>dans sa Recommandation générale n° 34, qui souligne que les femmes rurales — y compris les pêcheuses — ne constituent pas un groupe homogène et souffrent de formes de discrimination qui se recoupent. Cette perspective intersectionnelle a été renforcée par la <strong>Cour interaméricaine des droits de l’homme (OC-27/21)</strong>, qui établit que les femmes qui dépendent des ressources naturelles sont confrontées à une « vulnérabilité aggravée » lorsque leur environnement est détruit, car cela rompt non seulement leur source de revenus, mais aussi le tissu de leur vie communautaire et de prise en charge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, dans une logique de protection globale, l‘UNDROP ne peut être interprétée isolément, mais doit être comprise dans le cadre d’un dialogue permanent avec la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et les Directives sur la pêche artisanale<strong> – </strong>en particulier le chapitre 8. Cette articulation normative constitue le fondement sur lequel s’appuie l’exigence faite aux États de reconnaître pleinement le travail des femmes dans le secteur de la pêche, de respecter leurs connaissances en matière d’utilisation durable des ressources et de garantir la sécurité foncière pour les terres adjacentes aux cours d’eau. Cela est à son tour essentiel pour que les pêcheuses cessent d’être invisibles et puissent agir en tant que parties prenantes, décideuses responsables et bénéficiaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, <strong><a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/rights/iv-droit-des-paysannes-et-des-autres-femmes-travaillant-dans-les-zones-rurales/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’article 4 de l’UNDROP</a> </strong>prévoit que les États adoptent des mesures visant à éliminer la discrimination à l’égard des pêcheuses et à garantir leur participation pleine et effective à tous les processus décisionnels. Il reconnaît également leur droit d’accéder aux ressources productives, aux services et à la protection sociale sur un pied d’égalité, en s’attaquant aux inégalités structurelles auxquelles elles sont confrontées. Ainsi, l’article 4 non seulement complète les normes de la CEDAW, mais consolide également une approche transformatrice qui exige des politiques publiques intégrant une perspective de genre dans la pêche artisanale.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>De la reconnaissance à la réalisation : l’UNDROP, un instrument vivant pour la pêche artisanale</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le terme « paysan » imprègne une grande partie du langage de l’UNDROP, sa portée est sans équivoque : les pêcheurs artisanaux et les travailleurs du secteur de la pêche sont des titulaires de droits à part entière au titre de cet instrument. Comme l’a récemment fait valoir le <strong>Collectif international de soutien aux travailleurs de la pêche (ICSF) </strong>devant le <a href="https://defendingpeasantsrights.org/fr/category/droit-et-politique/groupe-de-travail-de-lonu-sur-lundrop/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Groupe de travail des Nations Unies sur l’UNDROP</a>, le défi n’est plus celui de la reconnaissance, mais celui de la concrétisation. Il est temps de briser définitivement la « frontière invisible » qui a historiquement exclu la mer des débats agraires et de veiller à ce que les communautés de pêcheurs s’approprient la Déclaration comme leur propre bouclier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, pour que l’UNDROP ait un sens dans la vie des peuples pêcheurs, il faut aller au-delà d’une lecture purement déclaratoire des droits. La Déclaration doit être mise en œuvre en tandem avec les <strong><strong>Directives sur la pêche artisanale</strong> </strong>et le <strong>VGGT</strong>, non seulement en tant qu’instruments complémentaires, mais aussi en tant qu’éléments d’une architecture cohérente pour une gouvernance des pêches fondée sur les droits. Dans ce cadre, les droits humains cessent d’être des garanties abstraites et deviennent des outils d’action, ancrés dans les expériences vécues, les systèmes de connaissances et l’organisation collective des communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de compte, transformer l’UNDROP en un outil opérationnel est un processus à la fois politique et collectif. Cela dépend du renforcement des capacités des organisations de pêcheurs artisanaux, de leur participation active aux espaces de prise de décision et du renforcement des alliances stratégiques qui soutiennent leurs luttes. L’expérience historique démontre que les changements durables émergent de cette interaction entre la résistance communautaire et une présence technique et politique soutenue dans les arènes de la gouvernance mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;UNDROP peut servir de boussole essentielle, mais seulement si elle est activement pilotée par les communautés mêmes qu&rsquo;elle cherche à protéger. La tâche qui nous attend consiste à veiller à ce que les peuples pêcheurs non seulement se reconnaissent dans cette Déclaration, mais l&rsquo;utilisent comme un outil pour protéger l&rsquo;avenir de leurs territoires, de leurs moyens de subsistance et de leurs droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Candelaria Aráoz Falcón &#8211; Collectif International d&rsquo;Appui aux Travilleurs de la Pêche (ICSF)</em></p>
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		<title>Souveraineté alimentaire face à la guerre, à l’impérialisme et à la faim des peuples dans le monde</title>
		<link>https://defendingpeasantsrights.org/fr/souverainete-alimentaire-face-a-la-guerre-a-limperialisme-et-a-la-faim-des-peuples-dans-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Via Campesina]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 13:31:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Briefings / Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce communiqué de presse a été initialement publié sur le site web de La Via Campesina le 17 avril 2026. La Via Campesina publie son document de positionnement sur les guerres dans le monde, dans le cadre des 30 ans de la Journée internationale des luttes paysannes. Bagnolet, 17 avril 2026 &#124; Aujourd’hui marque le...</p>
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<p class="has-theme-palette-8-background-color has-background wp-block-paragraph">Ce <a href="https://viacampesina.org/fr/souverainete-alimentaire-face-a-la-guerre-a-limperialisme-et-a-la-faim-des-peuples-dans-le-monde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué de presse</a> a été initialement publié sur le site web de La Via Campesina le 17 avril 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Via Campesina publie son document de positionnement sur les guerres dans le monde, dans le cadre des 30 ans de la Journée internationale des luttes paysannes</em></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bagnolet, 17 avril 2026 | Aujourd’hui marque le 30e anniversaire du massacre d’Eldorado dos Carajás, un événement tragique qui a constitué un tournant pour La Vía Campesina, où des paysan·nes sans terre du Brésil ont été assassiné·es par la police fédérale pour avoir défendu leur droit à la réforme agraire. Des kilomètres plus loin et 30 ans après ces faits, le monde continue de faire saigner des peuples et des familles innocentes dans un contexte de plus en plus critique, marqué par la pression du pouvoir impérial et les tensions géopolitiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En commémorant la <em><strong>Journée internationale des luttes paysannes</strong></em>, notre mouvement présente le document de positionnement : <strong>Souveraineté alimentaire face à la guerre, à l’impérialisme et à la faim des peuples dans le monde, un document qui aborde des éléments clés pour comprendre l’impact des guerres et du pouvoir impérial sur la souveraineté alimentaire des peuples.</strong> Le document prend en compte des données importantes fournies par les rapports du Comité des pêches de la FAO à travers son rapport sur la Situation de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (SOFI), l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (ACNUR), entre autres ; concernant les conflits mondiaux et leurs impacts sur les systèmes alimentaires dans les pays affectés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous vivons une ère de convergence de crises sans précédent. Jamais dans l’histoire récente autant de conflits armés n’ont éclaté simultanément sur autant de continents. Les guerres à Gaza, au Liban, au Mali, en Ukraine, au Soudan, au Yémen, au Myanmar, </em><em>au Sahel, en République démocratique du Congo et en Syrie ne sont pas des tragédies isolées. Elles sont les éruptions symptomatiques d’un système global unique, structurellement malade, construit sur la logique de l’accumulation infinie du capital, le raci</em><em>sme structurel, l’escalade des tensions du pouvoir géopolitique, l’extraction des ressources et la domination impériale néocolonialiste. »</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La Via Campesina, en tant que mouvement rassemblant des organisations paysannes à l’échelle mondiale, a réfléchi à cette situation et a dénoncé de manière constante l’utilisation de la faim comme arme de guerre ainsi que les intérêts économiques qui en découlent. La destruction et l’occupation militaire profitent aux économies des États-Unis, d’Israël et de nombreux pays du Nord global ; favorisant des génocides en cours et entraînant une somme incalculable de violations des droits humains et de crimes contre l’humanité, avec un risque d’impunité, où les femmes et les enfants sont les plus vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous invitons nos organisations membres et les organisations alliées à étudier et à partager ce document comme un outil populaire d’analyse et comme une contribution du mouvement paysan mondial, exprimée en première personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Uni·es contre l’impérialisme, le néocolonialisme, la criminalisation de nos luttes et la spoliation de nos territoires</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/FR-Prise-de-position-de-LVC_LA-MONDIALISATION-DE-LA-GUERRE-ET-LA-FAMINE.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué FR-Prise-de-position-de-LVC_LA-MONDIALISATION-DE-LA-GUERRE-ET-LA-FAMINE."></object><a id="wp-block-file--media-ea65c43a-1f0f-49a6-9e95-3bc7ad08c16b" href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/FR-Prise-de-position-de-LVC_LA-MONDIALISATION-DE-LA-GUERRE-ET-LA-FAMINE.pdf">FR-Prise-de-position-de-LVC_LA-MONDIALISATION-DE-LA-GUERRE-ET-LA-FAMINE</a><a href="https://defendingpeasantsrights.org/wp-content/uploads/2026/04/FR-Prise-de-position-de-LVC_LA-MONDIALISATION-DE-LA-GUERRE-ET-LA-FAMINE.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-ea65c43a-1f0f-49a6-9e95-3bc7ad08c16b">Download</a></div>
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